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#portrait du jour…35

F est colère.

Non, vous n’avez pas mal lu et je ne me suis pas trompée, il n’y a pas de coquille. F n’est pas en colère, cela fait bien longtemps qu’il n’est plus en colère, qu’il a dépassé ce stade.

Il est colère. Tout son être le crie.

Même quand ses yeux se remplissent de larmes, même quand tout son corps trahit l’envie de se réfugier dans des bras amis, il exprime sa colère.

L’absurdité de la vie est une chose qu’il ne parvient pas à dépasser.

Et pourtant, il marche sur le fil. Il tient bon la barre.

F est chef d’entreprise et ça va mal. Et il n’a pas d’autre choix que celui d’avancer. Il n’a pas le choix. C’est une petite entreprise. Qu’il a construit, autour de laquelle il a bâti son monde. Et l’équilibre précaire qu’il maintient bon an mal an depuis plusieurs mois est menacé.

Il est à bout de forces, à bout de souffle. Son dernier sursaut est la colère. Il y met ses dernières réserves comme si elle seule le maintenait en vie.

Quand je lui ai demandé comment il allait, il a fui. J’ai insisté, et il a fui avec beaucoup plus d’assurance. Je n’ai pas voulu pousser, à quoi bon ? J’ai eu envie de lui faire un câlin, parce que les câlins ça soigne rien du tout mais ça fait du bien.

J’ai eu envie de crier que la vie est une connasse, que c’est pas juste, que pourquoi eux bordel, que ce serait bien que la roue tourne et que leurs peines s’achèvent enfin et je ne l’ai pas fait. Je l’ai pas fait, parce qu’il criait déjà tout ça en silence.

Je l’ai vu regarder sa femme avec adoration et admiration, j’ai senti à quel point il se sentait moins fort qu’elle et j’ai eu envie de lui dire qu’on répond aux coups durs avec les cartes qu’on a dans les mains. Qu’il est fort à sa façon et avec ses maux à lui.

Il en a des raisons d’être Colère. Il en a des tonnes. Et celles qu’il n’a pas, il les invente, il le sait, il le dit en souriant. Il sait que c’est ce qui lui permet d’avancer.

Il râle, il tempête, il grogne, il pourrait mordre, comme un animal blessé. Il gronde pour ne pas pleurer, pour ne pas laisser l’émotion l’envahir, pour ne pas baisser les bras.

Il vocifère pour ne pas sombrer. Il parle avec Colère, parce que deux petits mômes comptent sur lui pour être fort, pour ne pas abandonner, pour ne pas les laisser tomber, mais c’est dur, c’est dur parce que c’est d’une injustice folle.

Il a vu sa fille s’affaiblir de jour en jour, son fils s’étioler, sa femme s’épuiser. La situation n’est pas tenable, et pourtant il tient, ils tiennent. On fait aller. On n’a pas le choix dans de telles circonstances. Non on n’a pas le choix. C’est marche ou crève. Alors il marche, rageusement, mais il marche. Il se maintient à flot de la seule façon qui lui apparaisse viable, acceptable.

Et tant pis si les autres ne le comprennent pas. Personnellement, je ne comprends pas tellement que les autres se permettent de le juger dans un moment de son existence aussi souffrant, aussi difficile, aussi improbable et absurde. Le juger ou l’abandonner, l’oublier, faisant égoïstement fi de leur situation. J’en suis indignée, retournée, bouleversée par procuration.

Tout ce que j’espère, c’est que sa colère ne le noiera pas, qu’il continuera de saisir les mains qui se tendent, les minuscules bulles d’oxygène (ou de fumigène et je sais qu’il comprendra la blague) ou de vie normale qui se présenteront à lui, aussi longtemps que lui, sa femme, son fils adoré et sa fille vénérée en auront besoin.

Et je lui souhaite secrètement que la fin arrive, vite et heureuse. Parce que je le sens tellement à fleur que j’ai peur qu’il implose….

Still here for you.

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Les petites cases

Les jolies petites cases, rassurantes, classifiantes.

Celles qui nous dictent les comportements à adopter, celles qui nous enferment dès la toute petite enfance.

Il ne fait pas ses nuits, à 3 mois? Elle tête encore (!!!) à 12 ? Il marche déjà à 11 mois, pas encore à 15…

Déjà tout petit, il faut se conformer, entrer dans la moyenne. Ni basse, ni haute, tant qu’à faire. Pour ne déranger personne.

Vient ensuite l’école, où dès 3 ans il FAUT savoir vivre en société. C’est marrant, moi qui pensais bêtement que la vie en société pouvait s’apprendre là bas. Nan mais vous inquiétez pas, pour résoudre le problème de ces enfants complètement asociaux, JeanMichMich notre ministre a décidé qu’ils iraient TOUS à l’école (enfin non je crois qu’on reste à peu près sur une instruction obligatoire comme pour leurs aînés, mais je me demande ce qu’on apprend à des mouflets hauts comme 3 pommes sinon la vie, et euh avouons qu’on parle uniquement des 3% qui n’y allaient pas et que personne ne surveille jamais hein!!) avec les sous de vos maires, qui n’en avaient déjà plus !

