0

Comme un petit rayon de soleil

Hello…

C’est drôle, je ne sais pas par où commencer, je me sens un peu intimidée, un peu illégitime et pourtant…

Pourtant je suis née avec un stylo dans la main. Même si je faisais les o à l’envers en maternelle, (et encore aujourd’hui je crois), j’ai toujours eu un rapport fusionnel avec les lignes, avec l’écrit, avec le lu…

Et moi, j’ai écrit un livre.

Je revois la gosse que j’étais, celle qui en rêvait, un peu moquée par ses camarades de classe de collège et je lui dis « t’as gagné ».

J’ai mis 32 ans à saisir la plume, et une année de plus à envoyer mon manuscrit à des éditeurs.

C’est dur de se confronter aux critiques, ou plus vraisemblablement au silence…

L’édition est un long, très long chemin.

Je me rappelle en avoir imprimer 10. Et attendu. Un an. Rien.

J’ai recommencé, la certitude chevillée au corps que ce livre valait la peine que je me batte pour qu’il soit lu.

Et recommencé une dernière fois, par mail, à 3 maisons bien choisies.

Visiblement plus que bien. Merci à celles et ceux qui ont cru en moi, aux éditeurs pour qui je sortais de la ligne mais qui m’ont encouragée quand même, et aux soutiens incroyables que peuvent être les amies.

Alors Emilie, t’as écrit quoi au final? Une comédie, un polar ?

Je vais vous parler de résilience.

La résilience c’est transformer ce qui pourrait s’annoncer à priori comme une épreuve pour la transcender.

Le handicap a changé ma vie, et m’a changée moi aussi.

J’ai écrit cette histoire de résilience, de handicap, d’errance de diagnostic, de peur et de joie mêlée. J’y ai mis mon amour, mes tripes, mes peines et l’immense bonheur que la vie m’inspire aujourd’hui. Je n’ai pas voulu écrire un truc sucré, j’ai voulu écrire la vraie vie, la nôtre. Je voulais un livre gai et joyeux.

Je l’ai relu il y a peu, et j’ai réussi à me tirer des larmes à moi même. Raté pour la joie? Je ne pense toujours pas. Beaucoup d’émotions mélangées en tous cas.

Comme un petit rayon de soleil, c’est l’histoire d’une petite fille venue chambouler mon monde trop rangé mais aussi de deux petits garçons qui sont de merveilleux porteurs de lumière sur mon chemin. C’est l’histoire d’un non diagnostic, puisque je mettais un point final à ce livre à l’aube de ses 7 ans, et qu’il en a fallu 8 pour savoir (le tome 2 le tome 2 !!! ) dans un monde qui ne sait pas dire les maux, c’est une bataille pour la vie, pour l’amour, pour l’espoir, la rage d’être heureux, quelles que soient les embûches…

Comme un petit rayon de soleil c’est un peu mon 4ème enfant, celui qui m’a aidé à accoucher de mes émotions.

Il sortira pour de vrai début 2019, et ce sont les mots de mon éditrice ce matin qui ont fait perlé les larmes sur mes paupières… Y avait le mot magnifique dedans. J’ai chialé…

20180617_175025.jpg

Publicités
1

Tous tout seul…

Deux fois en deux jours que j’entends ce cri de détresse de parents :

 » Je crie toute la journée »; « les enfants c’est dur ».

Non, vous ne criez pas toute la journée, c’est physiquement impossible, oui les enfants c’est dur,  et être parent, si c’est le rôle d’une vie, ce n’est pas un rôle aisé…

Pourquoi est-ce si dur ?

Parce que nous sommes seuls face à nos enfants. Et comme l’exprimait très bien un papa, ce n’est pas habituel dans le monde, ce n’est pas la norme partout, loin s’en faut.

J’en ai déjà parlé dans mon dernier article sur la communication non violente, l’isolement des parents est un fléau.

Gardons en tête une chose, c’est pire pour les parents d’enfants handicapés, et pour les parents handicapés eux-même.

Stigmatisés, traumatisés par les liens sociaux délités, ces parents doivent faire face à une double difficulté : ils voguent de suivi en suivi, et ils se retrouvent bien seuls dans les salles d’attente.

