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Avancer…

L’angoisse de la page blanche.

Qui écrit connait bien.

L’inspiration, parfois elle te suit, parfois elle te fuit.

Quand les émotions s’en mêlent, quand les émotions s’emmêlent…

Avancer dans la vie à petits pas, coucher sur le papier ces événements petits et grands qui font que la vie est ce qu’elle est, grande, puissante, formidable, est l’essence même de ce blog.

J’ai longtemps écrit pour tenir mes peurs et mes angoisses à distance, pour me focaliser sur les paillettes, sur ce qui m’aider à faire un pas de plus.

La vie est grande. Je n’ai pas dit longue, on ne sait jamais et le temps est subjectif. « Maman, on arrive dans longtemps ? ». Je ne sais pas. C’est quoi longtemps pour toi ? Et pour toi ?

La vie est puissante. D’ailleurs, elle est mortelle…Traverser la vie en écoutant ses émotions c’est un peu comme traverser un fleuve à la saison des moissons. C’est intense, mais éprouvant.

Hypersensible, je m’étais construit un masque impassible et une armure en métal blanc qui me protégeait. Je laisse tomber les attributs un à un, et je m’autorise à éprouver les sensations, toutes les sensations. Celles qui sont douces, et celles qui piquent.

Est-ce que je suis plus fragile ? Sûrement que non. Peut-être même plus forte, mais un peu plus secouée aussi. Les turbulences de ce qu’un être humain peut ressentir sont impossibles à mesurer.

La remise en question est violente, omniprésente.

Vous savez de quoi je parle. C’est un trait de caractère plus ou moins développé selon les tempéraments et les aléas de l’existence.

L’enfant différent vient gratter cette cicatrice là. Celle qui vous fait poser mille questions sur ce que vous auriez pu ou du faire, sur ce que vous auriez pu ou du ne pas faire ou faire différemment. Encore cette semaine, je me disais que ma fille avait grandi, et que je ne l’avais pas mesuré avant qu’elle ne me dise qu’elle pouvait faire seule.

Si vous avez lu mon livre, vous savez aussi que j’ai longtemps été attachée à ce que les gens pensent de moi, de ma façon d’agir, en règle générale et avec ma fille en particulier.

Apprendre à se détacher de l’avis des autres, de la vie des autres.

Il est plus simple de le faire quand il s’agit de Rayond’soleil. Elle est libre de tout ça. Elle se moque de ce que pensent les gens. Elle va vers eux avec un sourire immense et sincère et ne se préoccupe pas d’un œil en biais. Les jugements glissent sur elle comme une pluie d’été. Si j’étais elle, je serai plus souvent en paix. Alors quand il s’agit d’elle, je fais comme si. Comme si son éternel enthousiasme était aussi le mien. Je m’accroche aux branches du bonheur de l’instant présent, et je serre ses petits doigts dans ma main. Et ça marche.

Alors, j’expérimente. De plus en plus souvent, je fais taire la petite voix qui dit que ceux qui jugent ont peut-être raison. Je me centre sur les avis qui comptent vraiment pour moi, à commencer par le mien.

Déraisonnable ? Peut-être. Mais j’ai appris une chose dernièrement, c’est que l’avis des gens leur appartient. Que leur colère, leur dédain, et leurs jugements sont à eux tant que tu te refuses à leur apporter un quelconque crédit, une quelconque attention. Il en va de même pour les attentions que tu vas chercher. L’amour doit être libre, et s’il ne l’est pas il s’émousse.

Il faut doser, et rester dans le dialogue, éprouver des discussions saines avec ceux qui ne sont pas d’accord, sinon on s’enferme dans des schémas de pensée parfois erronés.

Mais sois en assuré, tu mérites mieux que ce que tu lis dans les yeux des autres. A la manière de Rayond’soleil, c’est la paix avec soi même qui est importante au quotidien, qui est importante pour se sentir vraiment bien. Car de toutes façons, si tu manques de confiance en toi, tu ne liras jamais l’admiration dans le regard des autres, ni l’amour, ni combien tu es fort, magnifique, courageuse. Tu ne sauras pas le voir.

Aime-toi toi-même.

Aime-toi toi-même et déploie tes ailes de papillon.

