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#portrait du jour…47

C est une amie. La quarantaine facile.

Belle, la mèche rebelle, elle a une classe folle dont elle a une totale conscience.

Et pourtant, malgré cela, qu’est-ce-qu’elle peut douter ! C’est un truc de dingue.

La vie n’a pas toujours été douce et paisible pour autant. Elle a traversé des difficultés terribles, de celles qui entament la féminité, la maternité.

Elle n’en parle que peu, forcément, ce n’est pas le sujet qu’on aborde facilement entre le fromage et le dessert.

J’ai mon imagination qui fonctionne pour combler le manque d’information… Je sais malgré tout que le ventre est longtemps resté vide. Vide. Désespérément.

Je la rencontre néanmoins après la naissance de son premier enfant. Et nous nous rapprochons au fil des années.

Son fils a l’âge de mon aîné, il est doux et gracile. C’est un gentil petit gars.

L’envie du second se fait forcément sentir et là, le couperet tombe, acéré, violent et dévastateur : impossible de tenter une autre FIV, son corps a visiblement renoncé.

Le sel des larmes, la colère de l’incompréhension, puis la résignation.

Et un jour, la Nature redevient cette farceuse que chacun peut connaître et rencontrer un jour. Quand elle a eu enfin tirer un trait sur ce petit bébé tant désiré, il a pointé le bout de nez le plus naturellement du monde. Comme une fleur, comme une adorable surprise.

Et pourtant, elle a douté. Elle en avait fait le deuil et il est là, dans son ventre. Un peu comme Alien, un peu comme un invité imprévu qui mange trop de gâteaux à l’anniversaire de tonton Maurice.

Et malgré ses peurs et ses doutes, elle a décidé avec son amoureux d’accueillir ce bébé tant désiré dont elle avait fait le deuil et qui s’est pointé déjouant les pronostics.

Et puis il est né. Soulevant avec lui la poussière balayée sous le tapis. Réveillant les angoisses, latentes et pourtant bien présentes. Je me souviens du calvaire de l’allaitement. Et de ses larmes. Je me souviens avoir su intimement ce qui se jouait.

Elle a réparé l’échec avec le portage, comme un animal, comme un lémurien. Elle l’a porté tout contre son cœur, puis sur son dos, comme un koala.

Elle a continué de se faire du souci, pour un oui, pour un non. Le développement, l’alimentation, les mots, les gestes… Tout lui fait souci. Tout le temps…

Les frangins ont grandi, la maman aussi, du mieux qu’elle peut.

A-t-elle gardé en elle les séquelles de ses difficultés à déposer ces deux jolis jeunes hommes au creux de sa maison ou est-elle profondément comme ça ? Je ne le sais pas.

Ce que je sais, c’est qu’elle a le swag, et que ça pourrait être tellement énervant mais que cette façon qu’elle a de n’être jamais assurée la rend tellement touchante, douce, humaine.

C moi je te dirai de toujours douter pour eux, mais de ne plus douter de la maman que tu es. Tu y arrives formidablement bien parce que justement tu n’es jamais convaincue d’être dans le vrai à 100%, parce que tu veux le mieux pour eux, parce que tu te remets en question, et l’éducation que tu as reçue avec ! Tu le sais soeurette, je t’aime gros comme ça, et surement que si tu avais été sûre de toi je ne t’aurai même pas regardée !

 

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