Plus d’ami du tout parfois: ils ont fui (comme le disait hier une maman: devant les crises de  son enfant) effrayés peut-être par cette confrontation avec une difficile réalité, le handicap n’arrive pas qu’aux autres, la roulette russe de  la maladie génétique peut s’arrêter sur n’importe qui et votre enfant en est la preuve vivante et douloureuse…

La famille est bien plus occupée qu’avant. Avec le recul de l’âge de la retraite et la migration des populations (même à l’intérieur du pays) les conditions familiales ont évolué et ne sont plus les mêmes qu’avant. Seules deux générations vivent habituellement sous le même toit en France aujourd’hui (vous et vos enfants) , cette situation offrant peu de répit à des jeunes parents parfois épuisés, souvent démunis.

Encore une fois, le handicap se surajoute à la situation fragile de la parentalité.

Beaucoup de parents ne peuvent plus travailler, et la perte de lien social s’en retrouve augmentée.

Alors que faire me direz-vous ?

Sûrement pas rien.

Je crois qu’il faut renouer avec la solidarité, promouvoir les associations de périnatalité et de péri-parentalité, leur donner les clefs aussi pour qu’elles puissent répondre et s’adapter aux situations qui sortent de l’ordinaire, leur donner plus de lumière, plus d’espace.

Créer des cercles de paroles bienveillants, dans lesquels les parents pourront dire tout ce qui ne se dit pas sur la toile de peur de se faire lyncher publiquement, d’avouer l’inavouable, de dire la peur, le stress, la fatigue et le découragement….

Mais aussi de dire l’amour qui remonte toujours dans nos cœurs pour nous permettre de nous lever encore un matin.

Une main tendue dans la tourmente est toujours meilleure que le pied qui vous enfonce la tête sous l’eau. Savoir dire comme c’est dur nécessite un immense courage qui se doit d’être reconnu par tous…Pour pouvoir être ensuite transformer en impulsion!

je pense que Porter les petits bonheurs, Portage et Handicap, qui est le nom complet de notre association, va s’ouvrir à ce type d’événements, des groupes de paroles pour accompagner encore mieux les familles…Qu’en pensez-vous ?

 

 

0

Dure journée ?