Bon je m’égare mais les réformes successives qui brassent de l’air, enfoncent des portes ouvertes au lieu de réellement s’attaquer au sujet de fond (Cette INCLUSION que nous réclamons à corps et à cri depuis 100000 ans, au moins) m’énervent. Et si on parlait des 70% d’enfants autistes qui n’ont pas accès à l’école maternelle ? Oui 70 !!!!

79% seulement des enfants handicapés entre 3 et 6 ans pris en charge sont scolarisés. (21 % d’oubliés de JeanMichMich) et sur ce chiffre seuls 55% le sont à temps plein même en primaire….

Continuons. Si votre enfant est excellent en lecture mais traîne les pieds en calcul (ou l’inverse), on n’oubliera pas de vous dire qu’il est « en retard », dès le CP. Par contre s’il est en avance, on va vous accuser tranquillou de l’entraîner à la maison, et oh, il sort du cadre, le bougre !

Idem pour les passions dévorantes. La lutte devient le centre de sa vie, c’est bizarre non ? Comme l’histoire, et tout un tas de choses moins conventionnelles que le foot, il serait cool de garder à l’esprit que les passions des enfants c’est le foot pour les garçons et les poupées pour les filles. Zut à la fin, vous voulez en faire des originaux ou quoi ?

Je vous raconte pas mon propre malaise d’avoir été un garçon manqué pendant des années. J’aimais les voitures téléguidées et les cabanes dans les arbres, une vraie marginale. Tellement je me sentais rabaissée dans ce mot « manquée » que je racontais que je m’appelais Alexandre et que j’essayais de pisser debout. Bon ça n’a pas tenu au delà de la puberté comme stratagème, et j’ai été une fille du coup. Saleté de société binaire.

Restez, parce que j’ai pas fini !

Faut être moyen dans cette société. Rentrer dans une case.

Une jolie case qui te lâche pas non plus quand tu es un adulte. Tu dois être responsable. Ne joues pas, ne ris pas trop fort, fais la fête mais pas trop. Laisse tes émotions le plus profondément enfouies au fond de toi. Ne crie pas quand t’es fâché, ne dis pas quand t’es pas d’accord, ne pleure pas quand t’es triste, ne crie pas de joie ou de surprise. Tu m’étonnes que mon Avalanche sois déjà pris du syndrome de Peter Pan, moi aussi j’en veux.

Ne sois pas trop grosse, mais ne sois pas trop maigre. Pas trop sexy, et assez musclé quand même. Viril et aussi fragile.

Moyen en tout….

Le boulot ne t’épargne pas lui non plus avec ses propres cases, suite logique de tout ce qu’on t’a fait subir avant…Sois un bon petit soldat, rentre dans le rang et sois soumis aussi. C’est pour ton bien. Bosse et tais toi. Sois comme les autres. Sois créatif  mais pas trop quand même, ne bouscule pas l’ordre établi et ferme bien ta bouche surtout. Puis rappelle toi que si tu sors de la case, quelqu’un d’autre peut y rentrer à ta place. Bon petit soldat parfaitement interchangeable.

Et si la vraie révolte était dans la tolérance ?  Si la vraie richesse était dans la différence justement ? Je suis pas un bisounours (ah vous aviez vu ? ) et je sais qu’on ne peut pas être d’accord sur tout.

Je n’utilise plus que de loin en loin les réseaux sociaux, je ne m’y retrouve plus. On a tendance à voler vers l’entre-soi pour ne plus se confronter à ceux qui ne sont pas comme nous. Et si on a vraiment besoin d’appartenance, parce que c’est humain, je pense qu’il est dangereux de ne plus côtoyer que des personnes qui sont et pensent comme nous. Parce que cela ferme l’esprit. Et laisse la part belle aux cases justement, cases que je déteste, cases qui m’étouffent, m’enferment, et rendent la vie binaire. Homme/femme, Faible/fort, gentil/méchant, normal/anormal.

Les discriminations j’en peux plus, et elles sont encouragées par les réseaux, on le voit tous les jours !  On n’aime pas les homos, pas les femmes, pas les étrangers, pas les handicapés, pas les pauvres et pas les riches non plus. Ce n’est pas nouveau cette peur de l’autre, ce qui l’est c’est que la parole soit décomplexée au point que les gens l’affichent sur leurs murs. Hier, dans mon émission favorite il se disait que ce qui s’écrit sur les réseaux doit pouvoir se dire lors d’un dîner par exemple. J’irai plus loi, ça doit pouvoir s’afficher en 4 par 3 devant votre maison. Réfléchissez mieux.

Je suis différente. Différente de ma voisine, de mon boulanger, différente de ma collègue, de mon fils, de mon mari et de tous les autres humains.

On m’a demandé en dédicace la semaine passée ce qu’était la normalité et j’ai répondu que c’était une case dans laquelle on voulait absolument faire entrer tout le monde au pied de biche et je le pense. Je ne veux pas être normale. Je ne veux pas être enfermée dans une case et surtout, surtout je ne veux pas qu’on considère ma fille comme anormale. Vous pourriez penser que cela me fait de la peine mais non. Cela me met dans une rage folle. Elle FAIT PARTIE de la société elle aussi. Elle a le pouvoir de la changer. Tous les êtres « différents » que nous sommes l’ont. Bougeons-nous !

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Alors je me lance un nouveau défi en plus du projet photo, parce que je crois que je suis hyperactive en plus de pas être toute seule dans ma tête, c’est d’aller prôner la beauté de la différence partout où on voudra bien m’accueillir.