J’ai lu une citation il y a peu : “Sois toi-même, toutes les autres personnalités sont déjà prises.” Oscar Wilde

Si on s’autorise à être soi, on s’autorise à être aimé, et à aimer ce que l’on est. On ne peut s’aimer quand on triche.

Et évidemment que c’est dur d’être soi-même dans une société du « tous pareils ». J’ai mis au monde un jour une petite fille pas pareille, et j’aime me sentir spéciale pour ceux que j’aime moi aussi.

Son petit grain de folie douce me fond le cœur tous les matins au réveil, quand elle s’est glissé dans le lit de son frère pour lui faire un câlin, ou derrière ma porte pour me faire peur…

Entourez-vous de gens qui ont les yeux qui brillent quand ils vous voient, ils sont les gens les plus importants, mais ne vivez pas qu’au travers de ces yeux-là ! Pensez aussi à vous aimer un peu, à vous considérer beaucoup et à vous voir comme un être digne d’être aimé, considéré et couvert d’égard.

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Vive la machine…

Jour de coup de gueule, de coup de sang.

Ça va vous paraître tout bête, mais on n’arrête pas le progrès.

Si souvent le progrès peut servir nos enfants différents et pallier à certaines « défaillances », il est parfois délétère.

Vous imaginez bien que si je râle ce matin, c’est que j’ai une super bonne raison. Ou que je la considère comme telle.

Posons un constat : en France, 2 500 000 personnes sont en situation illettrisme.

Qu’est-ce que c’est que ça ?

L’illettrisme est l’incapacité à lire, écrire ou compter malgré une scolarisation.

Pire, selon  l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme 15% des français sont en situation illettrisme numérique.

Et malgré cela, il devient de plus en plus compliqué de prendre un simple rendez-vous en passant un coup de fil.

Déjà, l’appel n’est pas naturel pour tout le monde. La gestion du téléphone, l’élocution, c’est parfois difficile. Mais c’est un autre débat, et je vous parlerai plus tard de la solution que j’ai trouvée pour aider Rayond’soleil à s’autonomiser par le biais d’un téléphone, afin qu’elle puisse rester seule à la maison de temps à autre.  (et là encore quel progrès!!)

Aujourd’hui, de plus en plus de médecins passent par doctolib. Cela me désarçonne. Mais quelle n’a pas été ma surprise quand je me suis cassée le nez pour un simple rendez-vous coiffeur. Au téléphone la réponse  » Passez par le site, on ne prend plus les rendez-vous ! ». Je me suis déplacée. Même écueil. 

Comment vont faire les petites mémés qui ne gèrent pas l’ordinateur ? Comment vont faire nos enfants qui seront non lecteurs ?

Alors à l’évidence, en demandant gentiment, on trouvera toujours une âme charitable, qui aidera à prendre le fameux rendez-vous sur internet. Mais bon sang que c’est difficile !

Encore une fois il va falloir compter sur la solidarité, l’envie d’aider. Alors qu’avant c’était quand même bien plus simple… (Tu le sens le « c’était mieux avant ? »)

Bref, la déshumanisation des rapports m’inquiètent. Pour ma fille et pour tous ceux qui vont se trouver mis à part. Et puis aussi parce que c’est quand même plus sympa de pouvoir parler du problème, ou de la pluie et du beau temps au lieu de s’adresser à une machine.

Au delà de cette exclusion induite par la nécessité à savoir lire, c’est bel et bien cette perte de relations entre les humains, et cette course à la rentabilité qui m’angoisse terriblement. 

De quoi envisager de partir vivre sur une autre planète…

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Indignez-vous !

Il est temps de vous soulever. Il est temps de regarder la réalité en face et de vous bouger.

Vous vous dites que vous n’avez pas l’énergie, vous vous dites que vos propres batailles vous ont déjà bien entamé les vitamines, vous vous dites que d’autres se battront, vous vous dites que chacun ses problèmes dans la vie.

Indignez-vous tant qu’il est temps.

Le CLIMAT. Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? Vous jugez vraiment que le réchauffement climatique est une supercherie, que le réchauffement climatique n’est pas notre problème ? Il vous aura vraiment fallu une gosse de 15 ans pour ouvrir les yeux ? Et là encore, vous préférez vous coller des œillères ? Oui, détourner le regard, l’accuser est si facile ! On tape sur sa différence plutôt que de l’écouter. Cette môme n’est pas juste Asperger. Elle est révoltée, engagée, renseignée.