Toi aussi tu la connais cette journée horrible que tu as débutée en renversant ton café sur ce jean qui te va si bien, et que du coup tu as passée avec celui qui au choix te boudine ou laisse entrevoir ta culotte dès que tu te penches parce qu’il est dix fois trop grand ? Celle durant laquelle 3 de tes rendez-vous t’ont posé un lapin, ton boss t’a sorti la réflexion pourrie qui va mal, et où ton amoureux était pas bien ?
Cette journée qui reste comme les précédentes, assujettie au monde qui ne tourne vraiment pas rond ? Israël et la Palestine qui s’entretuent, le gouvernement qui continue de tirer les derniers de cordée tout en bas, le Zadiste qui a perdu une main, les migrants morts en mer dont tout le monde sauf une poignée minoritaire se fout, les homosexuels que l’on insulte, les lycéens qui se mobilisent tous seuls pour lutter contre le cyber harcèlement, une énième fusillade entre adolescents en Amérique, Trump qui est toujours président et qui finalement ne va pas se réconcilier avec son ami Coréen, les étudiants, les fonctionnaires, les cheminots dans la rue pour défendre des acquis remis en cause, les chômeurs encore montrés du doigts, et des aides sociales que l’on annonce en baisse, avec la bouche en cœur ? Tu l’as vécue toi aussi cette journée où allumer la radio provoque une averse dans tes yeux ?
Cette journée qui te fait te dire tout bas que tu n’es pas prête pour ce monde, que c’est trop de colère, trop de chagrins, trop.
Trop peu d’espoir pour l’avenir aussi ?
Cette journée où malgré les graines que tu essaies de semer chaque matin, tu n’as rien vu pousser ?
Où le tout te paraît si lourd à porter que tu en as mal aux épaules et où tu te dis « vivement l’heure du lit » tant tout a l’air insurmontable.
Puis tu rentres chez toi, et malgré la pluie, ils ont leurs bottes et ils sautillent dans les flaques avec l’innocence que seuls eux peuvent connaître ! Ton aîné te lance enjoué « Eh, il pleut des bornes ! » et tu penses au dernier livre de Grimaldi en sentant la pression s’alléger comme si un nuage venait laver un peu de ton chagrin. Ton petit est couvert de boue de la tête aux pieds, ou pas loin, et il a tant ri quand les premières gouttes sont tombées sur son nez que tu n’as pas pu t’empêcher de rire aussi. Tu as ri, ri comme pour oublier, comme pour montrer au monde qui va mal que tu peux aller bien sans lui, mais pas sans eux.
T’as pris ta douche avec plein de monde dans la salle de bain oubliant toute pudeur ou intimité et tu as mangé leurs piaillements comme une maman poule, puisant dans leurs énergies si positives la tienne. Vous avez mangé des trucs au kepchup, et tu as vu la foi dans les yeux de ta petite fille différente. La foi en l’avenir, la foi en les grands, la foi en toi. Tu te sens un peu honteuse du coup d’avoir imaginé baisser les bras.
Tout le monde parle en même temps, et tout le monde veut son câlin. Tu te dis qu’heureusement que tu as un lit en 160 comme ça on peut tous rester serrés. Puis ils vont au lit, enfin dans le leur quoi ! Toi, tu finis ta journée, t’as encore cette sensation un peu crasse, mais un peu moins.
Puis quand tu montes te coucher, tu ne peux pas t’en empêcher. Tu rentres dans leurs chambres comme un Sioux. Tu te déplaces en silence, tu humes leur odeur dans la pièce, tu écoutes leur respiration, leurs ronflements. Tu t’approches, le cœur battant dans la pénombre. Tu ne veux pas les réveiller, et pourtant, tu aimerais tellement qu’ils ne dorment pas finalement, qu’ils te donnent encore un peu d’insouciance, d’inconscience.
Ta main s’avance presque malgré toi. Ils ont les yeux clos, ils sont tellement beaux, magnifiques dans leur quiétude, sereins. Leur peau est douce sous tes doigts qui s’attardent. Tes yeux s’emplissent de larmes, mais ce n’est plus une averse, c’est l’amour qui déborde de ton cœur, de ton corps, la gratitude de les avoir, la reconnaissance pour tout ce qu’ils sont tous les 3 ensemble et séparément.
Tu vas te coucher sereine, en paix. T’es prête à abattre des montagnes, t’es parée pour la suite, t’as plus peur de pas être à la hauteur, tu sais que de toutes les façons, tu n’as pas le choix, tu ne peux pas les décevoir, tu vas devoir retourner planter le mieux pour leur demain et tu te sens tellement forte que dans tes rêves t’es une guerrière en armure !
A tous ceux et à toutes celles qui connaissent des journées difficiles, je vous conseille de ne pas oublier de prendre votre dose de repli sur vous et les vôtres en rentrant à la maison, de vous couper du dehors et de vous concentrer sur ce qui rayonne chez vous, quoi que soit ce qui rayonne, quels que soient vos soucis et difficultés. De vous pardonner les moments de faiblesse aussi, comme le feriez avec n’importe lequel de vos amis en détresse, parce que changer le monde, c’est dur, et ça ne se fait pas tout seul donc vous avez le droit de flancher aussi parfois… C’est l’Amour qui nous tient, lui qui ME fait avancer même quand j’ai peur, même quand je doute…

Merci à Evelyne pour la photo…

0

Espoirs adolescents

Calme de lune a 11 ans. Il fête son anniversaire avec ses copains ce soir. Soirée pizza et foot… Manque que la bière 🙂

Et dans cette journée compliquée (pensée pour nos amis de l’Aude), je les observe, lui et sa petite bande, évoluant depuis la sortie de l’école. Ils se sont connus en maternelle. Ils vont bientôt entrer au collège.

Ils sont 4, un noyau dur autour duquel gravitent d’autres enfants. Ils ne sont pas parfaits, certainement que loin s’en faut.

Mais bon sang comme je les aime! Comme ils savent me coller les larmes!!

Ils connaissent des bêtises, ils en font en cachette, ou pas en cachette, ça dépend des moments, ils rient, ils se charrient, ils puent des pieds (ceci n’est pas une fake news, l’adolescent pue des pieds!).

Au delà de ça, ils sont bienveillants.

Je les ai vu faire avec Rayond’soleil depuis qu’ils sont petits.

Qui lui fait un dessin lors du cross organisé pour ELA (association en faveur des enfants malades). Qui l’aide à monter l’escalier. Qui a toujours un petit mot gentil. Qui se rappelle qu’elle est handicapée quand on parle du handicap…

J’avais peur que l’adolescence les change. Le regard des autres est parfois difficile quand on pousse.

Ce soir, j’ai eu la preuve par 4 qu’ils savent rester chouettes. L’un se laisse coiffer par la puce durant des plombes, l’autre répond inlassablement à toutes ses questions, le troisième et Calme de lune jouent docilement à cache-cache avec elle. Ils sont sympas aussi avec Avalanche, jouent à la console ou au ballon en se mettant au niveau.

