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Porter les liens…

Handicap physique, handicap psychique, maladie, idéal dévasté, annonce…

Ca fait beaucoup pour un papa, pour une maman, pour un couple qui reçoit et accueille la nouvelle de la vie qui les attend.

Qu’est ce qui nous prépare à ce basculement, à cette bifurcation de nos vies ?

Etre parent est un défi, un bouleversement. Alors quand l’enfant qui arrive change votre vision du monde, encore plus qu’un autre enfant, quand il arrive trop tôt, dans votre vie, ou dans la sienne (prématurité), quand la précarité s’en mêle, c’est encore plus difficile.

Etre parent nécessite de grandes capacités d’adaptation, et un sens aigu des priorités.

Alors comment tisser un lien avec l’enfant qu’on n’a pas attendu ou auquel on ne s’attendait pas forcément ?

Chez les Petits Bonheurs, nous sommes convaincus que le portage peut vous aider.

Difficile de parler de handicap social, ou de handicap relationnel. Le mot est moche, il fait peur, il semble implacable et inexorable, éternel. Et pourtant, c’est le cas.

Il faut construire ou reconstruire.

Quand on a passé des mois à courir les cabinets de rééducation, à ne pas pouvoir ramener son bébé à la maison, à dormir en foyer mère enfant, sans savoir de quoi sera fait le lendemain, les liens se distendent parfois, et un coup de pouce bienveillant est le bienvenu.

Porter pour se rapprocher physiquement d’abord, le corps à corps d’abord, pour rouvrir les vannes de l’amour, pour la tendresse, et pour le bonheur.

Porter pour un cœur à cœur, tous sentiments dehors, les larmes de sa crise de rage à peine séchées, qui tracent des sillons sur ses joues aussi.

Porter contre soi quand il ne nous reste plus que ça pour tenir debout.

Porter quand la vie est une épreuve, et quand on la traverse comme des champions, malgré les embûches.

Le portage oblige à la proximité. Réparer le lien après une dure journée, créer le lien aussi parfois quand l’annonce a été trop brutale, trop impossible à entendre, à comprendre, à accepter…Accepter de tenir l’autre contre soi, c’est commencer à l’apprivoiser.

C’est dur n’est-ce-pas de se dire que parfois le lien parent-enfant est à créer ou à réinventer.

Et pourtant, il faut réussir à décomplexer ces parents désemparés par ce que la vie leur a donné (ou ce qu’ils pensent qu’elle leur a pris !). Oui, c’est difficile d’élever un enfant et à fortiori quand il est différent, ou quand vous même l’êtes puisqu’il y a aussi la pression du regard des autres.

Bien sûr que c’est un long chemin que la parentalité, surtout si vous même ‘avez pas connu les bras aimants, et une relation douce quand vous étiez petit. Le cercle peut être rompu. Vous pouvez décider d’en sortir, et nos mains seront tendues pour vous aider à vous aussi.

Lors de la première session de formation de Portage et Handicap, nous nous sommes  énormément questionnées sur le fait d’ouvrir nos portes aux couple parents enfants qui peinent à créer du lien, et des mots à mettre dessus. Nous avons décidé de rester discrets, as usual, et de ne pas mettre un mot tiroir sur ces difficultés qui sont multiples.

Ceci étant dit, si vous ressentez le besoin de nous contacter, soyez assurés que vous serez reçus avec empathie. Si vous êtes éducateurs, assistant social,… et que vous percevez un besoin, sentez vous libres de nous appeler pour venir en renfort. Même si le seul handicap c’est celui qui fait que vous ne vous sentez pas entier…Peu importe le mot, ne restez pas seul face à cette incompréhension !received_15334993301105611453347724.jpeg

 

 

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Tous tout seul…

Deux fois en deux jours que j’entends ce cri de détresse de parents :

 » Je crie toute la journée »; « les enfants c’est dur ».

Non, vous ne criez pas toute la journée, c’est physiquement impossible, oui les enfants c’est dur,  et être parent, si c’est le rôle d’une vie, ce n’est pas un rôle aisé…

Pourquoi est-ce si dur ?

Parce que nous sommes seuls face à nos enfants. Et comme l’exprimait très bien un papa, ce n’est pas habituel dans le monde, ce n’est pas la norme partout, loin s’en faut.

J’en ai déjà parlé dans mon dernier article sur la communication non violente, l’isolement des parents est un fléau.

Gardons en tête une chose, c’est pire pour les parents d’enfants handicapés, et pour les parents handicapés eux-même.

Stigmatisés, traumatisés par les liens sociaux délités, ces parents doivent faire face à une double difficulté : ils voguent de suivi en suivi, et ils se retrouvent bien seuls dans les salles d’attente.

Plus d’ami du tout parfois: ils ont fui (comme le disait hier une maman: devant les crises de  son enfant) effrayés peut-être par cette confrontation avec une difficile réalité, le handicap n’arrive pas qu’aux autres, la roulette russe de  la maladie génétique peut s’arrêter sur n’importe qui et votre enfant en est la preuve vivante et douloureuse…

La famille est bien plus occupée qu’avant. Avec le recul de l’âge de la retraite et la migration des populations (même à l’intérieur du pays) les conditions familiales ont évolué et ne sont plus les mêmes qu’avant. Seules deux générations vivent habituellement sous le même toit en France aujourd’hui (vous et vos enfants) , cette situation offrant peu de répit à des jeunes parents parfois épuisés, souvent démunis.

