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#portrait du jour…18

Elle s’assoit face à moi une heure par semaine, une semaine sur deux.

Elle s’assoit face à moi pour trouver un travail, mais jamais, jamais encore nous n’avons pu parler de travail.

Il y a toujours, toujours quelque chose de difficile à sortir.

La partie de la famille restée sur son île, à laquelle elle pense et pour laquelle elle s’inquiète.

L’appartement trop grand, trop cher et bien trop mal isolé qui la rend chèvre, parce que le bailleur peine à trouver plus petit. Et oui, on eût pu penser l’inverse…

Avant chaque entretien, je me fais la promesse absurde, que cette fois, c’est sûr, on parlera emploi, travail, projet professionnel. Et à chaque entretien, mes plans s’effondrent, quelque chose foire.

Elle roule ses yeux en arrière et part d’un grand rire de gorge. Parfois, elle m’inquiète.

A chaque entretien, je me dis qu’il y a quelque chose à faire, un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à poser le doigt. A chaque fois, je tente de garder le contrôle de l’entretien. Et pourtant, je sais que pour la toucher, je dois la laisser dire tout ce qui lui passe par la tête.

C’est le destin, dramatique, qui m’ouvre les portes de son esprit (et les yeux aussi).

J’avais hésité à entamer l’accompagnement. On a tous des limites personnelles et des champs de compétences bien définis.

Le destin dramatique l’a jetée dans mon bureau hier, dévastée. Et j’ai eu toute l’histoire par le menu. En commençant par la fin bien sûr.

Il m’a fallu du temps pour tout remettre dans le bon sens, pour avancer chronologiquement dans ces morceaux de phrases illogiques, absurdes.

Il m’a fallu de la patience pour entreprendre de la remettre dans le bon sens. On a toujours l’impression de devoir recoller un peu les gens avant qu’ils ne sortent du bureau. Elle était toute cassée et elle riait une phrase sur deux.

J’ai dû passer par dessus mes propres mécanismes de défense pour comprendre que ces rires indécents étaient sa manière à elle de continuer d’avancer, de tenir debout malgré tout ce que la vie lui a envoyé. J’ai posé une main sur son bras.

J’ai demandé si elle avait pu être entourée, choyée, accompagnée.

Non. Même pas. L’épreuve est terrible et pourtant, la médecine ne prend pas le temps de l’écouter. Alors elle échoue dans mon bureau. Elle sait que je ne suis pas la mieux placée pour l’aider, mais elle sait aussi que je vais prendre le temps de l’écouter.

Alors elle déverse. TOUT. Je reste stoïque, la tête penchée sur le côté dans une douce invitation à déposer. Je ne vous dirai pas ce qui lui arrive, il me faudrait réussir à le poser moi-même et à le remettre à l’endroit, et je ne pense pas que vous puissiez tous le recevoir. Je n’ai pas eu le choix, alors j’ai pris les bagages qu’elle avait posés, et je m’en suis débrouillé, comme j’ai pu.

Je crois bien qu’elle est repartie un poil plus légère, malgré la situation que je n’avais pas pu débloquer, parce que seul le temps pourra apaiser sa peine. Le temps et une écoute qualitative. J’ai bien dit qu’il faudrait passer le flambeau, que je n’avais pas les compétences. Elle a entendu mais pas écouté, ou alors l’inverse.

Seul le temps pourra m’aider à lui faire accepter les choses…

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La loi anti-fessée..

La loi sur la fessée revient à l’assemblée…

C’est une bonne chose d’interdire la fessée, et je pense aussi que c’est une bonne chose de ne pas mettre en balance des punitions pour les parents « fautifs ».

Je vais vous dire pourquoi…

Quand on prône la bienveillance éducative, on sait que la punition renforce les sentiments négatifs. D’ailleurs, quand vous vous faites flasher à 61 km/h en ville, payer l’amende ne vous fait pas prendre subitement conscience que c’est mal. (Soit dit en passant, les notions de bien et de mal me chagrinent de plus en plus. Bref, je m’égare !) Non, vous êtes en colère contre celui qui vous a flashé, vous vous sentez honteux, coupable, en clair votre état émotionnel va de mal en pire.