Ces petits gars, ces hommes en devenir sont porteurs d’un message de vivre ensemble, et ils ne le savent même pas. Avec émotion, je les ai regardé être « normaux » dans sa différence. Avec amusement, j’ai écouté leurs blagues puériles auxquelles elle aussi a ri, bien qu’elle ne sache pas pourquoi.

Ils regardent le foot en criant, et je me rappelle ces pages écrites il y a longtemps dans lesquelles je souhaitais que ces soirées là arrivent, avec une légère appréhension. Et je peux dire qu’elle a disparue…

Ils ont grandi avec elle dans leurs pattes, elle qui ne marchait pas, elle qui ne parlait pas. Ils ont grandi en faisant des courses avec son fauteuil et en se battant l’œil qu’elle ne soit pas pareille. Ils l’ont aimé comme on aime une petite sœur quand ce n’est pas la sienne, avec douceur et bienveillance. Ils l’ont veillée comme le lait sur le feu dans la cour de l’école et n’ont laissé personne l’embêter, ils ont été outrés quand elle a manqué d’être exclue du périscolaire.

En quelques sortes, ils ont tous une petite sœur différente. Ils voient qu’elle a des difficultés, et ils s’en fichent. En quelques sortes, ils ont de la chance eux aussi, ils sauront tendre la main et dépasser les stéréotypes, et les premiers contacts. Elle leur a appris…

On a toujours parlé facilement du handicap, répondu à toutes leurs questions, sans tabou ni fausse pudeur, même si parfois, il a fallu serrer les dents pour ne pas laisser tomber la larmichette… N’empêche que ça en valait la peine. Demain ils seront des adultes, qui soigneront leurs pieds qui puent, et qui ne feront pas de différence entre un Rayond’soleil, et le reste du monde….

photo qui n’a rien à voir, mais les droits à l’image de l’adolescent sont excessivement chers!!!

DSC_0420.JPG

0

Quasi grand

Il y a 11 ans de cela je prenais sur mon ventre 4kilos100 de bonheur.

J’allais sur mes 24 ans et je découvrais le bonheur brut, primaire et instinctif d’être mère.

Un bébé joufflu, ( tu parles, 4kg100 !! ) curieux, aux yeux immensément noirs.

Les frissons ont perduré avec les années qui ont passées. Les premières fois se sont succédées avec toujours dans mes yeux le même étonnement. On n’arrête jamais d’être mère.

Fière de lui, je l’ai toujours été. Première fan, absolument pas objective, je l’ai toujours trouvée beau, fort, intelligent, magique. On me l’a même reproché…C’est aussi surement un peu ca, être mère.

Je l’ai porté quelques mois, je lui ai tenu la main souvent. Encore aujourd’hui, tout pudique qu’il est, il me donne la main lors de nos jolies balades.
C’est le coeur gonflé d’amour que je l’ai vu devenir grand frere, une fois, puis deux. Lui qui n’attendait que cela… 

Je le sais parfois triste d’avoir une petite soeur handicapée. Triste pour son avenir à elle, déjà conscient que ce ne sera pas toujours facile.

La famille Chouette a ça de chouette qu’on peut parler sans tabou, sans larme au coeur. Il exprime et tourne la page.

Après quelques années difficiles, il a su trouver son equilibre et manger le bonheur à pleines dents ! 

C’est un presque jeune homme doux, sensible, brillant… Un presque jeune homme qui souffle des je t’aime à son petit frere, et rend le bras à sa petite soeur…

C’est le mien et je ne suis pas objective mais c’est un chouette gamin. Avec des qualités et des défauts il a fait de moi la mère que je suis. Il m’a appris. Tout.

Les couches les tétée le portage le vélo le mc do les premières notes à l’école les câlins la joie de lui transmettre le virus du basket le vide au fond du ventre quand il n’est pas là l’amour l’amour l’amour qui me mouille les yeux à chaque joli geste tendre qu’il sait me faire.

Il y a 11 ans, je devenais mère pour la 1ère fois. J’étais submergée d’émotions mais je ne savais rien.

Je ne savais pas qu’on pouvait mourir pour quelqu’un, qu’on pouvait haïr si fort ceux qui le feraient souffrir, qu’on pouvait imaginer tuer si besoin etait, qu’on pouvait être heureuse juste d’entendre son rire, qu’on pouvait être douloureuse quand il souffre, qu’on pouvait sentir son coeur fait le yoyo dans sa poitrine.