Encore une fois, le handicap se surajoute à la situation fragile de la parentalité.

Beaucoup de parents ne peuvent plus travailler, et la perte de lien social s’en retrouve augmentée.

Alors que faire me direz-vous ?

Sûrement pas rien.

Je crois qu’il faut renouer avec la solidarité, promouvoir les associations de périnatalité et de péri-parentalité, leur donner les clefs aussi pour qu’elles puissent répondre et s’adapter aux situations qui sortent de l’ordinaire, leur donner plus de lumière, plus d’espace.

Créer des cercles de paroles bienveillants, dans lesquels les parents pourront dire tout ce qui ne se dit pas sur la toile de peur de se faire lyncher publiquement, d’avouer l’inavouable, de dire la peur, le stress, la fatigue et le découragement….

Mais aussi de dire l’amour qui remonte toujours dans nos cœurs pour nous permettre de nous lever encore un matin.

Une main tendue dans la tourmente est toujours meilleure que le pied qui vous enfonce la tête sous l’eau. Savoir dire comme c’est dur nécessite un immense courage qui se doit d’être reconnu par tous…Pour pouvoir être ensuite transformer en impulsion!

je pense que Porter les petits bonheurs, Portage et Handicap, qui est le nom complet de notre association, va s’ouvrir à ce type d’événements, des groupes de paroles pour accompagner encore mieux les familles…Qu’en pensez-vous ?

 

 

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Porter à l’hôpital…

Handicap ou non, porter son enfant à l’hôpital peut s’avérer une nécessité pour lui ou pour nous.

La peur, la douleur, l’appréhension sont autant de raison de ne faire qu’un pour subsister dans ce monde qui n’est pas le nôtre et que nous pouvons ressentir comme hostile.

Je me souviens avec la sueur dans le dos des paroles de la puéricultrice alors que je venais de mettre au monde Calme de lune:

« Mais Madame, vous ne pouvez pas porter votre bébé dans le couloir. »

Alors là, elle m’en avait bouché un coin, je n’ai pas osé braver l’interdit et je n’ai jamais eu d’explication.

Deux ans d’expérience plus tard, j’arrivais à la maternité avec dans ma valise beaucoup de nourriture, et une écharpe Jeportemonbébé. Et qu’on vienne me chatouiller pour voir!

Là encore, quand il s’est agi de sortir du service pour aller passer une échographie, le même couplet: on ne porte pas son bébé. Bon ben tant pis, ils n’avaient qu’à déplacer le service en mater car je ne la poserai nulle part. Résistance.

Depuis, les mentalités ont évolué. On emmène très souvent l’enfant jusqu’à la porte du bloc opératoire, et les parents sont de plus en plus facilement acceptés en salle de soins. Bien entendu, rien n’est parfait et le temps manque souvent.

Concernant notre expérience récente, une amygdalectomie pour Avalanche en novembre, et les soins dentaires de Rayond’soleil hier. Donc deux enfants « grands » qui ont profité du portage post opératoire en sling

Pourquoi porter? Pour produire des endorphines, plein d’endorphines qui vont soulager la douleur et apaiser le petit porté. Pour renifler son odeur après une longue séparation aussi (nous aussi on a fabriqué plein de stress, et on a envie de se sentir mieux!!).

Ce qui nous freine? La peur d’être regardés de travers par l’équipe médicale. D’être pris pour des fous. Perso, le regard des gens, je m’en moque un peu. Parfois, on a aussi peur de prendre une réflexion, et là, j’ai peu de clefs, parce que soit je mords, soit je me tais, ce qui dans un cas comme dans l’autre n’est pas pédagogue pour deux sous.

J’essaie de plus en plus souvent de militer portage grâce à ma casquette de présidente, et de sensibiliser les équipes en amont des hospitalisations possibles. Cela me surprend toujours, mais ils sont plutôt compréhensifs quand ils comprennent aussi leur intérêt (le calme déjà!).

Concernant les deux dernières expériences, le portage a été bien accueilli par les deux équipes (puisque deux hôpitaux différents, sinon ce n’est pas drôle!).

L’équipe ORL a posé quelques questions, et dit à Avalanche qu’on devait être bien au creux de maman.

Hier, c’était une équipe spécialisée handicap. J’avoue que nous l’avons descendue dans son lit, et qu’ensuite, c’est le médecin qui l’a portée, enroulée dans un drap chaud(et les fesses à l’air!). Je suis allée jusqu’à la porte du bloc, et elle n’avait pas peur, et pas mal non plus.

Je sais que le médecin l’a gardée dans ses bras le temps de l’endormir, et que Zaza l’a tenue contre elle quand elle s’est réveillée, qu’on lui a laissé ôter elle-même les capteurs de rythme cardiaque, et qu’on l’a câlinée un peu beaucoup. Je suis descendue dès qu’elle s’est réveillée, accompagnée par Lénaïc, le brancardier.

Elle a été choyée, chouchoutée, et elle est devenue comme toujours la coqueluche de l’équipe en un demi clin d’œil. On m’a demandé si un diagnostic était posé sur ses maux avec beaucoup d’intérêt et de gentillesse, et on lui a fait 2000 bisous avant de me la rendre.