Je ne vais pas vous faire la morale, évidemment, je suis loin d’être parfaite. Je roule beaucoup, beaucoup trop. Je trie, mais parfois mal. Je privilégie l’achat d’occasion, mais pas toujours. Mais chaque gravillon apporté à l’édifice que représente le défi colossal de la prise de conscience écologique me parait important. N’avez-vous pas entendu le slogan : « Nous préférons des centaines de personnes qui essaient et sont imparfaites, qu’une seule parfaite ! » ?

 

Indignez-vous !

Les migrants, rappelez-vous…

Avant tout des êtres humains. Ils fuient les atrocités, ils ne se déracinent pas pour vous embêter. Quand chacun protège son bout de steak, le racisme repointe le bout de son nez à grande vitesse. Misère, guerre, homophobie… Quand va-t-on réapprendre à tendre la main ? Quand allons nous reparler d’humanité ? Les frontières ne sont que des lignes subjectives et virtuelles. Ouvrez votre cœur.

 

Indignez-vous…

Je vois de plus en plus de retraités dans nos rues, la main tendue pour…faire la manche. Trimer toute une vie et se retrouver sans le sous. Indigne. Indigne d’une société telle que la notre. Vieux, jeunes, handicapés, nous n’avons plus d’argent. Pourquoi ? Pour qui ? Le fossé se creuse. Et on passe devant eux dans la rue ans même les voir, sans les saluer. La misère ne se regarde pas en face. C’est trop dur, trop confrontant !

Quand vous indignerez vous ? 

114 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints ou ex conjoints depuis le 1er janvier 2019. 114 femmes victimes. Et les médias ne couvrent pas ou peu l’information. On parle de crime passionnel ? Moi la passion me colle des papillons dans le ventre, pas les tripes à l’air ! On met la faute sur la rupture, ou sur l’alcool…Toujours une bonne excuse pour ces messieurs. Ce n’est pas de leur faute. Un juge a même excusé un homme en comparution immédiate pour coups et menaces de mort parce que sa femme faisait chambre à part, et donc comprenez, le devoir conjugal n’était pas respecté. Je m’étouffe dans mon café.

INDIGNEZ VOUS BORDEL!!

L’inclusion au sens large est notre problème à tous. Qu’on parle d’insertion professionnelle, de système scolaire inclusif, de société en règle générale, inclure les plus démunis devrait devenir notre priorité.

Mettre les moyens financiers, c’est une évidence.

Se donner les moyens psychologiques est une autre paire de manches ! 

L’enfant qui souffre d’autisme dans la classe de votre gosse et qui crie souvent vous gêne n’est-ce pas ?

Le chômeur longue durée qui sort d’une dépression et que votre boss vient d’embaucher, vous le trouvez un peu éloigné de l’emploi hein ?

Le Reflet est un très bel exemple d’insertion et d’inclusion mais bon, vous n’auriez pas hyper envie de travailler avec des personnes qui vous font un gros câlin tous les matins, je me trompe ?

 

Indignez-vous, et profitez-en pour vous aimer un peu !

On est dans une société d’ultra égoïsme. Une société du chacun pour soi. Une société qui a banni la main tendue. Une société qui s’élève aussi et surtout contre le toucher.

Touchez vous.  (n’y voyez rien de sexuel !)

Pressez le bras de votre collègue qui pleure.

Serrez la main du SDF du coin de la rue.

Câlinez vos enfants. Le matin, le soir, la nuit.

Effleurez la joue de votre mère du bout du pouce.

Étreignez votre ami.

Caressez votre chat.

Embrassez votre conjoint, votre petite femme, votre compagne.

Le toucher physique régule les hormones du stress et libère des endorphines. C’est l’acte par excellence qui fera chuter vos indignations, et ouvrira votre cœur aux Autres, dans toute leur beauté. Qui vous permettra un sourire aux exclus de ce monde, qui vous aidera à surmonter la misère et à faire votre part de colibri. Alors touchez, n’hésitez plus. Allez à l’encontre de cette société individualiste, et venez vivre dans un autre monde, celui des sensibles, de ceux qui portent le monde avec Amour…

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l’Amour

Une leçon de vie. La leçon d’une vie.L’amour. L’Amour.