Parce que la différence de Rayond’soleil m’a faite grandir, m’a rendue plus belle (en dedans) j’ai envie de le partager avec les Autres.

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La loi anti-fessée..

La loi sur la fessée revient à l’assemblée…

C’est une bonne chose d’interdire la fessée, et je pense aussi que c’est une bonne chose de ne pas mettre en balance des punitions pour les parents « fautifs ».

Je vais vous dire pourquoi…

Quand on prône la bienveillance éducative, on sait que la punition renforce les sentiments négatifs. D’ailleurs, quand vous vous faites flasher à 61 km/h en ville, payer l’amende ne vous fait pas prendre subitement conscience que c’est mal. (Soit dit en passant, les notions de bien et de mal me chagrinent de plus en plus. Bref, je m’égare !) Non, vous êtes en colère contre celui qui vous a flashé, vous vous sentez honteux, coupable, en clair votre état émotionnel va de mal en pire.

Aller dire à des parents qui n’ont eu que ce modèle là d’éducation ( punition, fessée …) qu’ils font mal alors qu’ils n’arrivent pas à remettre en cause ce même modèle, puisque ce serait remettre en cause leurs parents est un non sens ! On ne force pas les gens à changer en claquant des doigts.

Il faut expliquer, calmement et avec bienveillance justement, que les neurosciences mettent en lumière de nouveaux faits : les punitions, les cris et les coups, même pas forts, même sur les vêtements ( OMG ) sont contre productifs et peuvent être nocifs pour les enfants. C’est un fait.

Mais savoir ne suffit pas.

Je sais que crier ne sert à rien, et que cela met mes enfants en position inconfortable. Et pourtant, je suis parfois démunie. Je crie même si je n’aime pas ça. Et à chaque fois, j’en sors plus culpabilisée et ambivalente que jamais. Je dis aussi parfois mes émotions, parfois bien, parfois mal.

Je n’ai pas toujours les clefs.

Encore moins avec une configuration familiale particulièrement épuisante teintée de handicap…

Alors, interdire c’est bien, éduquer c’est mieux.

Pour accompagner les parents dans cette transition, il va déjà falloir former les professionnels : si les médecins arrivent à nous parler avec bienveillance en nous responsabilisant dès la grossesse, on aura déjà bien avancé !

Impliquer les parents dans une nouvelle forme d’éducation bienveillante, c’est aussi la rendre accessible. Vous le voyez arriver le couplet sur la société qui nous met en compétition, écrasant vaillamment les plus faibles ? Le voilà !

Dans une société où les forts décident, que faire de nos enfants ? Un enfant ne décide pas, point barre !

Bon, sauf que si en fait. L’enfant décide plein de choses. Et si on lui apprend la coopération tout petit, l’enfant est notre allié et pas une sale bête à mater à tout prix ! Encore faut-il que nous puissions sortir de nos schémas de domination (tous les schémas) et ce n’est pas simple du tout, pour des adultes qui n’ont connu que ça.

Comment en sortir ? Je n’ai pas de solution toute prête, mais c’est un fait qu’il faudra plus de lieux ressources pour les parents, avec des accompagnants familiaux bien formés à la Communication Non Violente, et capables de transmettre. Sans contrainte et sans jugement.

Parce que le plus difficile dans la CNV et l’éducation non violente, c’est le regard des autres :

Les pros bienveillance sont parfois cruellement jugeants au moindre dérapage. S’il ne s’agit pas de cautionner le parent qui crie (aïe ça c’est moi mercredi) ou qui frappe l’enfant, il vaut mieux, à mon sens, lui apporter du soutien, des pistes de réussite future, plutôt que l’écraser encore plus, lui le faible, celui qui trouve ça dur d’être un parent, celui qui est finalement un humain. Je crois que c’est le plus dur à gérer pour moi après avoir crié : souvent j’exprime ma frustration, et les enfants grandissant, mes sentiments de manière plus fine, et plus directe. La volonté n’est pas de les culpabiliser, mais si je dis que j’ai du chagrin, mon coeur s’allège. Un peu.

Les anti quant à eux, vont traquer les dérapages de vos enfants. A la moindre incartade, votre éducation sera remise en cause. Ces enfants à qui on passe tout sont bien des enfants rois… Alors que c’est faux. De tout temps il y a eu des enfants plus difficiles que d’autres, et ce qui rend la jeunesse violente et désabusée, ce n’est pas l’éducation mais la société qui exclue... Bon je m’égare encore. L’enfant difficile va attirer les foudres de tout le cercle de connaissances de son parent. La famille, les amis et l’école…

 

Donc la première étape sera bien d’aider les parents à se libérer du joug du regard d’autrui. Dans tous les domaines ce serait royal…

Il faut laisser les mentalités changer doucement. On ne deviendra pas des génies de la bienveillance, on ne brisera pas le long cycle de violences éducatives en une seule génération.

C’est impossible. Ce ne doit pas cautionner les coups bien évidemment, mais cela doit nous permettre d’être indulgents avec nous même. On est avant tout des êtres humains avant d’être des parents. On a aussi des émotions, on peut les exprimer. Faut juste réussir à les exprimer autrement. Rien ne nous empêche de pousser un coup de gueule. Constructif. Et cela n’est pas simple de le faire, surtout quand on est vraiment fâché, surtout quand on peine à changer de vision.