Mon Calme de lune, tu sais être un pré ado, te rebeller, raler, et te murer dans ton casque et la musique. Mais ne laisse jamais personne te dire que tu es autre chose qu’une belle personne. 

Tu as dit pas de photo, et je n’en mettrai pas.

Tu serais fou si je te disais publiquement que je t’aime…

Ne changes rien. Sois toi même. Juste ça. 

Love. Happy day.

1

9!

Bon sang, 9!

Nous sommes pile à 12 mois de la première dizaine!

9 ans que le soleil ne brille plus pareil, 9 ans qu’il n’est plus vraiment dans le ciel.

Le 20 janvier 2009 à 20h30, j’arrivais avec la banane à la maternité, après un bref détour par la boulangerie, on n’est jamais trop prudent.

Je savais que c’était le moment, depuis plusieurs heures, des contractions régulières. Douces, mais régulières. J’me sentais bien en arrivant dans le service, d’ailleurs passées les premières vérifications, il était déjà temps de descendre.

Arrivée dans l’ascenseur, première douleur. Je serre les dents, tu es bientôt là.

Je ne croyais pas si bien penser. J’ai à peine le temps de m’installer que tu pousses.

Tu es là. Minuscule. Tellement petite.  Un concentré.

Un regard d’un bleu abyssal. Je sombre dedans. Je sens déjà que quelque chose est différent. Sans mettre de mot dessus, sans savoir ce qui m’attend… Je m’évade de la mater au bout de deux jours, comme une droguée en manque de son aîné. Première bravade contre le monde médical.

9 ans! C’est fou comme le temps passe vite quand on aime.

C’est fou comme les batailles sont longues aussi parfois.

Je parle peu de nos combat, de ces moments difficiles que tu as eu à affronter. Sûrement parce que tu plaques un indéfectible sourire sur ton visage et que tu sèmes l’amour à tous les vents. Comment pourrai-je me plaindre d’une différence qui a toujours été ta normalité à toi? Pas de faux-self chez les génétiquement à part, tu es vraie, entière, Joie…Toi !

CSC_0178

J’évoque rarement les salles d’attente, ces minutes qui s’égrainent si lentement, ce temps sans diagnostic qui était une douleur à vif au fond de mes tripes.

Parce que tu m’as tant appris. La tolérance. La joie. La combativité.

J’ai une guerrière gravée dans le dos, synonyme des combats que j’ai menés, en partie pour toi. Tu en as une au fond du cœur, pas besoin de tatouage… Tu relèves tous les défis, avec enthousiasme malgré les difficultés que la vie t’impose. Quand tu fais 20 fois plus d’efforts pour le même résultat, tu pourrais être frustrée, et moi triste. Mais tu gardes la foi en toi, et moi, mon cœur enfle dans ma poitrine.

Tu m’as appris la différence. A la tolérer. A toutes les tolérer. A accepter les autres dans leur singularité. Quelle qu’elle soit. Ca a commencé toute petite. Aucun regard en biais, aucune moquerie, pas de différence de traitement justement… J’ai tant appris. Toute la famille en a profité pour nager dans une piscine de tolérance et de bienveillance.

Je dis souvent qu’on a de la chance, et je le pense sincèrement. Sans toi, on ne serait pas ceux que nous sommes. Le doux regard de ton aîné ne serait pas sensibilité. La fougue de ton petit frère ne se canaliserait pas dans le but ultime de te pousser en avant. Sans tes 46 cm posés sur mon ventre il y a exactement 9 ans à 20h50 ce 20 janvier, nous ne serions pas la famille Chouette…

Tu es Joie, fous rires et bonheur.

9 ans! Que tu m’apportes tant malgré les sales moments, malgré les doutes, malgré parfois les pleurs ravalés, rageusement.

Tu m’as donné l’amour de la vie, le goût de la bagarre aussi.

Garde ton smile ma petite Joie, il donne tant à ceux que tu croises. 

Garde ton empathie, ton amour des autres, ta soif de vivre vite et fort. 

Garde ton unicité mon Rayond’soleil.

DSC_0173.JPG

Happy Birthday mon Amour, ma p’tite Warrior, mon hyperactive au ralenti, ma Bulle…

Joyeux 9!

0

Oh oh oh…Joyeux Noël

J‘adore Noël.

Les sablés à la cannelle, les guirlandes lumineuses, l’odeur du vin chaud, les faux pères noël partout, la neige fraîche de l’Auvergne, les glissades en luge, les pommes dauphines, les chocolats, la décoration qu’on fait dans notre cour, le sapin qui sent bon, et que je me plais autant que les mômes à décorer…

Et puis les cadeaux.