Aller dire à des parents qui n’ont eu que ce modèle là d’éducation ( punition, fessée …) qu’ils font mal alors qu’ils n’arrivent pas à remettre en cause ce même modèle, puisque ce serait remettre en cause leurs parents est un non sens ! On ne force pas les gens à changer en claquant des doigts.

Il faut expliquer, calmement et avec bienveillance justement, que les neurosciences mettent en lumière de nouveaux faits : les punitions, les cris et les coups, même pas forts, même sur les vêtements ( OMG ) sont contre productifs et peuvent être nocifs pour les enfants. C’est un fait.

Mais savoir ne suffit pas.

Je sais que crier ne sert à rien, et que cela met mes enfants en position inconfortable. Et pourtant, je suis parfois démunie. Je crie même si je n’aime pas ça. Et à chaque fois, j’en sors plus culpabilisée et ambivalente que jamais. Je dis aussi parfois mes émotions, parfois bien, parfois mal.

Je n’ai pas toujours les clefs.

Encore moins avec une configuration familiale particulièrement épuisante teintée de handicap…

Alors, interdire c’est bien, éduquer c’est mieux.

Pour accompagner les parents dans cette transition, il va déjà falloir former les professionnels : si les médecins arrivent à nous parler avec bienveillance en nous responsabilisant dès la grossesse, on aura déjà bien avancé !

Impliquer les parents dans une nouvelle forme d’éducation bienveillante, c’est aussi la rendre accessible. Vous le voyez arriver le couplet sur la société qui nous met en compétition, écrasant vaillamment les plus faibles ? Le voilà !

Dans une société où les forts décident, que faire de nos enfants ? Un enfant ne décide pas, point barre !

Bon, sauf que si en fait. L’enfant décide plein de choses. Et si on lui apprend la coopération tout petit, l’enfant est notre allié et pas une sale bête à mater à tout prix ! Encore faut-il que nous puissions sortir de nos schémas de domination (tous les schémas) et ce n’est pas simple du tout, pour des adultes qui n’ont connu que ça.

Comment en sortir ? Je n’ai pas de solution toute prête, mais c’est un fait qu’il faudra plus de lieux ressources pour les parents, avec des accompagnants familiaux bien formés à la Communication Non Violente, et capables de transmettre. Sans contrainte et sans jugement.

Parce que le plus difficile dans la CNV et l’éducation non violente, c’est le regard des autres :

Les pros bienveillance sont parfois cruellement jugeants au moindre dérapage. S’il ne s’agit pas de cautionner le parent qui crie (aïe ça c’est moi mercredi) ou qui frappe l’enfant, il vaut mieux, à mon sens, lui apporter du soutien, des pistes de réussite future, plutôt que l’écraser encore plus, lui le faible, celui qui trouve ça dur d’être un parent, celui qui est finalement un humain. Je crois que c’est le plus dur à gérer pour moi après avoir crié : souvent j’exprime ma frustration, et les enfants grandissant, mes sentiments de manière plus fine, et plus directe. La volonté n’est pas de les culpabiliser, mais si je dis que j’ai du chagrin, mon coeur s’allège. Un peu.

Les anti quant à eux, vont traquer les dérapages de vos enfants. A la moindre incartade, votre éducation sera remise en cause. Ces enfants à qui on passe tout sont bien des enfants rois… Alors que c’est faux. De tout temps il y a eu des enfants plus difficiles que d’autres, et ce qui rend la jeunesse violente et désabusée, ce n’est pas l’éducation mais la société qui exclue... Bon je m’égare encore. L’enfant difficile va attirer les foudres de tout le cercle de connaissances de son parent. La famille, les amis et l’école…

 

Donc la première étape sera bien d’aider les parents à se libérer du joug du regard d’autrui. Dans tous les domaines ce serait royal…

Il faut laisser les mentalités changer doucement. On ne deviendra pas des génies de la bienveillance, on ne brisera pas le long cycle de violences éducatives en une seule génération.