Mais que faire face aux cris de l’enfant ? Je sais que parfois, ceux de Rayond’soleil pourraient me rendre dingue. On a aussi un droit de retrait. Le temps de se calmer nous même et de lui donner l’occasion d’y arriver seule. Je sais que nombre d’enfants dans la situation de ma fille peuvent faire d’énormes crises de colère, et que cela peut être très compliqué…Je le sais parce que je le vis…

Moi, ce qui me chamboule le plus, je l’avoue, c’est mon dernier, qui est persuadé d’avoir raison. J’oscille entre laisser tomber (il va bien s’en rendre compte que des fois il a tort) et la peur que la société le vive mal…. Alors les conflits sont usants. J’en souffre. Je le lui dis, il commence à entendre. Doucement.

C’est là toute l’ambivalence qui nous tombe dessus, on a peur que nos enfants ne puissent être ainsi entendus hors du cercle familial. Et c’est une réelle souffrance. Que fera cet enfant habitué à la discussion face à un adulte fermé ? D’où l’idée d’une loi et d’un accompagnement de tous vers une nouvelle forme de coopération.

On a aussi peur que nos enfants nous « mangent ». Là, c’est moins fondé, dans le sens où on a aussi le droit d’exprimer nos émotions. Les gens vont nous le dire.

Ici, un seul sur 3 est un vrai rebelle, tempétueux, indocile, et bigrement intelligent, de cette intelligence irrévérencieuse, qui se moque bien de l’autorité et encore plus de l’autoritarisme, à qui on n’impose rien qu’il n’aurait pas compris et qui refuse obstinément toutes les cases (et tant mieux) . Et je vois le regard porté sur lui par certains proches, et par des inconnus. J’arrive de plus en plus à ME distancier de cela. Mais mon cœur de mère sent que cela peut être un problème pour lui dans cette société.

Alors qu’un jour il sera un adulte, et que je dois lui donner les clefs pour être heureux, et en mesure de répondre aux regards ou aux reproches, avec bienveillance. Petit, ça s’apprend  bien sûr…Parce que pour un long temps encore, il sera incapable d’exprimer autrement ses sentiments négatifs, qu’en explosant.

Je regarde mon fils aîné, qui me dépassera avant 6 mois alors qu’il n’aura que 12 ans, et je me dis que s’il écoute mes conseils, se soumet parfois à une consigne, ce n’est pas par peur, mais par respect. Il est plus costaud que moi, et si la règle était la soumission par la violence, pour sûr que je perdrai déjà…. Qu’on perdrait tous.

La coopération est notre base. Alors comme je n’ai pas trouvé de photo où on se criait dessus, je vous livre une photo de tendresse, qui a suivi dans l’ordre : une balade à vélo sur la route, un match de foot où j’ai perdu, des enfants qui pêchent trop près de l’eau  et l’un d’eux qui n’écoute pas ma mise en garde …Et donc met le pied dans l’eau et nécessite le secours de son frère, une crise de larmes d’une petite fille parce qu’elle veut aller au parc « tout de souite » et une séance photo pour nos amis de la maison235….

 

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Et à celui qui me dira « j’ai pris des baffes et j’en suis pas mort » je répondrai 2 choses :

  • j’ai d’autres objectifs d’éducation que de simplement garder les enfants vivants
  • tu as de la chance, car 2 enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents. Interdire la fessée, c’est mettre un premier garde-fou, un premier warning à des parents parfois tellement déboussolés qu’ils ne voient que cette option, qui se durcit avec le temps…

Laissons nous le temps de changer, faisons confiance à nos enfants pour nous aider.

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Madame…Blabla S.CLUZEL

Dans la série têtue, obstinée et chiante, je me pose là. 

Bien lancée que je suis, je viens d’écrire un vrai courrier plein de colère à Madame la secrétaire d’état en charge des personnes handicapées…Le voilà (constatez que j’ai repris pas mal de passage de celle pour Madame MACRON dans la mesure où je me dis que tout le monde s’en bat l’œil correct de ce qu’on vit! ) :

Madame,

Permettez-moi tout d’abord de me présenter : Emilie Bouvier, 35 ans, 3 enfants, je travaille dans l’insertion professionnelle. Je suis également présidente de l’association Portage et Handicap. Portage, Handicap. Le second mot vous met-il sur la voie Madame ?

Ma fille, âgée de 9 ans, est née avec une maladie génétique ultra rare appelée syndrome de Xia-Gibbs, diagnostiquée alors qu’elle avait déjà 8 ans, par un examen presqu’aussi rare…L’Exome.

Je ne vous raconterai pas notre histoire Madame la première Dame, parce que je l’ai déjà racontée à monsieur MACRON, et que les répétitions m’énervent. Ma lettre faisait 6 pages, pesées, mesurées.

Pourquoi vous écrire alors ? J’ai écrit à Monsieur le Président Macron, celui là même qui sussurait à l’oreille des publics handicapés pendant sa campagne que nous serions la priorité du quinquennat, je lui ai écrit au mois de mars. J’ai relayé ma lettre sur les réseaux sociaux de mon association, elle a été portée auprès de quelques députés, je vous l’ai même transféré sur facebook. Le tout sans jamais avoir réussi à obtenir une réponse.

