La semaine contre la VEO, la bienveillance, tout ça tout ça…

C’est la semaine de la non violence éducative. 

Je suis triste qu’il y ait une semaine de la non-violence.

Ca fait longtemps que j’ai pas écrit qui fait débat. Je suis d’humeur…Massacrante! Alors je vous préviens, si c’est pour venir me taxer de bobo, de hippie, de laxiste, je vous arrête, j’ai pas envie de me battre. 

Chacun pense ce qu’il veut ok. Mais si battre sa femme, c’est la violence conjugale, battre son môme c’est de la violence parentale. Ca ne souffre pas d’objection. Donc à moins que vous ne considériez normal de taper sur tout ce qui vous contrarie, (et là je vous suggère de consulter avant de devoir aller en prison) ouvrez vos chakras, et détendez vous, on n’est pas là pour juger, mais pour discuter ensemble, de comment on peut devenir un parent qui ne malmène pas son enfant.

J’ai eu Calme de lune il y a de cela 9 ans. J’avais des rêves plein la tête, et j’avoue que j’ai eu un bol monstre, mon Calme de lune est un petit garçon facile. Trop facile même. On bosse dur avec lui, parce qu’il n’exprime presque jamais de colère, et je sais que s’il fait ça, c’est qu’il a des peurs. Rayond’soleil est arrivée deux ans plus tard. Beaucoup d’angoisses ont plané au dessus de sa petite tête chétive, et là encore, la non violence éducative a été assez facile. Mis à part les crises de rage qu’elle a pu me faire des années durant, les pleurs intarissables des 6 premiers mois, elle ne m’a pas « remuée ». Avec Avalanche, c’est une autre paire de manches. Perturbateur, frondeur, colérique, intense dans toutes ses émotions, cet enfant m’a énormément déstabilisée. Nombre de fois, j’ai eu envie de lui coller une calotte, qu’il s’arrête enfin!

Alors la non violence éducative, qu’est ce que c’est? Et surtout, pourquoi trouvons nous cela si difficile?

La non violence c’est le fait de ne pas se montrer violent. Jusque là, c’est facile, notre société a su brimer et juguler l’agressivité naturelle de l’homme, en imposant des codes sociaux.

Sauf que ce n’est pas du tout le cas dès lors qu’on parle d’éducation. Justement, on estime que battre son enfant n’est pas grave, il faut bien qu’on se fasse respecter non de non! Puis, il faut le dire, arrêter de réagir par la violence, avec des fessées ou des gifles n’est pas chose facile.

J’explique: quand, à bout de nerf, vous giflez votre enfant, c’est un réflexe. Si vous menacez pendant 10 minutes, et que vous finissez par le faire, c’est du conditionnement. On a presque tous pris des claques et des fessées, et si j’écris aujourd’hui, et que vous lisez, c’est qu’on n’en est pas morts hein! C’est l’argument choc des pro-fessée: on en est pas mort. Mais d’autres si. Oui oui, je vois arriver le débat. Entre mettre une fessée et battre son enfant à mort, il y a… Il y a quoi? Un engrenage? Un pétage de plomb plus explosif que les autres? Si on s’autorise à violenter un enfant, on a plus de risques d’aller trop loin que quelqu’un qui se l’interdit. 

On a déjà eu du bol, nous les trentenaires(coucou les copines quarantenaires :p ) parce que nos parents avaient abandonné les coups de martinet et les coups de ceinture( pour la plupart) et ne recouraient à la fessée qu’en ultime recours, signe déjà d’une évolution dans les mentalités.  Si je me souviens des fessées que j’ai reçues? Oui, elles n’étaient pas fréquentes, mais je ne peux pas dire que je les avais bien méritées, ni que j’en ai retiré un quelconque enseignement. J’ai eu la chance d’avoir une maman présente, et aimante, avec qui je pouvais dialoguer aisément (même si je m’y suis mise tard, au dialogue). Je sais aujourd’hui la pression mise sur les parents concernant l’éducation. Si j’ai déjà frapper un de mes enfants? Oui, je suis un être humain, et parfois ça m’est arrivé de craquer. Si j’ai honte? Oui, bien entendu! J’aurai du réagir autrement. C’était de bêtes tapes sur les fesses, mais quel intérêt? Alors qui suis-je pour donner des leçons? Personne, d’ailleurs, je n’en donne pas. Je suis convaincue du bien fondé de la non violence éducative, je suis convaincue aussi de grandir avec mes enfants, d’apprendre à être une maman bienveillante, au gré de mes expériences. Mes aînés ont un passif du côté de leur père qui fait que je m’interdis tout geste brusque. C’est l’extrême qui m’a fait prendre conscience que non, même pas une petite tape. Ce n’est pas possible, ça devrait être illégal.

