0

Quasi grand

Il y a 11 ans de cela je prenais sur mon ventre 4kilos100 de bonheur.

J’allais sur mes 24 ans et je découvrais le bonheur brut, primaire et instinctif d’être mère.

Un bébé joufflu, ( tu parles, 4kg100 !! ) curieux, aux yeux immensément noirs.

Les frissons ont perduré avec les années qui ont passées. Les premières fois se sont succédées avec toujours dans mes yeux le même étonnement. On n’arrête jamais d’être mère.

Fière de lui, je l’ai toujours été. Première fan, absolument pas objective, je l’ai toujours trouvée beau, fort, intelligent, magique. On me l’a même reproché…C’est aussi surement un peu ca, être mère.

Je l’ai porté quelques mois, je lui ai tenu la main souvent. Encore aujourd’hui, tout pudique qu’il est, il me donne la main lors de nos jolies balades.
C’est le coeur gonflé d’amour que je l’ai vu devenir grand frere, une fois, puis deux. Lui qui n’attendait que cela… 

Je le sais parfois triste d’avoir une petite soeur handicapée. Triste pour son avenir à elle, déjà conscient que ce ne sera pas toujours facile.

La famille Chouette a ça de chouette qu’on peut parler sans tabou, sans larme au coeur. Il exprime et tourne la page.

Après quelques années difficiles, il a su trouver son equilibre et manger le bonheur à pleines dents ! 

C’est un presque jeune homme doux, sensible, brillant… Un presque jeune homme qui souffle des je t’aime à son petit frere, et rend le bras à sa petite soeur…

C’est le mien et je ne suis pas objective mais c’est un chouette gamin. Avec des qualités et des défauts il a fait de moi la mère que je suis. Il m’a appris. Tout.

Les couches les tétée le portage le vélo le mc do les premières notes à l’école les câlins la joie de lui transmettre le virus du basket le vide au fond du ventre quand il n’est pas là l’amour l’amour l’amour qui me mouille les yeux à chaque joli geste tendre qu’il sait me faire.

Il y a 11 ans, je devenais mère pour la 1ère fois. J’étais submergée d’émotions mais je ne savais rien.

Je ne savais pas qu’on pouvait mourir pour quelqu’un, qu’on pouvait haïr si fort ceux qui le feraient souffrir, qu’on pouvait imaginer tuer si besoin etait, qu’on pouvait être heureuse juste d’entendre son rire, qu’on pouvait être douloureuse quand il souffre, qu’on pouvait sentir son coeur fait le yoyo dans sa poitrine.

Mon Calme de lune, tu sais être un pré ado, te rebeller, raler, et te murer dans ton casque et la musique. Mais ne laisse jamais personne te dire que tu es autre chose qu’une belle personne. 

Tu as dit pas de photo, et je n’en mettrai pas.

Tu serais fou si je te disais publiquement que je t’aime…

Ne changes rien. Sois toi même. Juste ça. 

Love. Happy day.

Publicités
0

Âge d’or ? 

Rayond’soleil a eu 9 ans.

Ça se fête 9 ans. Comme 8 et 7 avant….

Elle a invité tous ses copains, les exveptionnels, les differents, les magiques.

On est allés chez sa Pote de danse qui organise des Zumb’anniversaire dans une super salle de danse.

Ambiance miroirs, copains, bougies et boom.

Ça change du parc intérieur. C’est adapté à leur âge même pour les enfants qui n’ont pas de gène foufou.

On s’est retrouvés. Nous les parents.

Ces anniversaires c’est aussi notre occasion de parents pour laisser un peu nos petits et boire un café.

Ambiance après fac, les soucis de la vie en plus. 

On s’est retrouvé au chaud dans le coeur de l’hiver auvergnat. On savait nos perles entre de bonnes mains, sensibilisées alors on avait confiance.

On a refait le monde, ambiance après fac, le handicap en plus…. On a parlé de nos différences. On est plein d’espoir.

Les enfants ont bien profité.  Nous aussi. Difficiles d’être « juste » des adultes. On a pas tous les mêmes soucis, pas tous la même vie… 

On est Plein d’espoir mais on a aussi un peu la trouille.

On les regarde grandir avec la boule dans le coin du bide.

Eux aujourd’hui si mignons, si attachants, quel avenir ont-ils ? 

Bien sûr, on évoque la question à demi mots. On n’est pas fous quand même. On a envie de croire au soleil. Après la pluie tout ça tout ça….

Je me demande combien d’anniversaire on va encore pouvoir fêter ensemble. C’est un peu comme si on vivait un âge d’or une parenthèse. Comme si on avait conscience de la fragilité de la chose. Comme si les pages se tournaient trop vite pour nous parfois.