Remontée en chambre, elle avait un peu mal, et le goût du sang sur ses lèvres, elle « voulait moi » et elle ne voulait pas rester au lit, mais ne tenait pas tellement debout. Alors je l’ai naturellement installée en sling, et nous avons arpenté les couloirs durant une vingtaine de minutes (20 minutes sur une épaule à 33 kilos, c’est mon maximum!) sous le regard parfois un peu étonné des soignants, mais souvent attendri finalement.

Attendris ils étaient. Mais comment ne pas l’être quand on la voit, le visage enfoui dans mon cou, son petit nez frémissant de plaisir, les bras enlaçant ma nuque, caressant mon épaule et les yeux mi-clos, quand 5 minutes plus tôt, elle exprimait son mal-être?

Aucune réflexion. J’ai regretté de ne pas avoir pensé à prendre les flyers et le livret de l’association. Nous avons remercié tout le monde. Pour la bienveillance, pour les câlins, pour la patience aussi… Et nous sommes rentrées main dans la main à la maison, sereines, même si elle avait un peu les joues gonflées.

D’ailleurs, à l’instant, le service vient de m’appeler pour prendre des nouvelles de la demoiselle. C’est la première fois que cela nous arrive. « J’appelle pour savoir si tout va bien, si elle n’a pas mal, et si elle a bien dormi… » Ils lui font des bisous, et n’espèrent pas la revoir dans de telles conditions.

Comme quoi, des fois ça se passe bien aussi…

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Moi aussi, j’ai crié

Et moi aussi j’ai crié.

Après une énième confrontation avec Avalanche, j’ai crié.

Je l’ai envoyé dans sa chambre. Il a hurlé sur moi et j’ai crié plus fort que lui.

Maison de singes hurleurs.

Après une énième crise de Rayond’soleil, j’ai eu envie de me faire cuire la main à la place des courgettes. Comme ça, j’aurai vraiment su pourquoi ça réveillait chez moi toute cette agressivité. 

J’ai crié. Crié. 

J’ai eu envie de taper dans le mur. Et de dire des choses injustes.

Puis, comme tout le monde s’était calmé, j’ai eu honte.

Je me suis rappelée qu’ils n’étaient que des enfants. 

J’ai eu envie de pleurer, puis de me mettre des coups de bâtons. 

J’ai dit que je me sentais à mille lieues de la parentalité que je voulais mener : bienveillante, calme et douce.

J’ai pensé à ma copine qui se sentait tellement mauvaise la semaine dernière et à qui j’ai dit « Sois gentille avec toi même, ça commence par là… ».

Alors j’ai eu envie de crier que j’en avais marre des injonctions. 

Bigflo et Oli, ils disent  » y a pas de bon père, y a que des hommes qui font de leur mieux! », je pense que ça s’applique aussi aux mères.

  • J’ai envie de rêver d’une journée, seule, et sans personne sans  culpabiliser

  • J’ai envie que ma maison reste propre et rangée plus de 4 minutes et de me sentir raisonnable de le penser

  • J’ai envie d’entendre des rires à n’en plus finir et  que très très peu de chamaille

Je ne me crois pas mauvaise. 

D’ailleurs, je me suis excusée auprès des enfants. Dans cette maison, la règle de ne pas crier est trop peu respectée par chacun en ce moment.

Je leur ai dit quelque chose de très important aujourd’hui, juste avant de faire le burn out parental du 8 mai, quelque chose qu’ils vont retenir toute leur vie, enfin, j’espère. 

Je suis juste un être humain.

J’ai un idéal éducatif, et parfois, je m’en éloigne. Parce que je suis faillible.

Alors ça n’excuse rien, mais ça explique. Je ne suis pas parfaite, loin s’en faut. Difficile de l’admettre, encore plus en public. 

Et oui, je crie. C’est moche. 

Et je suis pourtant convaincue qu’en reconnaissant mes faiblesses, en montrant à mes enfants que je peux reconnaître mes erreurs, je leur enlève un poil de pression.

Elle peut crier sans que cela ne remette en cause en quelque sorte que ce soit l’amour ou l’estime que j’ai pour elle.

Il peut remettre en cause mon autorité, sans que cela ne remette en cause quoi que ce soit chez moi. 

Calme de lune peut claquer une porte tel un presqu’adolescent, et savoir que je pardonnerai, parce que des fois, moi aussi, j’ai les nerfs qui passent par dessus. 

Ils m’aiment même quand je crie. Ils préfèrent quand je ne crie pas, quand on fait des concours de chatouilles ou des batailles d’oreillers, quand je les porte sur mon coeur, et quand ils s’endorment sur mes genoux. Quand on peut manger le reste de la pâte à gâteau, même en en mettant partout autour de nos bouches et sur nos vêtements, quand on peut sauter dans les flaques, quand c’est pas si grave d’être en retard.

Ils m’ont tant appris sur le détachement…Et pourtant, j’ai tellement honte quand je ne suis pas la parfaite bienveillante que je voudrais être…

Bien sûr que mon ambition va au delà de garder mes enfants en vie. 

Bien sûr que chaque jour mon but c’est de passer une journée zen, détendue et pédagogique au possible. 

Bien sûr que si la vie était toujours toute rose, on le saurait!!

Oui, je souhaite les élever dans le respect de la bienveillance, de  la tolérance et de la non violence qu’elle soit verbale ou émotionnelle! 

Mais je suis une être humaine. Et l’humain est un animal.

Telle la louve, parfois je grogne après ma portée même si le plus souvent je les cajole. 

