0

Kermesse magique

La fête de l’école, c’est l’événement de l’année pour Rayond’soleil. Et les garçons aiment nous suivre aussi! L’an dernier, j’avais emmené un copain de Calme de lune, un peu inquiète quand même de le confronter à notre monde, et comme pour me montrer à quel point mes enfants savent choisir leurs amis, il s’était éclaté…

Faut dire que l’école met le paquet: Kermesse, tirage au sort, spectacle de musique…

A tous les stands, des cadeaux, et de la créativité.

Les adultes de l’établissement sont déguisés, les enfants sont excités…

Cette école à part m’a invitée à sa kermesse juste avant que Rayond’soleil ne l’intègre.

J’avais un peu peur, tous ces enfants n’allaient-ils pas me renvoyer quelque chose qui me ferait peur pour l’avenir?

J’ai vite ouvert mon esprit. Heureusement pour moi!

Et nous en sommes à la 4ème kermesse. C’est gai, c’est coloré, ça sent bon le chocolat et ça fait du bruit.

Les enfants de l’école « classique » sont invités et présents en nombre. C’est ce qui m’a le plus frappé la première fois et qui continue de m’émerveiller à chaque nouvelle représentation, car c’est aussi bien réglé qu’une pièce de théâtre.

Je salue le melting-pot, la mixité sociale, culturelle, je salue les sourires et les rires, je salue les efforts de chacun pour que ce moment soit réussi et reconnu comme le plus beau de l’année. Les travailleurs de l’ESAT d’à côté sont là aussi pour présenter leur travail.

Chacun se mêle sans prêter garde à la différence qui ne saute pas aux yeux tant elle est réussie et intégrée. Personne ne regarde avec insistance.

Je ne pense pas pouvoir retranscrire ce qui se joue en moi à chaque fois, ni même l’ambiance. Je n’ai pas assez de talent.

Cette année, ce qui m’a le plus marquée c’est l’initiation au cirque qui a tant plus à Avalanche et à Rayond’soleil, c’est cette dernière qui sautillait partout avec son ‘Moureux à elle, et le spectacle de danse des ados, qui y ont mis tant de cœur et d’amour, qu’ils brillaient comme des soleils. Oui, ces ados exceptionnels ont bossé trois chorégraphies et l’une d’entre eux m’a particulièrement touchée: elle virevoltait, lançant sa silhouette à gauche, à droite, se propulsant en l’air, un sourire gravé sur ses lèvres. Une autre plus loin a perdu le fil, mais personne n’a remarqué tant ce qui était présent c’est l’envie, et la gaieté qui se dégageait du groupe.

Chaque année, un groupe de percus du coin, les Batucada, vient jouer dans la cour. Les ados ont continué à danser au milieu des percus sous les yeux fascinés de mon Avalanche. Prise dans le rythme, même moi j’ai dansé, mal mais je m’en fichais.

Le prof de musique a sonné le rappel des troupes, et Rayond’soleil, trop fière d’embringuer son frère, est partie en courant derrière T. l’une de ses éducs préférée, pour un mini concert improvisé.

Chacun y met sa patte, chacun y met un bout de son cœur, de la directrice à la secrétaire, chacun joue le jeux, et j’ai encore une fois regretté de ne pas y être allée déguisée moi aussi pour encore mieux me fondre dans la masse. Chacun fait son maximum pour que la fête soit belle, et réussie, et même l’orage menaçant a préféré attendre la fin du bal pour éclater, ne laissant tomber que quelques gouttes rafraîchissantes dans l’après-midi, histoire de ne pas hâter les fêtards vers la sortie.

J’avais envie d’un petit texte pour vous dire merci à tous pour cette journée de bonheur. Je ne vous rends pas hommage car aucun mot ne saurait suffire, vous seuls savez tout ce qui se cache derrière les tentes, et la musique, et vous seuls avez su rendre cet endroit qui me faisait si peur en un havre de paix, pour mon Rayond’soleil et pour toute la famille…

Publicités
1

Admirable?

Souvent, dans vos commentaires, vos petits messages privés qui me font toujours du bien, ou dans les commentaires d’autres blogs que je suis, revient ce qualificatif : Admirable… Et souvent, ce qualificatif, ce compliment, me pose question…

 

Alors que j’accueille sans problème les compliments, sur l’association, sur la super idée que c’était, sur la générosité des monitrices, et notre gentillesse commune, j’ai plus de mal avec ce « je t’admire, je ne sais pas si je pourrai ».