C’est impossible. Ce ne doit pas cautionner les coups bien évidemment, mais cela doit nous permettre d’être indulgents avec nous même. On est avant tout des êtres humains avant d’être des parents. On a aussi des émotions, on peut les exprimer. Faut juste réussir à les exprimer autrement. Rien ne nous empêche de pousser un coup de gueule. Constructif. Et cela n’est pas simple de le faire, surtout quand on est vraiment fâché, surtout quand on peine à changer de vision.

Mais que faire face aux cris de l’enfant ? Je sais que parfois, ceux de Rayond’soleil pourraient me rendre dingue. On a aussi un droit de retrait. Le temps de se calmer nous même et de lui donner l’occasion d’y arriver seule. Je sais que nombre d’enfants dans la situation de ma fille peuvent faire d’énormes crises de colère, et que cela peut être très compliqué…Je le sais parce que je le vis…

Moi, ce qui me chamboule le plus, je l’avoue, c’est mon dernier, qui est persuadé d’avoir raison. J’oscille entre laisser tomber (il va bien s’en rendre compte que des fois il a tort) et la peur que la société le vive mal…. Alors les conflits sont usants. J’en souffre. Je le lui dis, il commence à entendre. Doucement.

C’est là toute l’ambivalence qui nous tombe dessus, on a peur que nos enfants ne puissent être ainsi entendus hors du cercle familial. Et c’est une réelle souffrance. Que fera cet enfant habitué à la discussion face à un adulte fermé ? D’où l’idée d’une loi et d’un accompagnement de tous vers une nouvelle forme de coopération.

On a aussi peur que nos enfants nous « mangent ». Là, c’est moins fondé, dans le sens où on a aussi le droit d’exprimer nos émotions. Les gens vont nous le dire.

Ici, un seul sur 3 est un vrai rebelle, tempétueux, indocile, et bigrement intelligent, de cette intelligence irrévérencieuse, qui se moque bien de l’autorité et encore plus de l’autoritarisme, à qui on n’impose rien qu’il n’aurait pas compris et qui refuse obstinément toutes les cases (et tant mieux) . Et je vois le regard porté sur lui par certains proches, et par des inconnus. J’arrive de plus en plus à ME distancier de cela. Mais mon cœur de mère sent que cela peut être un problème pour lui dans cette société.

Alors qu’un jour il sera un adulte, et que je dois lui donner les clefs pour être heureux, et en mesure de répondre aux regards ou aux reproches, avec bienveillance. Petit, ça s’apprend  bien sûr…Parce que pour un long temps encore, il sera incapable d’exprimer autrement ses sentiments négatifs, qu’en explosant.

Je regarde mon fils aîné, qui me dépassera avant 6 mois alors qu’il n’aura que 12 ans, et je me dis que s’il écoute mes conseils, se soumet parfois à une consigne, ce n’est pas par peur, mais par respect. Il est plus costaud que moi, et si la règle était la soumission par la violence, pour sûr que je perdrai déjà…. Qu’on perdrait tous.

La coopération est notre base. Alors comme je n’ai pas trouvé de photo où on se criait dessus, je vous livre une photo de tendresse, qui a suivi dans l’ordre : une balade à vélo sur la route, un match de foot où j’ai perdu, des enfants qui pêchent trop près de l’eau  et l’un d’eux qui n’écoute pas ma mise en garde …Et donc met le pied dans l’eau et nécessite le secours de son frère, une crise de larmes d’une petite fille parce qu’elle veut aller au parc « tout de souite » et une séance photo pour nos amis de la maison235….