Et je commence à me dire que si je vis aussi mal ces moments où je craque, c’est à cause des injonctions. Les « sois parfait(e), à fortiori toi, la mère, à fortiori toi la mère d’un enfant différent ». Oui parce que la société, quand ton môme est différent, elle te le fait bien sentir que tu ne dois pas y être pour rien, et que tu pourrais faire des efforts, plus d’efforts, ENCORE plus d’efforts, pour qu’il rentre dans le moule quand même. 

Les injonctions sont en plus renforcées par les blogs, les compte insta, et les fils facebook.  Alors je ne dis pas qu’il faut se plaindre, mais à trop montrer les beaux moments, à trop prôner les beaux discours, on en oublie que la parentalité se fait de hauts et de bas. 

En réponse à ce courant de l’ultra bienveillance, parfois hyper rigide, prête à fondre sur toi, le pauvre parent pas parfait, on voit apparaître des pages sur lesquelles les parents se targuent d’élever leurs enfants à la dure, voir pire. 

Je trouve que c’est triste.

La parentalité est tellement propre à chaque famille. Il y a une manière différente par famille, parce que chaque parent est différent, et chaque enfant l’est aussi. Nous ne devrions pas nous juger aussi sévèrement. C’est dur, et ça demande de l’entraînement…

J’écris ces lignes avec Avalanche debout sur le siège derrière moi, et qui sautille joyeusement en chantant. Combien d’entre vous ne souhaiteraient pas ça? Combien se sentiraient inquiets à l’idée qu’il tombe? Combien trouveraient ça pénible d’avoir un enfant qui fait sauter le siège, obligeant vos yeux à se réadapter toutes les 2 secondes? 

Moi c’est la violence qui me hérisse et me fait souvent sur réagir. Chacun son talon d’Achille.  Et souvent, dans ces journées de cris, de culpabilité, la violence sous-jacente est là, tapie dans les coins sombres de la maison.

La culpabilité de ne pas être la mère parfaite que je voudrai être augmente encore la frustration. Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas. Elle augmente aussi ma colère face aux enfants, car malgré tous mes efforts, tout ce que je pense mettre en place pour leur faire plaisir,ils ne sont pas parfaits.

Si j’arrive à oublier les injonctions, j’arrive à passer par dessus la colère, à m’imposer un rituel pour sortir de ce cercle empoisonné. Les parents d’aujourd’hui sont moins entourés qu’avant. Et oui, même si belle-maman était parfois envahissante, elle était un relais pour les parents épuisés. Chaque médaille a son revers comme on dit! 

Si j’arrive aussi à ne pas leur prêter des intentions qui sont miennes, je diminue mon ressentiment. Eux, ils ont principalement besoin que je sois là. Ils ne réclament pas un programme à faire pâlir d’envie Paris Hilton. C’est moi qui me mets cette pression toute seule! 

On est tous des êtres humains, on a tous le droit à un peu de compassion, à une main tendue plutôt qu’un seau de jugements. La prochaine fois que je vois une maman hurler sur son petit au supermarché, je lui dirai juste un mot de compréhension, et je ferai en sorte d’être aussi bienveillante avec elle qu’avec lui, même si elle l’a giflé.

J’aimerai être toujours capable de ressentir cette empathie et en toutes circonstances mais il est vrai que c’est faux, je ne peux pas. Pas toujours. Et je suis bien la dernière personne à qui je pourrai l’accorder…

Il suffit parfois d’un mot, d’un regard, pour désamorcer parfois la situation.

Là, c’est Calme de lune qui me l’a offert, alors que je sentais que ma respiration se saccadait. « T’es en colère maman, et je comprends, on fait que se disputer! ». Il n’y avait pas d’excuse, pas de complaisance. Juste il reconnaissait mon sentiment. Les larmes me sont montées aux yeux, mais je n’ai pas pleuré. Juste je me suis sentie soulagée. 

Je me suis rappelée aussi comme il m’est facile de stopper net les colères d’Avalanche, en reconnaissant son sentiment, comme hier quand il s’est rendu compte que sa sœur avait pris le dernier Tinti moussant rouge… Il est devenu tout crispé, et a hurlé, tout nu dans la salle de bain qui résonnait. J’ai juste dit que je comprenais qu’il était déçu, vu qu’il avait déjà imaginé son bain moussant couleur de sang, et que ça le rendait triste. Il a vigoureusement acquiescé, et il est passé à autre choses, comme par magie. Cela ne m’a demandé aucun travail, aucune implication personnelle.

Parfois, j’ai juste envie aussi qu’on me dise qu’on comprend que je fais de mon mieux, et je suis frustrée que cela ne suffise pas toujours…Qu’on arrête de flageller les parents, parfois excités comme des puces, parfois épuisés, parfois découragés, parfois joyeux,parfois juste injustes mais quasi toujours aimants. Je vous assure, on fait de notre mieux…

Allez je vous laisse, on va allumer des bougies pour lutter contre l’orage, et laisser la pluie de mai laver nos mauvaises énergies pour repartir sur de plus jolies bases, sur de plus jolis mots, chuchotés de la plus jolie des façons, et on va se masser un peu, parce que du coup, j’ai beaucoup porté Rayond’soleil ce matin et que j’ai mal aux épaules…

Je ne parle pas bien sûr de devenir maltraitants, mais de ne pas se rajouter de la pression inutile et néfaste. 