Chercher ce qui va faire plaisir à ceux que j’aime, l’attention particulière apportée à remplir les yeux des enfants d’étoiles qui scintillent…

Et pourtant, durant quelques années, je me suis fait un casse-tête et je me suis presque gâché quelques instants de la fête.

Rayond’soleil est différente, et elle joue peu. Enfin si. Elle a ses jeux à elle.

« C’est parce qu’elle est handicapée » m’a dit Avalanche très à propose quand j’ai demandé à sa sœur pourquoi son jeu préféré c’était d’éparpiller du bazar partout.

On n’offre pas du bazar. Ou alors un bazar bizarre mais ça reste rare.

Pendant quelques temps, j’ai eu envie qu’elle ait des cadeaux qui servent à son développement. Sa Meilleure Amie m’a ramené en douceur à la réalité « Vous savez, il faut surtout que ça lui fasse plaisir ». 

J’ai toujours cette petite appréhension en entrant chez le marchand de jouets.

Et si je ne trouvais rien qui lui fasse plaisir?

« Mais Rayond’soleil tu lui offres du papier cadeau, et elle est heureuse! » a commenté cette fois-ci l’Amoureux, fort à propos lui aussi (les mâles de la maison sont perspicaces). 

Ouais mais quand même? 

J’ai résisté à la tentation d’offrir un 28ème poupon (merci l’école de l’avoir fait pour nous!!!).

Dans les rayons, nous savions où chercher pour Avalanche, un camion Pat Patrouille et le tour était joué. Rayond’soleil est fan de Super Nanny qui je la cite « n’est pas sage et gentille avec les enfants  » (est-ce qu’elle a besoin de se convaincre que la bienveillance n’existe pas chez tout le monde? c’est curieux cette manie d’expérimenter ce qui est à l’opposé de sa propre vie) mais je n’ai pas pu me résoudre à lui offrir le coffret DVD…

 Noël, ça peut aussi être le casse tête, voir le crève cœur. Offrir des jouets de bébé à un ado, savoir que son enfant ne maîtrisera jamais le scrabble, imaginer ce que cela pourrait être. Mais je relativise. Elle est en vie, elle est belle comme un flocon de neige, elle est joyeuse comme une guirlande aux mille couleurs. 

Nous étions au rayon Playmomachin quand l’Amoureux a vu la lumière.

Rayond’soleil, comme beaucoup de ces enfants à la sensibilité particulière, est hypnotisée par la musique. Elle peut rester une heure devant le monsieur à l’accordéon, et mange des yeux le guitariste de l’école. Alors, sans y réfléchir au delà, après le Djembé de l’an dernier, on est passé à la caisse avec un clavier…

Oui, nous sommes des psychopathes. Des grands malades!

Mais si vous saviez comme chez nous l’ambiance vire vite Gypsy King avec Avalanche à la guitare (tendance Nirvana) et comme cela la met en joie.

Alors finalement, l’esprit de Noël c’est ça. Accepter aussi de se farcir les oreilles de fausses notes pour entendre son rire grimper jusqu’aux étoiles.

Noël ne sera plus jamais un moment de doute, parce que je sais au fond que le plus important ce n’est pas l’âge inscrit sur la isara denim.jpgboîte, ou ce qu’elle ne fait pas encore, le plus important c’est d’aller lui décrocher le soleil pour qu’elle brille encore plus fort.

Ayez confiance, gardez au fond de vous ce feu magique fait de Rayond’soleil et de poussière de fée. Gardez votre âme d’enfant, parce que les enfants, surtout ceux qui vivent ou côtoient la différence n’aiment qu’avec le cœur, et oublient leurs têtes, vivez ce moment à part de l’année dans la chaleur et la joie plutôt que dans les regrets et le chagrin.

Et j’ai envie de rajouter cette année, n’oubliez pas d’aimer les Autres, tous les autres. De tendre un sourire à la mémé d’à côté, un café au SDF du coin, une pièce à la dame qui fait les papiers cadeaux, de dire merci à ceux qui ont été bons avec vous, (et merde aux mauvais? Je sais pas à vous de voir). J’assume le côté bon sentiment, mais je n’en peux plus de ce monde qui déraille et en oublie son humanité…

Je reviens très vite avec un article sur l’empathie et l’intelligence différente 😉

En attendant, passez un très joyeux Noël!!!