 

DSC_0803 (Copier)

Et à celui qui me dira « j’ai pris des baffes et j’en suis pas mort » je répondrai 2 choses :

  • j’ai d’autres objectifs d’éducation que de simplement garder les enfants vivants
  • tu as de la chance, car 2 enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents. Interdire la fessée, c’est mettre un premier garde-fou, un premier warning à des parents parfois tellement déboussolés qu’ils ne voient que cette option, qui se durcit avec le temps…

Laissons nous le temps de changer, faisons confiance à nos enfants pour nous aider.

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Espoirs adolescents

Calme de lune a 11 ans. Il fête son anniversaire avec ses copains ce soir. Soirée pizza et foot… Manque que la bière 🙂

Et dans cette journée compliquée (pensée pour nos amis de l’Aude), je les observe, lui et sa petite bande, évoluant depuis la sortie de l’école. Ils se sont connus en maternelle. Ils vont bientôt entrer au collège.

Ils sont 4, un noyau dur autour duquel gravitent d’autres enfants. Ils ne sont pas parfaits, certainement que loin s’en faut.

Mais bon sang comme je les aime! Comme ils savent me coller les larmes!!

Ils connaissent des bêtises, ils en font en cachette, ou pas en cachette, ça dépend des moments, ils rient, ils se charrient, ils puent des pieds (ceci n’est pas une fake news, l’adolescent pue des pieds!).

Au delà de ça, ils sont bienveillants.

Je les ai vu faire avec Rayond’soleil depuis qu’ils sont petits.

Qui lui fait un dessin lors du cross organisé pour ELA (association en faveur des enfants malades). Qui l’aide à monter l’escalier. Qui a toujours un petit mot gentil. Qui se rappelle qu’elle est handicapée quand on parle du handicap…

J’avais peur que l’adolescence les change. Le regard des autres est parfois difficile quand on pousse.

Ce soir, j’ai eu la preuve par 4 qu’ils savent rester chouettes. L’un se laisse coiffer par la puce durant des plombes, l’autre répond inlassablement à toutes ses questions, le troisième et Calme de lune jouent docilement à cache-cache avec elle. Ils sont sympas aussi avec Avalanche, jouent à la console ou au ballon en se mettant au niveau.

Ces petits gars, ces hommes en devenir sont porteurs d’un message de vivre ensemble, et ils ne le savent même pas. Avec émotion, je les ai regardé être « normaux » dans sa différence. Avec amusement, j’ai écouté leurs blagues puériles auxquelles elle aussi a ri, bien qu’elle ne sache pas pourquoi.

Ils regardent le foot en criant, et je me rappelle ces pages écrites il y a longtemps dans lesquelles je souhaitais que ces soirées là arrivent, avec une légère appréhension. Et je peux dire qu’elle a disparue…

Ils ont grandi avec elle dans leurs pattes, elle qui ne marchait pas, elle qui ne parlait pas. Ils ont grandi en faisant des courses avec son fauteuil et en se battant l’œil qu’elle ne soit pas pareille. Ils l’ont aimé comme on aime une petite sœur quand ce n’est pas la sienne, avec douceur et bienveillance. Ils l’ont veillée comme le lait sur le feu dans la cour de l’école et n’ont laissé personne l’embêter, ils ont été outrés quand elle a manqué d’être exclue du périscolaire.

En quelques sortes, ils ont tous une petite sœur différente. Ils voient qu’elle a des difficultés, et ils s’en fichent. En quelques sortes, ils ont de la chance eux aussi, ils sauront tendre la main et dépasser les stéréotypes, et les premiers contacts. Elle leur a appris…

On a toujours parlé facilement du handicap, répondu à toutes leurs questions, sans tabou ni fausse pudeur, même si parfois, il a fallu serrer les dents pour ne pas laisser tomber la larmichette… N’empêche que ça en valait la peine. Demain ils seront des adultes, qui soigneront leurs pieds qui puent, et qui ne feront pas de différence entre un Rayond’soleil, et le reste du monde….

photo qui n’a rien à voir, mais les droits à l’image de l’adolescent sont excessivement chers!!!

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Décibels rebelles

T’as mal ? T’es mal ?

Je ne sais pas.