Je me demande si nous sommes vraiment votre priorité. Je me demande combien de temps encore je resterai dans le silence. Dans l’ombre avec mon enfant qui ne vote pas et qui ne voit rien de mieux pour son futur qu’avant les élections.

Madame, je vous ai joint la lettre que j’ai écrit à celui que vous appelez Emmanuel Macron pour m’éviter de tout réécrire.

Je ne suis pas qu’une mère. Le handicap est un combat que je me dois de mener pour ma fille, mais aussi pour ses frères, et pour tous les aidants qui n’ont plus de force, plus d’espoir, plus d’avenir. Je ne baisserai jamais les bras. Jamais.

J’écris souvent, j’écris beaucoup. Je vais même être publiée au début de l’année 2019. Je parle de ce handicap qui n’est pas qu’un gouffre sans fin, pas qu’une différence, pas qu’un chemin de traverse…Je tente de porter l’espoir, et je porte le changement.

J’ai des rêves pour ma fille d’un monde qui serait capable de ne pas la rejeter. J’ai l’impression encore une fois d’écrire dans le vent pour un gouvernement qui ne nous voit même pas. Concrètement, à part quelques annonces récentes et dont personne ne définit les contours, que s’est-il passé pour l’inclusion, dès la toute petite enfance et jusque dans la vieillesse pour les personnes en situation de handicap ? Où en sommes nous aujourd’hui ? Plus d’entreprises adaptées ? Mais quand ? Où ? Et comment ?

Je vous remercie de l’attention et votre réponse.

Je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.  

                Emilie BOUVIER, présidente d’une association, mère de famille, porte parole des épuisés….

 

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Moi aussi, j’ai crié

Et moi aussi j’ai crié.

Après une énième confrontation avec Avalanche, j’ai crié.

Je l’ai envoyé dans sa chambre. Il a hurlé sur moi et j’ai crié plus fort que lui.

Maison de singes hurleurs.

Après une énième crise de Rayond’soleil, j’ai eu envie de me faire cuire la main à la place des courgettes. Comme ça, j’aurai vraiment su pourquoi ça réveillait chez moi toute cette agressivité. 

J’ai crié. Crié. 

J’ai eu envie de taper dans le mur. Et de dire des choses injustes.

Puis, comme tout le monde s’était calmé, j’ai eu honte.

Je me suis rappelée qu’ils n’étaient que des enfants. 

J’ai eu envie de pleurer, puis de me mettre des coups de bâtons. 

J’ai dit que je me sentais à mille lieues de la parentalité que je voulais mener : bienveillante, calme et douce.

J’ai pensé à ma copine qui se sentait tellement mauvaise la semaine dernière et à qui j’ai dit « Sois gentille avec toi même, ça commence par là… ».

Alors j’ai eu envie de crier que j’en avais marre des injonctions. 

Bigflo et Oli, ils disent  » y a pas de bon père, y a que des hommes qui font de leur mieux! », je pense que ça s’applique aussi aux mères.

  • J’ai envie de rêver d’une journée, seule, et sans personne sans  culpabiliser

  • J’ai envie que ma maison reste propre et rangée plus de 4 minutes et de me sentir raisonnable de le penser

  • J’ai envie d’entendre des rires à n’en plus finir et  que très très peu de chamaille

Je ne me crois pas mauvaise. 

D’ailleurs, je me suis excusée auprès des enfants. Dans cette maison, la règle de ne pas crier est trop peu respectée par chacun en ce moment.

Je leur ai dit quelque chose de très important aujourd’hui, juste avant de faire le burn out parental du 8 mai, quelque chose qu’ils vont retenir toute leur vie, enfin, j’espère. 

Je suis juste un être humain.

J’ai un idéal éducatif, et parfois, je m’en éloigne. Parce que je suis faillible.

Alors ça n’excuse rien, mais ça explique. Je ne suis pas parfaite, loin s’en faut. Difficile de l’admettre, encore plus en public. 

Et oui, je crie. C’est moche. 

Et je suis pourtant convaincue qu’en reconnaissant mes faiblesses, en montrant à mes enfants que je peux reconnaître mes erreurs, je leur enlève un poil de pression.

Elle peut crier sans que cela ne remette en cause en quelque sorte que ce soit l’amour ou l’estime que j’ai pour elle.

Il peut remettre en cause mon autorité, sans que cela ne remette en cause quoi que ce soit chez moi. 

Calme de lune peut claquer une porte tel un presqu’adolescent, et savoir que je pardonnerai, parce que des fois, moi aussi, j’ai les nerfs qui passent par dessus. 

Ils m’aiment même quand je crie. Ils préfèrent quand je ne crie pas, quand on fait des concours de chatouilles ou des batailles d’oreillers, quand je les porte sur mon coeur, et quand ils s’endorment sur mes genoux. Quand on peut manger le reste de la pâte à gâteau, même en en mettant partout autour de nos bouches et sur nos vêtements, quand on peut sauter dans les flaques, quand c’est pas si grave d’être en retard.

Ils m’ont tant appris sur le détachement…Et pourtant, j’ai tellement honte quand je ne suis pas la parfaite bienveillante que je voudrais être…

Bien sûr que mon ambition va au delà de garder mes enfants en vie. 

Bien sûr que chaque jour mon but c’est de passer une journée zen, détendue et pédagogique au possible. 