Soyez pas parfaits les gens, sachez juste reconnaître que vous ne l’êtes pas, puisque vous êtes justes humains, et surtout, arrêtez de vous comparer, c’est vain, et vaniteux DSC_0626 (Copier) (Copier).JPG!

 

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La première session

Et voilà ça y est, on y est, j’y suis!

J’ai chargé tous les moyens de portage dans la voiture, j’ai mis les faux bébés aussi, j’ai mon cartable pro qui renferme mon précieux ordi, et tout le contenu de formation.

Je sens que je suis à l’aube de quelque chose.

Je connais les filles virtuellement, je sais qu’elles vont enrichir ma vie. Je n’imagine pas encore à quel point.

Je suis en terrain connu: une immense maison d’hôtes, perchée sur une colline auvergnate. Emplie de bonnes vibrations. Les enfants y seront libres de jouer, de courir et d’expérimenter. Gaëlle va même leur proposer un atelier peinture, mais je ne le sais pas encore.

J’ai les mains moites en montant dans la voiture, j’ai un peu le trac aussi.

En invitée d’honneur, nous nous offrons Château Coco.

Les attentes des participantes sont immenses…Vais-je être à la hauteur? Et si, finalement, en vrai, j’étais toute pourrie? Imagine, si elles étaient déçues…

Dans ma vie, ce type de questions, je me les pose tous les jours et pour tout! Assez bien, assez calée, assez bienveillante, maman d’une enfant assez handicapée pour me rendre légitime dans mon rôle de présidente de cette association que je porte à bout de bras aussi…  C’est dingue.

Finalement, j’y vais déguisée en personne, je suis moi-même en sortant de mon véhicule et la boule au ventre se dissipe vite.

Les 3 petites chouettes sont avec moi, mon reporter photo sur tout le week-end sera Calme de lune. Pourvu qu’il ne s’ennuie pas. Mon cobaye consentant? Rayond’soleil! Avalanche a annoncé qu’il venait pour jouer et profiter de moi, j’en suis comblée!

Calme de lune ne s’ennuiera pas et j’en serai encore plus émue. Il a 11 ans et le dimanche soir il me dit « C’était bien maman. C’est bien ce que vous faites, c’est important. J’ai aimé être là, je veux être là à chaque fois, je suis fier d’avoir apporté ma goutte d’eau. »

Il a 11 ans et la fibre associative frémissante… Il se rend compte comme nous pourrions être utiles…

Il a raison.

C’était bien.

Le programme de la formation est validé. Mais finalement, ce que je retiens ce sont les émotions intenses que cela a suscité chez moi, mais aussi chez les autres.

Quand je lance la présentation, je suis un peu timide, mais vite, les échanges prennent le dessus.

Le fait de pouvoir venir avec les enfants a vraiment été primordial, pour moi, comme pour deux des participantes. Le lieu s’y prête tout à fait, dans la bienveillance et la chaleur d’un foyer. Le temps est prévu suffisamment large pour les interruptions de nos loulous. Comment pourrai-je demander à une maman ou un papa de venir seul, quand moi je peine tant à m’y résoudre?

Les brainstorming sont allés bon train et j’avoue que j’ai bien dormi, samedi et dimanche, épuisée de tout cela. Je n’en retiens que du positif.

Des commentaires de Calme de lune à ceux des participantes, il n’y eu souvent qu’un pas.

De bonnes idées en petits tuyaux, nous avons pu échanger sur nos pratiques, et faire évoluer l’association avec nos discussions. S’enrichir des témoignages de chacune, tester et éprouver notre motivation et notre matériel, pousser les réflexions toujours plus loin.

On s’est plu virtuellement, et je crois qu’on s’est aimées dans la vraie vie.

La séparation avait le goût salé des larmes de tristesse, de celles de joie aussi.

Comme le début d’un nouveau quelque-chose.

J’étais à l’aube d’une nouvelle amitié, d’une nouvelle façon de transmettre les savoirs que je possède aussi. A l’aube de cette toute première session de formation de notre toute nouvelle école « Portage et Handicap ». Grandir mieux et ensemble pour aller plus loin, et prendre les gouttes d’eau de tous les petits colibris….

Merci:

Aux participantes pour TOUT y compris les échanges, les valeurs partagées et les câlins longs serrés fort sur le cœur

A Evelyne pour les photos professionnelles et son empathie

A Calme de lune pour les photos passionnelles et sa sincérité

A Rayond’soleil pour sa douceur et sa patience

A Avalanche, Sasha et Martin, pour leurs jeux et leurs surnoms mignons (les Saucisses vous embrassent)

A Gaëlle et Matthieu pour l’accueil, la bienveillance et la qualité de nos repas

Au bébé rouge et au bébé joyeux pour leur Zénitude

A Caro pour la transmission de la motivation

A nos donateurs de matériel spécifique pour leur générosité

A L’Amoureux pour son soutien indéfectible

Parce que sans vous tous je ne suis rien ni personne, merci à vous qui oeuvrez à votre niveau à nos côtés, qui portez chacun au moins une goutte d’eau…

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Ya pas de bons parents, ya que des gens qui font de leur mieux…

J’écoutais Bigflo et Oli ce matin, parce que j’aime bien. Et dans leur chanson « Papa » ils disent « y a pas de bons pères, y a que des hommes qui font de leur mieux ».

Cette phrase, elle résonne en moi.

Parce que certains jours, on est moins bienveillant et on culpabilise.

Parce que parfois le handicap c’est dur mais qu’on n’ose pas le dire. 