L’homme qui murmurait à l’oreille de Rayond’soleil est aussi démuni que moi…

Les jours s’enchaînent et se ressemblent…

Tu cries, comme si on t’arrachait les entrailles, comme si on te brûlait au fer…

Tu hurles, tu tempêtes.

Des cris stridents déchirent la maison.

On ne sait pas, on ne sait plus. Parfois, on hésite même à rentrer chez nous…

Tes hurlements sont signes de ton tumulte intérieur mais tu ne nous dis rien.

L’enfer, à côté de pareils moments, c’est Ibiza.

Les nerfs finissent par prendre le dessus. Moi aussi j’ai envie de crier, de pleurer.

Pourquoi tu ne nous parles pas Rayond’soleil ? Hein ? T’as la parole quand même…

La gestion des émotions, la mauvaise je veux dire, c’est aussi ça le handicap.

Un changement, qu’il soit négatif ou positif, et tu te transformes en monstre, en sirène de pompier.

T’as mal où Rayond’soleil ? Tu dis rien, bon sang, pourquoi tu dis rien ?

« Pas toi, pas toi, PAS TOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII……………. »

Pas moi donc, mais qui ?

Tu montes l’escalier, tu cries comme si tu étais possédée.

« Laisse-moi tranquiiiiiiiiiiiiiiiiiiiilllllllllllllllllllllllllleeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu »

Tu nous tapes même, on ne te reconnait plus…

T’es mal pourquoi Rayond’soleil ?

Un souci à l’école ? Tu finis par raconter tout et n’importe quoi, et t’envoies tout valser…

La maîtresse vient de m’appeler.

Elle est stupéfaite du mot dans le cahier. T’es un vrai petit charme à toi toute seule à l’école…

Zéro problèmo là-bas. Traitement de faveur spécial parents pas parfaits ?

Pourquoi tu cries, STP arrêtes de crier.

Hier, à bout de force, à bout de nerfs, je t’ai emmenée hurlante sous la douche.

Tiède, je précise, ce qui a beaucoup fait rire la maîtresse.

T’en as profité pour me faire pipi sur les pieds… C’est quoi ton message Rayond’soleil ?

J’en peux plus, j’en peux plus. Tu cries et ça me vrille le cerveau.

Dans ces moments-là, j’me dis que le handicap c’est bruyant, et éprouvant…

Ma douche chaude à moi, c’est l’écriture.

On va trouver pourquoi tu cries.

Si tout va bien à l’école, c’est que tu es à nouveau dans une période où ta différence te saute aux yeux.

En même temps, traitement spécial « petit Rayond’soleil » rapport  à tes dents. On l’a dit, on était contents de trouver des personnes adaptées pour toi.

Peut-être que c’est venu gratter une plaie qui ne se fermera jamais ? Tu es plutôt à l’aise avec ta différence, mais quand la souffrance s’en mêle, peut-être que tout s’emmêle pour toi ?

J’aimerai être un rempart, infaillible et constant. Pourtant, des fois je suis submergée de colère et de tristesse. Tu n’as que 9 ans, je devrai savoir qu’un enfant de 9 ans, qui ne comprend pas tout, n’est pas toujours juste.

Je t’assure, qu’hier, je t’en ai voulu. Je ne méritais pas qu’on fasse pipi sur mes pieds, qu’on crie dans mes oreilles et qu’on me rejette comme tu l’as fait. J’étais peinée surtout de ne pas réussir à t’apaiser.

Je sais que si tu réserves ce traitement à tes seuls parents, c’est une incommensurable marque de confiance. Nous sommes ta soupape.

Soupape faillible donc.

Nous avons fini par céder, et te laisser tempêter tout ton saoul. Puis nous t’avons dit à quel point nous étions blessés et démunis.

Maintenant, j’espère que tu ne vas plus crier, et que nous allons pouvoir t’aider un petit peu…

Ma douche chaude à moi, c’est l’écriture, je me sens déjà plus détendue, je ressens moins cette pression que j’avais hier…

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