Aimer, ce n’est pas facile, ce n’est pas inné, ce n’est pas la chose la plus simple dans la vie.

Je parle d’aimer vraiment. D’aimer sans condition. D’aimer pour l’autre, pour ce qu’il est tout au fond. D’aimer sans rien attendre en retour. D’aimer pour ce que l’autre est, pas pour ce qu’on aimerait bien qu’il soit.

D’aimer sans rien espérer d’autre que sa présence.

D’aimer dans les fêlures de l’âme. Dans les imperfections. Dans tout ce qui rend l’autre unique, exceptionnel, dans tout ce qui transmet la lumière.

Aimer ce que l’on voit, ce que l’on a, ce que l’on vit.

Aimer c’est comme une danse sur la pointe des pieds, avec une musique qui nous tourne la tête. Il faut apprendre les pas. Tomber. Se relever.

Aimer c’est savoir accepter que la personne en face n’est pas soi. Qu’elle peut nous ressembler, ou pas du tout. Qu’elle a le droit d’être différente, de réagir autrement, de respirer un cran au dessus, ou au dessous.

Aimer ça s’entretient, toutes les minutes, de toutes les heures, de tous les jours. Par des petites attentions ou par de grandes preuves. Par des éclats de rire partagés et par des larmes essuyées avec le pouce.

Aimer c’est se toucher, en douceur et tendresse. C’est masser l’autre, c’est le caresser, l’embrasser, l’enlacer. C’est lui donner de la chaleur quand on sent qu’il a froid dans son cœur et parce qu’on sait qu’il réchauffe le notre.

Aimer c’est tendre la main quand on est allé trop loin, c’est prendre soin, et laisser l’autre prendre soin.

Aimer c’est se sentir le droit d’être imparfait, d’être fragile, d’être tout entier.Aimer c’est pouvoir prêter sa veste quand l’autre a froid, et ses épaules quand l’autre est triste.

Aimer c’est partager. Tout. Tout le temps. Le repas, les balades, ses états d’âme, ses chagrins tout petits et les plus gros, c’est s’autoriser à pardonner, à avancer, à croire.

Aimer c’est tout donner. Son cœur, son affection, ses pensées, sa joie, ses rêves, son temps. Surtout son temps. Le temps n’a pas de prix.

Aimer ne se paye pas, les preuves d’amour sont immatérielles, elles ne sont que frissons.

Aimer d’amour ça ne se contrôle pas. Tu perds les pédales de tes émotions, elles te dirigent, te transportent, te transcendent.

Par amour, par Amour, tu deviens plus doux, tu deviens plus fort, tu deviens plus…Plus tout en fait. Plus toi. Tu déplaces des montagnes. Tu te sens pousser des ailes. T’as des papillons au fond du ventre.

Aimer c’est souhaiter que l’autre soit bien, qu’il soit heureux et qu’il aille loin. Le plus loin possible.

Aimer c’est pur, c’est brut, c’est intense et incontrôlable.Tu découvres ça par hasard ou par chance, tôt ou bien tard. Tu découvres ça et ça te fait un peu peur, mais ça te fait aussi tout chaud. Tu te sens responsable de cet amour, de cet Amour. T’as envie qu’il pousse bien, qu’il soit plus grand que toi.

L’Amour, tu l’éprouves mille fois par jour, mille fois par seconde. Ça te retourne les tripes, ça te retourne la tête.

Je dédie ce texte aux amoureux et  à l’homme que j’aime, aux fratries et à ma soeur, aux parents et à ma mère, aux enfants et à mes petits mômes, à ceux qui voient leurs amours grandir, et à ceux qui les ont vus partir.

Je le dédie à ceux que j’aime et aussi à ceux qui m’aiment.

Et comme à chaque fois, j’ai une pensée émue pour Elle, qui m’a appris à aimer l’imprévisible, la différence. Qui m’apprend chaque jour comment on aime à fond, sans se protéger, sans mettre de barrière, sans se soucier de ce qu’en disent les autres.