Bien sûr que si la vie était toujours toute rose, on le saurait!!

Oui, je souhaite les élever dans le respect de la bienveillance, de  la tolérance et de la non violence qu’elle soit verbale ou émotionnelle! 

Mais je suis une être humaine. Et l’humain est un animal.

Telle la louve, parfois je grogne après ma portée même si le plus souvent je les cajole. 

Et je commence à me dire que si je vis aussi mal ces moments où je craque, c’est à cause des injonctions. Les « sois parfait(e), à fortiori toi, la mère, à fortiori toi la mère d’un enfant différent ». Oui parce que la société, quand ton môme est différent, elle te le fait bien sentir que tu ne dois pas y être pour rien, et que tu pourrais faire des efforts, plus d’efforts, ENCORE plus d’efforts, pour qu’il rentre dans le moule quand même. 

Les injonctions sont en plus renforcées par les blogs, les compte insta, et les fils facebook.  Alors je ne dis pas qu’il faut se plaindre, mais à trop montrer les beaux moments, à trop prôner les beaux discours, on en oublie que la parentalité se fait de hauts et de bas. 

En réponse à ce courant de l’ultra bienveillance, parfois hyper rigide, prête à fondre sur toi, le pauvre parent pas parfait, on voit apparaître des pages sur lesquelles les parents se targuent d’élever leurs enfants à la dure, voir pire. 

Je trouve que c’est triste.

La parentalité est tellement propre à chaque famille. Il y a une manière différente par famille, parce que chaque parent est différent, et chaque enfant l’est aussi. Nous ne devrions pas nous juger aussi sévèrement. C’est dur, et ça demande de l’entraînement…

J’écris ces lignes avec Avalanche debout sur le siège derrière moi, et qui sautille joyeusement en chantant. Combien d’entre vous ne souhaiteraient pas ça? Combien se sentiraient inquiets à l’idée qu’il tombe? Combien trouveraient ça pénible d’avoir un enfant qui fait sauter le siège, obligeant vos yeux à se réadapter toutes les 2 secondes? 

Moi c’est la violence qui me hérisse et me fait souvent sur réagir. Chacun son talon d’Achille.  Et souvent, dans ces journées de cris, de culpabilité, la violence sous-jacente est là, tapie dans les coins sombres de la maison.

La culpabilité de ne pas être la mère parfaite que je voudrai être augmente encore la frustration. Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas. Elle augmente aussi ma colère face aux enfants, car malgré tous mes efforts, tout ce que je pense mettre en place pour leur faire plaisir,ils ne sont pas parfaits.

Si j’arrive à oublier les injonctions, j’arrive à passer par dessus la colère, à m’imposer un rituel pour sortir de ce cercle empoisonné. Les parents d’aujourd’hui sont moins entourés qu’avant. Et oui, même si belle-maman était parfois envahissante, elle était un relais pour les parents épuisés. Chaque médaille a son revers comme on dit! 

Si j’arrive aussi à ne pas leur prêter des intentions qui sont miennes, je diminue mon ressentiment. Eux, ils ont principalement besoin que je sois là. Ils ne réclament pas un programme à faire pâlir d’envie Paris Hilton. C’est moi qui me mets cette pression toute seule! 

On est tous des êtres humains, on a tous le droit à un peu de compassion, à une main tendue plutôt qu’un seau de jugements. La prochaine fois que je vois une maman hurler sur son petit au supermarché, je lui dirai juste un mot de compréhension, et je ferai en sorte d’être aussi bienveillante avec elle qu’avec lui, même si elle l’a giflé.

J’aimerai être toujours capable de ressentir cette empathie et en toutes circonstances mais il est vrai que c’est faux, je ne peux pas. Pas toujours. Et je suis bien la dernière personne à qui je pourrai l’accorder…

Il suffit parfois d’un mot, d’un regard, pour désamorcer parfois la situation.

Là, c’est Calme de lune qui me l’a offert, alors que je sentais que ma respiration se saccadait. « T’es en colère maman, et je comprends, on fait que se disputer! ». Il n’y avait pas d’excuse, pas de complaisance. Juste il reconnaissait mon sentiment. Les larmes me sont montées aux yeux, mais je n’ai pas pleuré. Juste je me suis sentie soulagée. 

Je me suis rappelée aussi comme il m’est facile de stopper net les colères d’Avalanche, en reconnaissant son sentiment, comme hier quand il s’est rendu compte que sa sœur avait pris le dernier Tinti moussant rouge… Il est devenu tout crispé, et a hurlé, tout nu dans la salle de bain qui résonnait. J’ai juste dit que je comprenais qu’il était déçu, vu qu’il avait déjà imaginé son bain moussant couleur de sang, et que ça le rendait triste. Il a vigoureusement acquiescé, et il est passé à autre choses, comme par magie. Cela ne m’a demandé aucun travail, aucune implication personnelle.

Parfois, j’ai juste envie aussi qu’on me dise qu’on comprend que je fais de mon mieux, et je suis frustrée que cela ne suffise pas toujours…Qu’on arrête de flageller les parents, parfois excités comme des puces, parfois épuisés, parfois découragés, parfois joyeux,parfois juste injustes mais quasi toujours aimants. Je vous assure, on fait de notre mieux…

Allez je vous laisse, on va allumer des bougies pour lutter contre l’orage, et laisser la pluie de mai laver nos mauvaises énergies pour repartir sur de plus jolies bases, sur de plus jolis mots, chuchotés de la plus jolie des façons, et on va se masser un peu, parce que du coup, j’ai beaucoup porté Rayond’soleil ce matin et que j’ai mal aux épaules…

Je ne parle pas bien sûr de devenir maltraitants, mais de ne pas se rajouter de la pression inutile et néfaste. 