N’empêche que tous les ans, ces discussions qui nous rendent un peu de normalité nous font du bien. 

1

9!

Bon sang, 9!

Nous sommes pile à 12 mois de la première dizaine!

9 ans que le soleil ne brille plus pareil, 9 ans qu’il n’est plus vraiment dans le ciel.

Le 20 janvier 2009 à 20h30, j’arrivais avec la banane à la maternité, après un bref détour par la boulangerie, on n’est jamais trop prudent.

Je savais que c’était le moment, depuis plusieurs heures, des contractions régulières. Douces, mais régulières. J’me sentais bien en arrivant dans le service, d’ailleurs passées les premières vérifications, il était déjà temps de descendre.

Arrivée dans l’ascenseur, première douleur. Je serre les dents, tu es bientôt là.

Je ne croyais pas si bien penser. J’ai à peine le temps de m’installer que tu pousses.

Tu es là. Minuscule. Tellement petite.  Un concentré.

Un regard d’un bleu abyssal. Je sombre dedans. Je sens déjà que quelque chose est différent. Sans mettre de mot dessus, sans savoir ce qui m’attend… Je m’évade de la mater au bout de deux jours, comme une droguée en manque de son aîné. Première bravade contre le monde médical.

9 ans! C’est fou comme le temps passe vite quand on aime.

C’est fou comme les batailles sont longues aussi parfois.

Je parle peu de nos combat, de ces moments difficiles que tu as eu à affronter. Sûrement parce que tu plaques un indéfectible sourire sur ton visage et que tu sèmes l’amour à tous les vents. Comment pourrai-je me plaindre d’une différence qui a toujours été ta normalité à toi? Pas de faux-self chez les génétiquement à part, tu es vraie, entière, Joie…Toi !

CSC_0178

J’évoque rarement les salles d’attente, ces minutes qui s’égrainent si lentement, ce temps sans diagnostic qui était une douleur à vif au fond de mes tripes.

Parce que tu m’as tant appris. La tolérance. La joie. La combativité.

J’ai une guerrière gravée dans le dos, synonyme des combats que j’ai menés, en partie pour toi. Tu en as une au fond du cœur, pas besoin de tatouage… Tu relèves tous les défis, avec enthousiasme malgré les difficultés que la vie t’impose. Quand tu fais 20 fois plus d’efforts pour le même résultat, tu pourrais être frustrée, et moi triste. Mais tu gardes la foi en toi, et moi, mon cœur enfle dans ma poitrine.

Tu m’as appris la différence. A la tolérer. A toutes les tolérer. A accepter les autres dans leur singularité. Quelle qu’elle soit. Ca a commencé toute petite. Aucun regard en biais, aucune moquerie, pas de différence de traitement justement… J’ai tant appris. Toute la famille en a profité pour nager dans une piscine de tolérance et de bienveillance.

Je dis souvent qu’on a de la chance, et je le pense sincèrement. Sans toi, on ne serait pas ceux que nous sommes. Le doux regard de ton aîné ne serait pas sensibilité. La fougue de ton petit frère ne se canaliserait pas dans le but ultime de te pousser en avant. Sans tes 46 cm posés sur mon ventre il y a exactement 9 ans à 20h50 ce 20 janvier, nous ne serions pas la famille Chouette…

Tu es Joie, fous rires et bonheur.

9 ans! Que tu m’apportes tant malgré les sales moments, malgré les doutes, malgré parfois les pleurs ravalés, rageusement.

Tu m’as donné l’amour de la vie, le goût de la bagarre aussi.

Garde ton smile ma petite Joie, il donne tant à ceux que tu croises. 

Garde ton empathie, ton amour des autres, ta soif de vivre vite et fort. 

Garde ton unicité mon Rayond’soleil.

DSC_0173.JPG

Happy Birthday mon Amour, ma p’tite Warrior, mon hyperactive au ralenti, ma Bulle…

Joyeux 9!

2

L’anniversaire…

Depuis le 21 janvier, j’ai envie de partager cet instant de vie très fort avec vous, mais je n’ai pas réussi à prendre la demi heure nécessaire à la rédaction de cet article… C’est chose faite, j’ai pu coucher les mots sur le papier…Bonne lecture!

Depuis deux ans, Rayond’soleil est sortie des sentiers battus. 

Mais depuis la moyenne section, on a toujours eu à cœur de la laisser fêter son anniversaire avec les copains. Hey, c’est pas parce que t’es pas pareille que t’as pas envie de choses terriblement banales, comme fêter ton anniversaire, avec les popains et les popines.

La dernière fois, on s’y est prises à l’avance elle et moi, pour avoir au moins la moitié de la classe!