Elle, qui est Amoureuse de la vie (et aussi de Maxou). Elle qui sait, elle qui sent. Elle qui ressent et aime sans limite.

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Guerrière

Guerrière.

Nom féminin désignant une femme belliqueuse, qui aime faire la guerre.

Guerrière ?

Tu la connais toi la guerrière ? Celle qui porte une armure en permanence, qui se cache pour pleurer, parce qu’elle n’a pas le droit d’être faible ? Celle qui se façonne un sourire en toutes circonstances, celle qui ne craque pas, celle qui est forte, celle qui a le verbe haut et le menton belliqueux. Celle qui n’a pas le droit de baisser la garde, pas le droit d’abandonner ?

Cette nana que tu croises tous les jours dans la rue, devant l’école, dans la salle d’attente du médecin, au boulot. Celle qui a des cernes noires et qui te sourit quand même.

Cette fille qui te tend la main dès que t’en as besoin et dont tu soupçonnes pas la moitié des combats quotidiens.

Combats quotidiens, guerrière.

La guerrière est souvent seule, mieux vaut être seule que mal accompagnée n’est-ce-pas ? Et même quand elle n’est pas vraiment seule, parfois elle porte tout.

Porter. Tout.

La guerrière se bat contre des montagnes. Contre des moulins à vent. On pourrait dire qu’elle pisse dans un violon tant ses batailles semblent souvent perdues d’avance.

La guerrière se bat pour une bonne raison. Elle n’aurait jamais cru en arriver là, c’est la vie qui décide toujours pour elle. Elle n’a pas eu le choix, et si elle l’avait eu, qu’aurait-elle bien pu faire ? Elle n’en sait rien ,et elle préfère ne pas se poser la question . C’est trop douloureux, trop intime, trop indicible.

La guerrière doute. Tous les jours. Toutes les heures. Toutes les minutes. Elle n’a pas de répit. Elle ne se sent jamais à la hauteur. Sa vie entière n’est que défi pour elle. Tout lui paraît insurmontable, et elle finit par surmonter quand même. Tous les autres lui paraissent faire tellement plus, tellement mieux. Elle continue de faire malgré tout, elle est comme ça, elle se bat, elle se débat.

Elle vit au jour le jour, et pourtant, elle se doit d’anticiper la vie, parfois sur cinq années. Elle calcule, elle fait des comptes d’apothicaire, elle écrit des dossiers plus longs que des romans. Elle est tout : mère, infirmière, psychothérapeute, kiné, maîtresse, chercheuse, dictionnaire…Elle n’est rien. Elle ne sait rien.

Si tu la croises en connaissant un peu son histoire et ses petites victoires, t’auras un petit wahou au fond des yeux qu’elle ne verra même pas ! La guerrière met longtemps à prendre conscience qu’elle en est une. Et si tu le lui dis, elle te fera un demi sourire embêté suivi d’un haussement d’épaules. Elle te le redira, elle n’a pas eu le choix.

Et puis ses yeux glisseront vers la plus belle raison de mener tous ces combats. Elle sentira son coeur qui gonfle dans sa poitrine. Chaque petit progrès, chaque acquisition sera sa récompense, son meilleur salaire. Chaque conquête administratif sera son maillot jaune.

Elle ne mène pas les mêmes combats que toi. Pas de sang, pas d’argent, pas de rage. C’est l’amour et l’extra-ordinaire qui la porte. Et si tu touches à son petit, tu risques de réveiller la louve qui se cache derrière la guerrière.

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Mais elle garde les armes serrées dans ses poings, un sourire féroce accroché au visage. Elle a besoin de bonheur, de joie. Elle a besoin de tout, sauf de toi. C’est de cela qu’elle a réussi à se convaincre. Elle préfère se protéger, dressant des barrières autour d’elle. Même qu’on la pense souvent un peu pimbêche…

Si tu lui tends la main, elle va se retrouver désarçonnée, presque sonnée. La guerrière a pris l’habitude de marcher seule. Tu vas la trouver méfiante, et tu auras raison. Elle se demande sûrement ce que tu caches derrière tes promesses, ce que tu planques derrière ton sourire. La guerrière a été trop souvent lâchée au cours de son chemin, souvent déçue, trahie, blessée. Ce ne sont plus des barrières qu’elle a dressées, mais des murs, des barricades.