Parce que être un parent, même d’enfants en bonne santé, c’est pas toujours Ibiza…

Jusqu’à il y a peu, je me souciais beaucoup de ce qu’on pensait de moi.

A plusieurs reprises, les gens, et principalement ceux qui bossent avec moi, m’ont dit que de prime abord, je suis froide. 

C’est vrai. Mi hautaine, mi renfermée, il me faut du temps pour appréhender les autres. 

Cela me faisait de la peine de passer pour quelqu’un de froid, et pourtant aujourd’hui je l’accepte. Pourquoi? Parce que c’est moi. Timide, observatrice, prudente.

Je ne sais pas si je serai à l’aise quand on va se rencontrer l’an prochain au salon du portage. J’aime l’intimité de la rencontre, je crains la foule, et les compliments continuent de me paraître bizarres. Femme de l’ombre? Peut-être.

Et au final, on est ce que l’on est. Si on ne peut s’accorder un peu de bienveillance, personne ne le fera. 

Alors, je me suis détachée de l’adulte que je suis, et j’ai lâché la pression. Parce que le regard des autres, quand il pèse trop lourd, il est néfaste, il parasite les relations les plus importantes, il empoisonne mon moi profond. J’annonce de suite, on est pas obligé d’être d’accord avec ma façon d’être. Mais si je me respecte, et que je conserve mes valeurs, tant pis si cela dérange.

Oui des jours, je joue dans les bois, je saute dans les flaques, je supporte les râleries et je porte mes 28 kilos de soleil.

Et d’autres, je veux juste du temps pour me faire un masque, courir seule et oublier que j’ai des enfants.

Le handicap, c’est chronophage. On peut être de bonne volonté, d’un courage incommensurable et se draper dans sa cape de Superparent, c’est trop exigent.

On n’est pas des robots.

On n’a pas été préparé à être papa, ou maman. Alors papa ou maman parallèle?

On a tous nos parades. La mienne c’est l’ Amour et l’Optimisme (oui Carrefour a copié!). J’ai enfilé une armure couverte de cœurs et de bisous, et je ne la pose quasiment qu’au plus profond de la nuit. J’affronte, avec le sourire. Les joies, les peines, les chemins de traverse. J’en ai tellement fait mon leitmotiv, que je me culpabilisais énormément les jours où je ne me sentais pas à la hauteur.

Alors j’avais envie de vous dire qu’on peut pleurer de frustration face à un enfant qui hurle sans vous dire pourquoi. On peut avoir envie d’hiberner (et de devenir un ours pour manger les gens qui vous embêtent) face aux regards consternés des inconnus au supermarché parce que votre enfant court dans les rayons. On peut crier qu’on est fatigués. (par contre on ne peut pas taper le chien de la voisine, ni mordre le boulanger, sauf si le boulanger est votre mari et qu’il réclame!! et il est hors de question de lever la main sur les enfants) . On peut s’effondrer un peu quand on apprend que les progrès ne seront pas ceux espérés. On a même le droit de trouver des fois injuste cette vie parallèle que l’univers nous impose. Suffit de savoir revenir dessus quand on se sent mieux, d’expliquer, de mettre des mots, même face à un enfant qui n’en a pas. Ceci n’est nullement un appel à la colère, ou la valorisation de la non bienveillance. Juste que les émotions sont humaines et saines si on arrive à les exprimer.

Y a pas de bons parents, y a que des gens qui font de leur mieux….

On a aussi le droit de demander du temps pour soi. Pour son couple, pour sa petite pomme. Avant d’être au bout du rouleau.

Ce n’est pas facile de poser l’armure hein, on a un peu peur de s’écrouler tout à fait si on lâche une seconde. 

N’oubliez pas qu’après la pluie vient toujours l’arc en ciel, caressé par votre Rayond’soleil. Que la vie gagne toujours, et que chaque saison, si elle a son lot de peines et d’enquiquinements maximum, a aussi son lot de petits bonheurs du quotidien.

J’aime l’automne. On sort les blousons, on commence à s’enrouler dans nos Galies pour pas avoir froid au cou, le soleil pare la nature de mille couleurs, et les enfants sautent dans les flaques… J’aime l’automne parce qu’il apporte le changement.

Je pourrai vous faire la liste de toutes les choses que j’aime et qui me filent un coup de patte quand le moral est dans les chaussettes (Avalanche m’a demandé si ça me gênait pas trop pour marcher quand mon moral est dans mes chaussettes!!!), mais j’aimerai surtout que vous me disiez ce qui vous rend le sourire quand tout va mal? Ce qui vous aide quand vous ne vous sentez plus à la hauteur?DSC_1061.JPG

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La semaine contre la VEO, la bienveillance, tout ça tout ça…

C’est la semaine de la non violence éducative. 

Je suis triste qu’il y ait une semaine de la non-violence.

Ca fait longtemps que j’ai pas écrit qui fait débat. Je suis d’humeur…Massacrante! Alors je vous préviens, si c’est pour venir me taxer de bobo, de hippie, de laxiste, je vous arrête, j’ai pas envie de me battre. 

Chacun pense ce qu’il veut ok. Mais si battre sa femme, c’est la violence conjugale, battre son môme c’est de la violence parentale. Ca ne souffre pas d’objection. Donc à moins que vous ne considériez normal de taper sur tout ce qui vous contrarie, (et là je vous suggère de consulter avant de devoir aller en prison) ouvrez vos chakras, et détendez vous, on n’est pas là pour juger, mais pour discuter ensemble, de comment on peut devenir un parent qui ne malmène pas son enfant.