Les automatismes font que je crie encore pas mal, la pleine conscience du pourquoi et du comment fait que je m’en rends de plus en compte rapidement compte. J’ai beaucoup plus de raisons de hurler sur les clients pénibles ou sur mon chef que sur mes enfants. Déjà parce que mes enfants, je les aime, alors que les sus-cités, ben pas tellement! Et puis, ils me font confiance. Et je suis responsable de leur intégrité physique. Crier, ou dire des choses méchantes peut être dévastateur pour un enfant. (estime de soi, repli…)

Quand on ne frappe pas son enfant, mais qu’on lui apprend les choses dans la tolérance et l’amour, on gagne son respect. Quand on lui impose les règles en le contraignant physiquement à obtempérer, on lui inspire la peur, la douleur, parfois le rejet, mais pas le respect! Je ne respecte pas celui que je crains, et je ne crains pas forcément celui que je respecte. L’enfant qui reçoit des coups va juste apprendre à dissimuler ses bêtises, ses fautes. Mes enfants se dénoncent facilement quand ils ont repeint un mur, ou cassé un pot de fleur, ou eu une mauvaise note. Parce que, si effectivement je me fâche pour le mur, je sors la pelle et la balayette pour le pot de fleur, et je cherche la raison de la mauvaise note (a-t-il appris sa leçon, l’a-t-il comprise, ai-je fait assez d’efforts moi même pour lui permettre de comprendre la leçon?), ils savent tous que la punition ne fait pas mal.

J’aimerai arriver à ne plus punir. Pour l’instant, je n’y arrive pas avec Avalanche. Il a tant de choses à apprendre, et tant de caractère que je ne sais pas comment gérer. En cas de crise colérique de l’un de nous deux, je sors de la pièce pour passer mon agressivité plus loin (en rageant, en tapant dans un coussin, en chantant DIAM’S). Si j’en arrive à brailler plus fort que lui, je sais que j’ai échoué dans la résolution du conflit. Je ne suis pas zen, je ne suis pas parfaite, il m’arrive même d’être dure et de passer des soirées entières à m’en vouloir d’avoir mal géré un problème. 

 

Et si la bienveillance commençait par soi même?

Je crois que j’ai trouvé la clef pour des rapports plus sains avec les enfants. Déjà, se détacher du regard des autres est primordial. Quand on juge un enfant qui pique une crise pour avoir une sucette, on entrevoit 1 minute de la vie de la famille, rien de plus. Et ce n’est pas parce que le parent cède qu’il est laxiste, le petit a peut-être eu une injection pour ses soins, un épisode douloureux à l’école, la perte d’un animal de compagnie, bref 1001 raisons de péter un câble, d’autant que son cerveau est immature et ne sait pas gérer la frustration. Quand on voit une mère de famille hurler sur sa fille de 4 ans et lever la main, on ne sait pas si elle n’a pas eu à subir d’autres épreuves dans sa journée. L’empathie bon sang, c’est la clef!