Arme toi de patience, et regarde bien où tu mets les pieds, parce qu’elle saura te le rappeler. Non la vie n’est pas que douce à ses côtés, oui les combats qu’elle mène peuvent durer toute la vie, non elle ne croit pas en elle, oui elle veut bien essayer de compter sur toi. Tu vas devoir faire tes preuves pour entrer dans sa vie. Et elle ne te pardonnera pas un abandon, elle n’a pas l’énergie pour ça. Aux amants, aux amis, aux cousines qui l’ont laissée sur le bord de la route, elle n’a opposé qu’une indifférence totale. Elle réserve ses forces à ce qui compte, à ceux qui comptent vraiment.

La guerrière n’a pas choisi sa vie, elle a pourtant choisi ce qu’elle en fait, et la façon dont elle la voit. Elle a pu choisir de tendre une main, de créer, d’avancer…

Il m’en a fallu des années pour me dire que mes combats valaient la peine d’être joués, que mes choix pour elle étaient les bons, que je pouvais suivre mon instinct, et parfois même faire confiance. Il m’en faudra d’autres pour accepter que je suis aussi une guerrière, tout autant qu’elle, ma petite warrior aux yeux d’or, au cœur léger et à la volonté en acier trempé…

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Et je dédie ce texte à toutes mes amies guerrières, méfiantes, avec ou sans peinture sur les joues. à  Ophélie, Mag, Malvina, ou encore Magali. à Amélie, Aline, Séverine, Noémie  et toutes les autres. J’ai une pensée émue pour leurs moitiés quand elles savent être là, en soutien, comme il faut ou maladroitement, être là en douceur, être là sans le dire ou en le criant très fort !

Et si vous postulez pour entrer dans sa vie, sachez qu’être un pilier de guerrière, une épaule sur laquelle elle pourra lâcher les vannes, se préparer à être aussi fort qu’elle, lui montrer qu’elle est à la hauteur, c’est un challenge que vous remporterez haut la main avec un peu de patience et d’empathie, et beaucoup d’amour.(et je parle aussi pour les amis, les confidents, la famille qui voudrait être présente ….) 

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portrait du jour…53

S à la quarantaine dynamique et un parcours de vie incroyable, comme la majorité des personnes que j’ai la chance de côtoyer.

C’est drôle comme je me sens privilégiée par mes conditions de vie qui me permettent de rencontrer des gens tellement pluriels, et de m’enrichir humainement au fil du temps.

S travaille dans la même association que moi. Elle a une pêche incroyable, et le sourire collé au visage en toutes circonstances ou presque. C’est une angoissée de nature, avec le coeur sur la main.

Elle gère à elle toute seule une charge de travail colossal, sans se départir de sa bonne humeur, et elle couve son équipe comme une mère poule le ferait avec ses poussins. S, c’est un peu la grande soeur idéale, celle qui fronce les sourcils si tu lui piques son t-shirt préféré sans lui demander mais qui te le prêtes quand même parce qu’elle est vraiment gentille.

S n’a pas eu la vie facile. Qui a une vie facile d’ailleurs ? Personne, assurément. Chacun à notre échelle rencontrons des difficultés, plus ou moins bien supportées. S a rencontré des épreuves dont elle parle avec pudeur, et une force déterminée. Elle a une fille aujourd’hui adulte en situation de handicap, et qui est passée, comme elle, par des phases de colère qu’il a fallu gérer. Elle sourit en racontant, elle trouve ça terriblement banal et normal. Sa fille s’est révoltée, a refusé sa situation, a rué dans les brancards, et S avec elle, malgré la peur, malgré le besoin de protection.

Elle a su prendre le recul nécessaire pour permettre à cette enfant de s’envoler, au même titre que les autres. Bien sûr que rien n’est parfait. Bien sûr qu’elle risquait de s’écraser avec ses ailes fragiles et difficiles à maîtriser. Mais S a su lui donner la force de caractère nécessaire.

Evidemment, elle a dû traverser d’autres nuits noires, d’autres moments d’adversité, d’autres douleurs et déchirements, mais c’est celle-là qui a forgé son caractère de battante.