J’ai eu Calme de lune il y a de cela 9 ans. J’avais des rêves plein la tête, et j’avoue que j’ai eu un bol monstre, mon Calme de lune est un petit garçon facile. Trop facile même. On bosse dur avec lui, parce qu’il n’exprime presque jamais de colère, et je sais que s’il fait ça, c’est qu’il a des peurs. Rayond’soleil est arrivée deux ans plus tard. Beaucoup d’angoisses ont plané au dessus de sa petite tête chétive, et là encore, la non violence éducative a été assez facile. Mis à part les crises de rage qu’elle a pu me faire des années durant, les pleurs intarissables des 6 premiers mois, elle ne m’a pas « remuée ». Avec Avalanche, c’est une autre paire de manches. Perturbateur, frondeur, colérique, intense dans toutes ses émotions, cet enfant m’a énormément déstabilisée. Nombre de fois, j’ai eu envie de lui coller une calotte, qu’il s’arrête enfin!

Alors la non violence éducative, qu’est ce que c’est? Et surtout, pourquoi trouvons nous cela si difficile?

La non violence c’est le fait de ne pas se montrer violent. Jusque là, c’est facile, notre société a su brimer et juguler l’agressivité naturelle de l’homme, en imposant des codes sociaux.

Sauf que ce n’est pas du tout le cas dès lors qu’on parle d’éducation. Justement, on estime que battre son enfant n’est pas grave, il faut bien qu’on se fasse respecter non de non! Puis, il faut le dire, arrêter de réagir par la violence, avec des fessées ou des gifles n’est pas chose facile.

J’explique: quand, à bout de nerf, vous giflez votre enfant, c’est un réflexe. Si vous menacez pendant 10 minutes, et que vous finissez par le faire, c’est du conditionnement. On a presque tous pris des claques et des fessées, et si j’écris aujourd’hui, et que vous lisez, c’est qu’on n’en est pas morts hein! C’est l’argument choc des pro-fessée: on en est pas mort. Mais d’autres si. Oui oui, je vois arriver le débat. Entre mettre une fessée et battre son enfant à mort, il y a… Il y a quoi? Un engrenage? Un pétage de plomb plus explosif que les autres? Si on s’autorise à violenter un enfant, on a plus de risques d’aller trop loin que quelqu’un qui se l’interdit. 

On a déjà eu du bol, nous les trentenaires(coucou les copines quarantenaires :p ) parce que nos parents avaient abandonné les coups de martinet et les coups de ceinture( pour la plupart) et ne recouraient à la fessée qu’en ultime recours, signe déjà d’une évolution dans les mentalités.  Si je me souviens des fessées que j’ai reçues? Oui, elles n’étaient pas fréquentes, mais je ne peux pas dire que je les avais bien méritées, ni que j’en ai retiré un quelconque enseignement. J’ai eu la chance d’avoir une maman présente, et aimante, avec qui je pouvais dialoguer aisément (même si je m’y suis mise tard, au dialogue). Je sais aujourd’hui la pression mise sur les parents concernant l’éducation. Si j’ai déjà frapper un de mes enfants? Oui, je suis un être humain, et parfois ça m’est arrivé de craquer. Si j’ai honte? Oui, bien entendu! J’aurai du réagir autrement. C’était de bêtes tapes sur les fesses, mais quel intérêt? Alors qui suis-je pour donner des leçons? Personne, d’ailleurs, je n’en donne pas. Je suis convaincue du bien fondé de la non violence éducative, je suis convaincue aussi de grandir avec mes enfants, d’apprendre à être une maman bienveillante, au gré de mes expériences. Mes aînés ont un passif du côté de leur père qui fait que je m’interdis tout geste brusque. C’est l’extrême qui m’a fait prendre conscience que non, même pas une petite tape. Ce n’est pas possible, ça devrait être illégal.

Les automatismes font que je crie encore pas mal, la pleine conscience du pourquoi et du comment fait que je m’en rends de plus en compte rapidement compte. J’ai beaucoup plus de raisons de hurler sur les clients pénibles ou sur mon chef que sur mes enfants. Déjà parce que mes enfants, je les aime, alors que les sus-cités, ben pas tellement! Et puis, ils me font confiance. Et je suis responsable de leur intégrité physique. Crier, ou dire des choses méchantes peut être dévastateur pour un enfant. (estime de soi, repli…)

Quand on ne frappe pas son enfant, mais qu’on lui apprend les choses dans la tolérance et l’amour, on gagne son respect. Quand on lui impose les règles en le contraignant physiquement à obtempérer, on lui inspire la peur, la douleur, parfois le rejet, mais pas le respect! Je ne respecte pas celui que je crains, et je ne crains pas forcément celui que je respecte. L’enfant qui reçoit des coups va juste apprendre à dissimuler ses bêtises, ses fautes. Mes enfants se dénoncent facilement quand ils ont repeint un mur, ou cassé un pot de fleur, ou eu une mauvaise note. Parce que, si effectivement je me fâche pour le mur, je sors la pelle et la balayette pour le pot de fleur, et je cherche la raison de la mauvaise note (a-t-il appris sa leçon, l’a-t-il comprise, ai-je fait assez d’efforts moi même pour lui permettre de comprendre la leçon?), ils savent tous que la punition ne fait pas mal.