Et on n’est jamais bien servi que par soi même. Donc j’ai décidé d’être bienveillante avec moi même. Oui, je suis imparfaite, mais je pense que ça leur mettrait pas mal de pression à mes mômes si je faisais tout toujours parfaitement! Mais je sais reconnaître mes erreurs et chercher des solutions. Par exemple, je déteste voir bouder mon fils aîné. Je ne sais pas pourquoi, mais autant je suis à l’aise avec les colères monumentales du Terrible two du dernier, je ne sais pas réagir aux bouderies. Enfin, ça c’était la semaine dernière. Parce que j’ai réfléchi, et je me dis que je n’ai qu’à l’encourager à parler. Et que je ne dois pas juger ses raisons. Oui, je me casse en deux pour qu’ils passent de supers moments, on fait des milliers de choses qu’ils aiment et ils devraient se prosterner devant un autel à ma gloire. Mais il a 9 ans, et il a le droit d’être contrarié par ce que je vais considérer comme une broutille. Ca ne remet pas en cause les efforts que j’ai fait avant, ça ne veut pas dire que sa journée est nulle ou que je suis une mauvaise mère ou lui un mauvais fils. Quand j’ai décidé de ne pas me sentir agressée, visée par ses bouderies, j’ai pu les accueillir plus simplement, et me passer du sermon « tu te gâches la journée à tirer une tête de 6 pieds de long, et tu me pourris la mienne. »(suite auquel j’ai pleuré toute la soirée, parce qu’il avait pleurer aussi).  Il a le droit de ne pas être content, et ce n’est pas ma faute. Peut être est-ce lié, ou non, mais il boude moins (et s’exprime plus). 

Alors attention, être bienveillant avec soi même et reconnaître ses erreurs et s’en excuser ne vous empêche pas de tendre vers la bienveillance. Frapper son enfant et s’excuser après n’a aucun sens si vous recommencez chaque jour, chaque semaine, ou à chaque bêtise. 

Se poser et analyser les situations où votre enfant vous met hors de vous (faites ça le soir quand il dort, petit conseil, parce qu’en pleine crise ça ne servira à rien!!) pourra vous aider. 

D’ailleurs, on devrait voir les bêtises comme des expériences. Nous, on y arrive de plus en plus, parce qu’on a Rayond’soleil et qu’elle nous a bien ouvert l’esprit cette fillette là! Si vous attrapez votre enfant en train de faire une expérience, vous ressentez quoi? De l’amusement. Vous êtes amusé et émerveillé par ses progrès. Bien sûr, quand il multiplie les expériences, c’est fatiguant. J’essaie de ne pas punir les enfants, mais de réparer les bêtises. On ramasse la terre ensemble, on essuie le lait sur le carrelage ensemble. Parfois c’est vrai, on punit. Le mot de trop, l’insolence de trop, ou la morsure (rarissime mais qui arrive encore parfois) de trop. Je ne veux pas d’enfants parfaits, comme eux ne veulent pas de parents parfaits. On a tous le droit à l’erreur, tous le droit de mal faire, mais on ne devrait pas avoir le droit de faire mal, pas à l’enfant qui n’a que nous comme repère, modèle,protecteur…

Je serai demain à la Maison de chez nous à Vichel, pour animer une après midi sur la bienveillance éducative. Même si je suis convaincue que j’ai des progrès à faire, je sais aussi que je peux vous aider à mener une réflexion calme et en pleine conscience des difficultés que nous pouvons rencontrer, nous parents. N’hésitez pas à réagir à cet article, à me dire que ce cela remue en vous (ou pas) et à venir à notre rencontre demain si vous êtes dans le coin!

http://lamaison.cheznous.coop/evenement/gouter-dechanges-autour-de-la-bienveillance-educative/

 

On finit par une vieille photo de tireuses de langues, parce que vous n’imaginez pas comme n était contents quand elle a enfin su tirer la langue! (vivement qu’elle sache cracher tiens!)

DSC_0192 (Copier)

 

 

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Une réflexion sur “La semaine contre la VEO, la bienveillance, tout ça tout ça…

  1. Encore un très bel article ! Merci !
    Je suis moi aussi sur le chemin de la bienveillance…. pas vraiment arrivée ceci dit avec mon avalanche à moi ( qui me fait partir en vrille totale quand il se met à couiner ) et mon Numéro 1 qui entre dans l’adolescence ( oh joie ! )…
    On a pas forcément choisi le chemin le plus facile… mais chaque jour je suis fière des progrès que je fais ( je pars de loin ! ).

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