Soyez pas parfaits les gens, sachez juste reconnaître que vous ne l’êtes pas, puisque vous êtes justes humains, et surtout, arrêtez de vous comparer, c’est vain, et vaniteux DSC_0626 (Copier) (Copier).JPG!

 

2

Le coup de gueule de la rentrée 

La rage.


La colère.
Quand tout ce qui te tient les larmes en dedans c’est l’injustice complète qui te tord les boyaux.
Cette année,le taxi passe 40 minutes plus tard. C’est rien qu’un grain de sable dans l’organisation familiale. On part tous les deux avant 7h45. C’est tôt, mais cela nous permet aussi d’être là le soir.
On a envisagé pas mal de solutions et on a gardé l’idée du périscolaire, la seule viable.
Elle connait , elle l’a fréquenté jusqu’à ses 6 ans, puis les animateurs la kiffent, en même temps,normal, c’est Rayond’soleil…
Elle les connait bien, elle va au centre de loisirs, encadré par les mêmes personnes, et tout roule.
Parce qu’elle n’est pas à l’école du village, j’ai appelé monsieur le maire, il me semblait que c’était à lui de donner son accord.
Ce soir, je commence par lui, merci monsieur le maire.
Je ne fais pas partie des administrés très impliqués dans a vie du village, ni de ceux qui ont pu râler et donner leurs avis, je n’ai pas le temps.
Mais vous m’avez rappelée, et quand vous avez pris le temps d’écouter l’histoire de Rayond’soleil, je me suis sentie aussi visible que n’importe quelle famille normale.
Quand vous m’avez dit que vous n’y verriez aucun inconvénient, je me suis sentie aussi importante que n’importe quelle autre famille.
Quand le service scolaire de la mairie m’a rappelée, plein d’empathie et d’écoute, je me suis sentie une mère comme les autres.
Restait un détail, l’accord de la communauté de commune qui gère le périscolaire en ce moment, une pure formalité quand les animateurs, premiers concernés sont d’accord.
Et bien ce p^$ùin d’accord nous a été refusé. Comme par principe.
Le service scolaire de la mairie nous assure son soutien, et porte réclamation, ira avec le maire devant le président de la communauté de communes s’il le faut. Merci la mairie de Brassac!! On sait maintenant qu’on est parfois entouré de gens humains!
Le prétexte de la communauté de communes? Pas tellement clair. Ils ont commencé en disant que l’emploi d’une aide était pas concevable financièrement. Quand la mairie rétorque qu’elle n’en a pas besoin, ils s’embourbent! Ils me rappellent ce soir, et se retranche derrière un code de l’action sociale. Je l’ai lu, je n’y ai rien trouvé. J’ai mis une amie au cœur gros comme ça, et qui s’y connait en droit, sur le coup, des fois qu’elle trouve ce fameux article qui INTERDIT la prise en charge de ma fille dans ce fameux code. L’impression de me faire enfumer. 

Alors écoutez moi bien, messieurs les communs de la comcom, ça ne va pas se passer comme ça. S’il faut alerter les médias et les associations de défense des droits des personnes handicapées, je le ferai.
Et vous me dites que vraisemblablement, notre dérogation passera. Mais pour que ce soit une dérogation, il faudrait outrepasser une règle! LAQUELLE???

Alors quoi? On pointe le handicap? Pour le plaisir? On se dit que les parents découragés vont se démerder autrement? Je suis en colère MERD*! Moi j’ai la rage, je prends le clavier, la plume, le téléphone et je remuerai tout ceux qui le méritent pour obtenir l’accueil de mon enfant handicapé.

J’ai mon maire derrière moi…

Mais je pense aux autres familles qui ont moins de chance que nous ? Car je n’en doute pas, ça va se régler cette affaire, et elle ira au périscolaire.
On fait quoi ? Quand personne ne souhaite s’encombrer de l’enfant ? On arrête de bosser ? On ARRETE DE BOSSER? ON ASSUME NOS MIOCHES C’EST CA? 
Alors ça va se savoir. Je vais faire remonter, aux médias, au ministère. Notre président qui semblait si préoccupé par le handicap… Elles sont où les solutions? 

Pourquoi on se sent toujours tout seul? Pourquoi on se sent toujours visés? Désignés? Mis au banc??


Parce que, putaù^$, c’est vraiment pas juste de toujours devoir se bagarrer comme ça, pour tout, pour rien, pour ce qui devrait être normal pour nous aussi !
Non, elle ne peut pas suivre en système classique…Et alors ? Cela ne lui confère pas moins de valeur !
Il est où le monde plus beau ? (le 1er qui dit dans ton c** je le plume !). Elles sont où vos responsabilités messieurs mesdames les bureaucrates calés loin de notre réalité?? Qui va se secouer et accepter un peu de prendre le risque d’améliorer la qualité d’accueil de nos mômes ?
FIGHT. C’est mon seul mot d’ordre. C’est parfois aussi mon seul maux…

Petite boxeuse a mis son casque, elle sait que j’encaisse les coups pour 2 mais se prépare au combat…

2

J’ai 10 ans!