J’aimerai arriver à ne plus punir. Pour l’instant, je n’y arrive pas avec Avalanche. Il a tant de choses à apprendre, et tant de caractère que je ne sais pas comment gérer. En cas de crise colérique de l’un de nous deux, je sors de la pièce pour passer mon agressivité plus loin (en rageant, en tapant dans un coussin, en chantant DIAM’S). Si j’en arrive à brailler plus fort que lui, je sais que j’ai échoué dans la résolution du conflit. Je ne suis pas zen, je ne suis pas parfaite, il m’arrive même d’être dure et de passer des soirées entières à m’en vouloir d’avoir mal géré un problème. 

 

Et si la bienveillance commençait par soi même?

Je crois que j’ai trouvé la clef pour des rapports plus sains avec les enfants. Déjà, se détacher du regard des autres est primordial. Quand on juge un enfant qui pique une crise pour avoir une sucette, on entrevoit 1 minute de la vie de la famille, rien de plus. Et ce n’est pas parce que le parent cède qu’il est laxiste, le petit a peut-être eu une injection pour ses soins, un épisode douloureux à l’école, la perte d’un animal de compagnie, bref 1001 raisons de péter un câble, d’autant que son cerveau est immature et ne sait pas gérer la frustration. Quand on voit une mère de famille hurler sur sa fille de 4 ans et lever la main, on ne sait pas si elle n’a pas eu à subir d’autres épreuves dans sa journée. L’empathie bon sang, c’est la clef!

Et on n’est jamais bien servi que par soi même. Donc j’ai décidé d’être bienveillante avec moi même. Oui, je suis imparfaite, mais je pense que ça leur mettrait pas mal de pression à mes mômes si je faisais tout toujours parfaitement! Mais je sais reconnaître mes erreurs et chercher des solutions. Par exemple, je déteste voir bouder mon fils aîné. Je ne sais pas pourquoi, mais autant je suis à l’aise avec les colères monumentales du Terrible two du dernier, je ne sais pas réagir aux bouderies. Enfin, ça c’était la semaine dernière. Parce que j’ai réfléchi, et je me dis que je n’ai qu’à l’encourager à parler. Et que je ne dois pas juger ses raisons. Oui, je me casse en deux pour qu’ils passent de supers moments, on fait des milliers de choses qu’ils aiment et ils devraient se prosterner devant un autel à ma gloire. Mais il a 9 ans, et il a le droit d’être contrarié par ce que je vais considérer comme une broutille. Ca ne remet pas en cause les efforts que j’ai fait avant, ça ne veut pas dire que sa journée est nulle ou que je suis une mauvaise mère ou lui un mauvais fils. Quand j’ai décidé de ne pas me sentir agressée, visée par ses bouderies, j’ai pu les accueillir plus simplement, et me passer du sermon « tu te gâches la journée à tirer une tête de 6 pieds de long, et tu me pourris la mienne. »(suite auquel j’ai pleuré toute la soirée, parce qu’il avait pleurer aussi).  Il a le droit de ne pas être content, et ce n’est pas ma faute. Peut être est-ce lié, ou non, mais il boude moins (et s’exprime plus). 

Alors attention, être bienveillant avec soi même et reconnaître ses erreurs et s’en excuser ne vous empêche pas de tendre vers la bienveillance. Frapper son enfant et s’excuser après n’a aucun sens si vous recommencez chaque jour, chaque semaine, ou à chaque bêtise. 

Se poser et analyser les situations où votre enfant vous met hors de vous (faites ça le soir quand il dort, petit conseil, parce qu’en pleine crise ça ne servira à rien!!) pourra vous aider. 

D’ailleurs, on devrait voir les bêtises comme des expériences. Nous, on y arrive de plus en plus, parce qu’on a Rayond’soleil et qu’elle nous a bien ouvert l’esprit cette fillette là! Si vous attrapez votre enfant en train de faire une expérience, vous ressentez quoi? De l’amusement. Vous êtes amusé et émerveillé par ses progrès. Bien sûr, quand il multiplie les expériences, c’est fatiguant. J’essaie de ne pas punir les enfants, mais de réparer les bêtises. On ramasse la terre ensemble, on essuie le lait sur le carrelage ensemble. Parfois c’est vrai, on punit. Le mot de trop, l’insolence de trop, ou la morsure (rarissime mais qui arrive encore parfois) de trop. Je ne veux pas d’enfants parfaits, comme eux ne veulent pas de parents parfaits. On a tous le droit à l’erreur, tous le droit de mal faire, mais on ne devrait pas avoir le droit de faire mal, pas à l’enfant qui n’a que nous comme repère, modèle,protecteur…

Je serai demain à la Maison de chez nous à Vichel, pour animer une après midi sur la bienveillance éducative. Même si je suis convaincue que j’ai des progrès à faire, je sais aussi que je peux vous aider à mener une réflexion calme et en pleine conscience des difficultés que nous pouvons rencontrer, nous parents. N’hésitez pas à réagir à cet article, à me dire que ce cela remue en vous (ou pas) et à venir à notre rencontre demain si vous êtes dans le coin!

http://lamaison.cheznous.coop/evenement/gouter-dechanges-autour-de-la-bienveillance-educative/

 

On finit par une vieille photo de tireuses de langues, parce que vous n’imaginez pas comme n était contents quand elle a enfin su tirer la langue! (vivement qu’elle sache cracher tiens!)

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