Et si ce sont nos histoires de filles extra ordinaires qui ont ouvert la discussion il y a bien longtemps, avant même que nos chemins professionnels ne se rejoignent, c’est tout le reste qui rend S exceptionnelle.

Son engagement quotidien auprès de son équipe, sa lutte pour leurs droits, ses combats pour les femmes, contre les maladies, contre les inégalités. Sa gentillesse en étendard, elle est prête à soulever des montagnes pour effacer les lignes, pour réduire les injustices. Sans cape de sauveuse, elle apporte sa pierre à l’édifice, chaque jour dans l’ombre et avec la discrétion la plus totale.

Engagée au sein de plusieurs associations, elle m’en fait pas des tonnes, et on apprendrait presque ses réalisations par hasard. Si S sait valoriser le travail et les accomplissements des autres, elle oublie trop souvent les siens.

Et ce midi, elle a fait preuve d’une attention toute particulière pour moi, lisant entre mes lignes avec une capacité d’empathie incroyable.

Par un simple mot, doublé d’une main sur mon poignet, elle m’a démontré que tout pourrait aller bien, parce que l’humain est capable aussi et surtout du meilleur. La douceur dans ses yeux remplirait les cœurs les plus durs d’une sérénité nouvelle, parce qu’ils sont le miroir de son âme (oui je l’ai piqué à quelqu’un celle-là, elle n’est pas de moi). Malgré les épreuves envoyées par la vie, S ne baisse pas les bras, au contraire, elle les porte en soutien à tous ceux qui en éprouvent le besoin…

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Libère toi de tes chaînes

Libère toi de tes chaînes.

Libère toi de tes chaînes même si tu as peur. 

Syndrome de Stockholm. Tu es enfermée dans tes croyances limitantes, dans ce que tu penses être confortable pour toi. Tu es simplement dans ta zone de confort.

Un job qui ne te convient plus tellement, mais qui rapporte suffisamment pour payer des factures, une relation qui ne te satisfait pas mais qui t’offre une stabilité, un mode de fonctionnement avec tes enfants qui te chagrine mais que tu maîtrises bien, des phobies ridicules qui te pourrissent la vie.

Le changement, c’est effrayant, même si tu le décides toi-même.

Et pourtant, savoir bouleverser ses habitudes, reconnaître ce qui se passe au plus profond de soi et accepter de se mettre en mouvement peut-être salutaire.

Je lis actuellement « L’Alchimiste » de Paulo Coehlo, et si je vous en parle aujourd’hui, c’est qu’il résonne très fort en moi. L’Alchimiste, c’est une histoire de légende personnelle et de signes à lire et écouter. C’est une histoire de réalisation personnelle.

Il est difficile dans notre société actuelle de se réaliser, difficile de se dire qu’on a le droit de réussir, et que la réussite n’est pas la même pour tous. 

I have a dream…

Chacun ses rêves, chacun ses aspirations dans la vie. Nous ne serons pas tous des Martin Luther King ou des Simone Veil. Evidemment. Mais chacun peut apporter sa pierre, et porter son propre dessein.

Si vous vous niez trop longtemps, vous vous verrez vous étioler.

Nous n’avons qu’une seule vie, et nous ne savons pas combien de temps elle durera. Autant en tirer le meilleur, voir le verre à moitié plein. Vous me connaissez un peu maintenant, je suis une optimiste, une révoltée, une guerrière en Doc Marteens.

J’ai rencontré, écouté, lu des dizaines de familles, des dizaines de personnes qui n’avaient pas eu une vie toute lisse, toute facile. Et dans ce lot de témoignages parfois douloureux, ceux qui m’ont émue le plus profondément sont ceux qui bien que très réalistes montraient une philosophie de vie résolument insouciante.

Des petits riens et des gros projets. Ceux qui ont su transformer les épreuves pour en faire de magnifiques réalisations. Je pense à cet arbre planté en mémoire d’un enfant perdu, je pense à mon amie qui a ouvert son entreprise, fidèle à ses valeurs, je pense à cet homme qui a traversé l’Europe pour donner une meilleure vie à sa famille, je pense résilience, je pense accomplissements…

Ce qui nous empêche de bouger, ce qui nous paralyse, c’est la peur. Il y a peu, j’ai lu cette citation « Il n’y a que 2 émotions qui parlent, soit l’amour soit la peur ».