Ma petite Emilie, nous sommes en 2006, et ton test vient de virer au rose. Tu es enceinte de deux barres, un truc de fou. 

Joie et peur se mêlent.

Ne t’en fais pas, ton bébé va bien. D’ailleurs il sera magnifique, et ne crois pas la gynéco qui t’annonce un bébé rachitique, ce sera un beau bébé, tout rond. Je te garde la surprise pour le poids. Tu l’appelleras comme tu l’as toujours voulu.

Dans deux ans, tu remettras ça…

Ce que je veux te dire? Accroches toi ma belle. Ça va être raide.

Ton prince charmant est un crapaud. Tu vas le quitter en 2009, soulagée et la rage au bide.

Ta princesse est une guerrière. Ouais rien que ça. Elle va t’apprendre la colère, et l’amour. Et la tolérance aussi. 

Tu vas faire de belles rencontres, tu vas perdre quelques amis. C’est la vie.

Tu vas surtout apprendre à te connaître, apprendre à te faire confiance et à te bagarrer comme une lionne.

T’es bien insouciante Emilie, profites-en! Parce qu’après, rien ne sera plus pareil. Tu vas rentrer dans un monde de fous, celui des parents. Dans le club sélect des parents d’enfants différents aussi. Tu vas connaître l’espoir, les doutes, les salles d’attente colorées, et d’autres moins. Tu vas goûter au mystère insondable de la génétique. Tu vas prendre des décisions, et oui, toi! Elles seront bonnes, aies confiance en toi. Tu ne vas pas apprendre facilement à y croire, mais tu vas y arriver, je te jure. Allez souris, je sais que tu ne t’en sens pas capable, mais si la vie a choisi ce chemin là pour toi, c’est qu’il y a une raison. Ne sois pas triste, ce n’est pas grave, et elle est en vie! C’est énorme ça!

Accroches toi, y aura des journées difficiles, lourdes de colères, salées par tes larmes. La vie peut parfois être mesquine. Tu gagneras, tu y gagneras. Bats toi, toujours plus fort et avec toujours plus de rage. Pour toi, pour tes petits. Tu y arriveras, je te jure! Quand tu auras l’impression que tout se déchaîne contre toi, rappelles toi, que tu en es capable, tu vas traverser tout ça, et la tête haute en plus! Crois en toi, parce que certains jours, il ne te restera que ça…

Sourires. C’est le mot qui marquera le plus souvent tes journées. Tu auras une troisième merveille, un dernier trésor, un petit trait d’union. Encore une fois, accroches toi, il va déménager sévère ton trésor! Mais vous finirez par avoir la paix, crois y très fort, fais moi confiance. 

Tu vas apprendre à t’aimer un petit peu, tu auras confiance en toi un tout petit peu. Tu vas croquer la vie, pour pas que ça te bouffe! Aujourd’hui, j’ai 10 ans! Joyeux anniversaire de maman moi même!

 

 

Ma vieille, nous sommes en 2026, et tu as passé la quarantaine. Alors ce que je veux te dire, c’est qu’aujourd’hui je ne sais pas où j’en suis, mais j’espère qu’on aura trouvé notre voie. Je sais que tu as eu le diag pour Rayond’soleil, je ne sais pas vraiment quand et j’espère que cela t’aura apaisée au moins un peu.J’espère que tu n’es pas encore dans le vague, que vous appartenez enfin à un petit groupe… 

La maison est pleine d’ados,tu es contente, j’ai tellement hâte d’y être, de les voir affalés dans le canapé avec leurs amis et leurs amoureux… J’imagine les conversations sensées, et les crises de colère impromptues. Je sais que ça te plaît, tu ne l’avoueras jamais. Calme de lune est majeur, c’est dingue ça! Tu te rappelles y a 20 ans quand ton test est passé au rose! C’était hier! Quel chemin parcouru!! Avalanche a 13 ans, j’espère que tes prémonitions se sont réalisées, et qu’il est épanoui. Rayond’soleil a 17 ans, as-tu réussi à lui apprendre à se servir d’une mooncup? Tu te rappelles comme ça te flippait en 2016 les premières règles à venir de ton bébé? 

Te concernant, j’espère que tu t’aimes un peu plus, que tu as enfin réussi à être bienveillante avec toi même, je t’ai laissée sur le bon chemin…J’espère que tu n’erres plus professionnellement, la situation n’était pas jolie jolie en 2016, tant de remises en question, pour tant de raisons différentes! Mais tu tenais le bon bout, je crois en toi, en moi. Ressembles tu encore plus à Maman? Je pense, à 33 ans tu avais déjà les cheveux poivre et sel typique de la famille! Et cette drôle de couleur des yeux qui change selon l’humeur aussi…

J’espère que tu as trouvé la paix intérieure ma vieille 😉 ,c’est tout le mal que je me souhaite pour tes 20 ans!

 

 

Et vous, que diriez vous à la personne que vous étiez il y a 10 ans? Ou à celle que vous serez dans 10 ans? Dites le moi en commentaires 🙂

PENTAX Image

cette photo vous l’aurez compris ne date pas de dix ans, mais de presque 7…