Appliquée, elle a réfléchi 18 dixièmes de seconde et a choisi l’une de ces prisons pour parents, royaume des enfants, le parc Défiland (avec sa mascotte le raton laveur!)!

DSC_0048

Concentrée, elle a écrit les invitations.

Les semaines ont passé, sans réponse. ANGOISSE…

Faut dire que nos mômes, ils sont pas souvent invités quand ils sont mélangés, alors forcément, ça surprend un peu. 

Finalement seuls deux enfants ont manqués à l’appel sans prévenir.

Les autres étaient là, accompagnés de leurs parents, tendus.

Les parents tendus, parce que les enfants…Tout différents qu’ils puissent être, ils étaient aussi surexcités que les autres.

Avec Rayond’soleil, prévoyantes, on avait demandé que la table soit dressée en bas, pour ceux qui avaient le plus de difficultés motrices. A les voir sauter partout, le responsable a dû me prendre pour une belle baratineuse. 

Les papas et les mamans auraient pu laisser leurs petits, et épargner à leurs oreilles le bruit effroyable qu’il règne dans cet endroit, mais passées les premières minutes angoissantes et gênantes (on se croise peu finalement, pis on a beau dire, parfois le regard des gens pourrait être pesant) ils se sont tous détendus et ont décidé de rester, après tout, rien n’était prévu et les petits frères jouaient déjà allègrement dans la piscine à balle.

DSCF4902 (Copier)

Tournée de cafés! J’aurai bien offert les mojitos, mais y a que de la bière là bas, et je suis intolérante au gluten! Tant pis, peut-être qu’un jour on se fera des barbecues végétariens arrosés de rhum citron, entre parents parallèles…

Certains ne lâchaient pas leurs enfants des yeux, d’autres semblaient contents finalement d’être là. On s’est mis à discuter, à parler des progrès de l’un, des soucis de l’autre. Les enfants couraient cahin-caha, criaient en haut du toboggan pour qu’on les admire, et ont vite rappliqué quand l’animatrice a appelé leur groupe pour le gâteau. Sa tête était impayable quand elle a découvert que Rayond’soleil, se moquant des convenances, avait déjà ouvert tous ses cadeaux…. L’avantage, c’est que je ne me suis pas sentie forcée de m’excuser, hey, elle est DIFFÉRENTE non? Elle fait ce qu’elle veut!

Le meilleur moment, ça a été la photo la plus improbable de l’année! La rituelle en fin de journée, avec la mascotte. On a bien regardé les autres groupes-anniversaire, se mettre en rang d’oignons, et fixer l’objectif d’un « cheeeeeeeeeeeeese ». Puis est arrivé notre tour. Aucun enfant ne regarde l’objectif. Certains sourient, d’autres font la grimace, et finalement se dégage de cette photo un truc impensable. L’amitié qui les lie! Elle aurait pu être bizarre ou créer le malaise parce qu’elle n’est pas polissée, mais finalement cette photo, c’est le souvenir qu’ils se foutent pas mal des conventions nos mômes, tout ce qui compte pour eux, c’est l’amour et l’amitié, l’entraide aussi pour monter en haut du toboggan, ou pour vaincre sa peur de la mascotte, pour draguer le responsable dans l’idée de lui extorquer un Kinder, et des litres de sirop collant sur les joues…Tout ce qui leur importe, c’est d’être vrais!

DSCF4911 (Copier)

Nous les parents, on  a fini par se regarder et j’ai dit :

  • « putain mais regarde les nos mômes cabossés, parfois malmenés par la vie…Regarde les, t’as vu? »

  • « quDSCF4895 (Copier)oi? »

  • « Regarde mieux, t’as vu comme ils sont heureux? » 

 A ce moment là c’était la fin. On a eu l’air un peu soulagés (je vous rappelle le bruit?) comme tous les autres mais un peu tristes aussi. Alors on s’est dit qu’on allait fêter bientôt l’anniversaire du Petit Prince des Mers au même endroit. (et on l’a fait, de la même manière, avec les mêmes enfants, et les mêmes litres de café…). On s’est dit qu’on ressemblait un peu aux autres, mais que notre vie ne serait jamais la même que la leur. En arrivant, certains avaient peur du regard des autres, en repartant, on avait tous conscience du trésor qu’on avait mis au monde….

A mon Rayond’soleil je te dois quelques mots. Tu penses parfois que j’aurais préféré une petite fille pareille aux autres, avec des photos d’anniversaire toutes pareilles, que j’aurai voulu une vie tranquille. En vrai, je ne souhaite pour toi qu’une vie douce, et pleine d’amour. Je ne souhaite pas être une maman identique, je suis heureuse quand toi et tes frères êtes heureux, et grâce à vous 3, moi j’ai appris à sortir des sentiers battus…