La peur favorise l’immobilisme.

La peur de l’échec est la plus prégnante. Evidemment, quand la situation n’est pas parfaite, pas extraordinaire, pas satisfaisante mais pas non plus délétère, on prend toujours le risque d’avoir pire. De se planter. Je vous ai déjà dit qu’il n’y a qu’en se plantant qu’on pousse ? Mandela disait  » Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends !« . Et si nous prenions le risque d’apprendre ?

Changer pour obtenir moins que ce que l’on avait est un risque, c’est un fait. Ou une histoire de point de vue. Lorsque j’ai décidé de changer de métier il y a maintenant 3 ans j’ai perdu de l’argent sur ma fiche de paye. J’ai perdu de l’argent, mais j’ai gagné bien plus important. J’étais en adéquation avec moi-même et j’en ai ressenti une puissance incroyable. Sans parler des horaires de travail plus adaptés à une vie de famille sereine.

La peur d’être jugé. Ah le regard des autres… On y est tous plus ou moins sensible, personne ne peut affirmer en étant tout à fait franc qu’il se fiche de savoir ce qu’en disent les autres. Certains changements, certains mouvements entraînent des conséquences, c’est indéniable et inéluctable. Tout est lié, votre mouvance emmène la mouvance d’un ou plusieurs autres.

Cette société déraille, tout tourne autour des conventions, et du pouvoir. On en oublie l’essentiel. 

L’émotion est l’essentielle. Celle qui vibre, qui s’exprime, qui crie, qui perle au coin des yeux, qui gonfle le cœur et donne des ailes, celle qui tortille le ventre, celle que vous gardez pour vous ou que vous partagez avec un être qui vous ressemble ou qui vous rassemble…

Aux enfants, on apprend la maîtrise de soi. Seuls les enfants sont vrais pourtant. Ils vous jettent leurs colères, leurs chagrins et leurs joies à la figure. Ils aiment tout entiers, ils répugnent, ils n’ont pas de demie mesure, ils ne trichent pas. Ils ne mendient pas le pouvoir, ils ont le vrai pouvoir. Il suffit de regarder la jeune Greta Thunberg et son visage d’ange déterminé.

Les enfants savent. Ils savent que l’émotion qui ne s’exprime pas s’oublie. 

Les enfants apprennent la peur du jugement en grandissant, en même temps qu’ils apprennent à juger aussi, en même temps qu’ils oublient leurs rêves les plus fous.

Et toi, tu voulais quoi quand t’étais petit  ?

Demande-toi ce qui te fait peur ?

Comme il est aisé d’avoir peur quand on est « aidant ». Quand on est l’aidant de son enfant, quand on connait la fragilité liée au handicap, qu’il est facile de freiner, et de s’oublier aussi.  Et pourtant, si vous y prenez garde, si vous en prenez soin, vous pouvez préserver l’essentielle chez lui. Le handicap a tant à nous apprendre en termes de combats pour ses rêves, en termes de réalisations modestes ou fantastiques, en termes d’expression de l’émotion, en termes de société et de mouvance à enclencher.  Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut que ça change, que le handicap soit mieux « inclus » puisque l’inclusion est le mot à la mode.

Il est grand temps de nous libérer de nos chaînes. Quelles qu’elles soient. De prendre une grande inspiration et de sauter dans le vide, avec ou sans filet. Il est temps de nous reconnecter à nous mêmes, à nos émotions et à celles des autres. Il n’y a pas de caste, pas de hiérarchie, et il ne doit pas y avoir de jugement. Vous êtes là où vous devez être, et si cette place vous étouffe, vous seul pouvez prendre la décision d’en changer. Change ce qui peut l’être, accepte ce qui ne peut pas l’être….orion

Oui, c’est difficile, on ne va pas se mentir.

Mais vous aurez à y gagnez des papillons sous la peau, des étoiles dans les yeux, une sincérité dans ce que vous êtes, une reconnaissance par ceux qui sont comme vous, une sérénité et une vraie plénitude.

Et vos petits extraordinaires sauront vous montrer la voie. Ils font partie des signes, ils sont des signes, c’est une évidence. Et si vous savez prendre le temps de les écouter, ils ne seront plus jamais limitants. Ils seront même votre moteur.