 

Ne fuyez pas! Je ne crache pas dans la soupe, et je vous remercie. Je vous trouve mignonnes même (ou mignons, mais je crois que les hommes sont plus rares.). Seulement, je tenais à dire que je suis persuadée que, si, vous feriez pareil. Si, vous iriez danser sur la piste avec votre fille perdue. Si vous iriez vous battre à ses côtés, pour qu’elle soit acceptée. Si, vous iriez dire merde à l’atsem qui trouve votre petit dernier trop remuant, sans se poser aucune question sur le contexte! Bien sûr que si! Il faut être confrontée à la situation pour savoir. Je vous assure, je ne suis pas quelqu’un d’exubérant, je n’aime pas attirer l’attention, mais pour eux, je ferai tomber tous les murs. 

En fait, je n’ai pas d’autre choix. Je refuse de laisser tomber, je refuse que ça soit moins bien parce que je ne m’en sens pas capable. Le véritable courage, serait d’avoir choisi. Je n’ai pas choisi. J’ai accepté facilement le handicap, peut-être parce que je n’avais pas fantasmé ma fille. J’ai pris les armes tout de suite, je ne suis pas passée par une phase de résignation, ou de résilience. J’ai cheminé avec elle, c’est tout. Si on m’avait posé la question, je n’aurai sûrement pas choisi le handicap, mais si on me demandait aujourd’hui, je n’échangerai ma fille pour rien au monde. Donc, non, je ne suis pas courageuse. J’aurai eu peur de l’inconnu, peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir. Grâce à elle, forcée par elle, j’ai découvert que je savais, que je pouvais, et que je ne m’en sortais pas si mal.

Je ne suis pas courageuse, par contre je suis forte. Je sais que bien des parents souffrent beaucoup. Je ne souffre pas souvent. Vous venez lire ma page pour retrouver votre sourire, notre sourire. Toutes dents dehors, on a préféré sortir notre amour en étendard. Je refuse de m’apitoyer sur le sort d’une enfant qui sourit presque tout le temps! Parce que des fois, elle souffre, des fois elle est en colère, mais le plus souvent, elle prend les aléas de la vie avec un optimisme qui force le respect! Toute notre famille refuse de vivre le handicap de Rayond’soleil comme un chagrin. C’est une différence, une route à part, qui nécessite d’employer des trésors d’imagination pour que chacun ait sa part d’attention. Alors, on fait les fous, on fait le cheval en allant à l’école, on supporte notre mal de dos, on va travailler en ronchonnant, on fait des massages et on invente un spa dans la salle de bain, on se tire la langue et on mange des bonbons avant de passer à table. On grapille du bonheur partout où on en trouve, pour ne pas nous laisser dépasser par le découragement qui pourrait nous saisir. 

J’aurai pu en faire moins. J’aurai pu me passer de l’association. J’en suis bien consciente. Mais vous, vers qui vous seriez vous tournés? Bien entendu, cela me donne du travail. Mais tous vos petits mots, les photos que je reçois, les cartes qui m’arrivent par la poste (hiii j’adore le courrier!)m’apportent beaucoup d’amour et de satisfaction. J’en parlais avec une amie l’autre jour, je n’ai pas besoin d’un job trippant! Parce que ma vie est trippante. Pleine de joie, et de rires d’enfants. De parties de labyrinthe à 7h du matin, de course en fauteuil roulant, de petits progrès qui changent toutes les perspectives, et de petites graines de bonheur semées dans vos vies à vous par le biais de Portage et Handicap! 

Mais, je suis humaine. Il y a des jours où je suis lassée, fatiguée. Mais comment perdre l’espérance (oui!) face au sourire plein d’amour de la vie de Rayond’soleil? Cette enfant est la volonté et la bonté incarnées. Comment perdre l’envie face aux bons mots de Calme de lune, et à sa clairvoyance? Comment perdre l’entrain face à l’énergie de mon petit Avalanche? Quand mes 3 enfants semblent si bien dans leur drôle de famille, j’estime que j’ai rempli mon contrat. Ni plus ni moins; Car c’est bien là mon travail, les rendre heureux, les porter le plus loin possible, mettre du baume sur leurs chagrins et faire germer en eux l’idée d’un monde plus doux, plus beau, empathique et solidaire. Pour le moment, je crois que je m’en tire plutôt bien. 

Donc non, je ne suis pas courageuse, je tire ma force de leurs sourires, je me laisse bercer par leur enthousiasme face à la vie, et je suis sûre qu’avec un peu de bonne volonté, celle de voir la bouteille toujours à moitié pleine, on en est tous capables! Ce sont eux, qui sont admirables, moi, je me suis contentée de les suivre!

 

Joie/Paix/Amour… Passez de belles fêtes…

DSC_0192 (Copier)

Je regarde cette photo, et je vois à quel point elle tire mieux la langue aujourd’hui…