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les petits pas

Il y a les petits pas de rien du tout, ceux qui vous font sourire

Il y a les premiers petits pas, ceux qui font battre la chamade à votre coeur

Il y a les petits pas en avant, puis les petits en arrière

Les petits pas de palier qui stagnent et vous font enrager, mal en dedans, ça tire, ça brûle, ça fait mal mais on veut pas le dire

Il y a les petits pas qu’on n’avait pas vus arriver

Ceux qui vous mettent en joie, 

Il y a les petits pas qu’on attendait presque plus…

Ces petits pas, ces petites victoires du quotidien, on y est tellement plus attentifs quand on a un enfant différent…

Les étapes, les caps, ces choses parfois tellement anodines…

Comme quoi? Comme:

La première fois qu’elle se jette à l’eau avec seulement des brassards

La première fois qu’elle monte sur le muret

Les ballons qu’elle attrape de mieux en mieux

Les repas qu’elle maîtrise bien (sous entendu plus besoin de bâcher la cuisine)

Tous ces progrès qu’on ne voit pas vraiment avec les autres enfants de la fratrie…

Les changements qu’elle encaisse mieux…

Sortir de sa routine sans angoisse…Ou pas trop! Le pied…

Puis il y a ceux qu’on espère plus, et auxquels on n’ose pas encore croire: les premières syllabes reconnues, les chiffres, la douche qu’elle gère…

Les balades…
On avait emmené l’Isara en vacances. Il n’est pas sorti de la chambre…

Bien sûr, on a pas fait des randos de 12h, de toutes façons Avalanche n’était pas de bonne composition en ce qui concerne les balades, ça arrive. 

Le labyrinthe forêt!!!  Quelle ténacité. Elle se fatigue toujours vite, ses yeux sont bien cernés après cette semaine de déconnexion, entre piscine et montagne.

Une semaine pour se reconnecter les uns aux autres, et savourer tous les petits pas qu’elle a fait sans faire de bruit. 

Oui il reste un long chemin à parcourir pour aller vers l’autonomie… Mais celui qu’elle a entamé il y a 8 ans semblait bien plus tortueux qu’aujourd’hui. Et quand je discute avec les parents des autres enfants qui sont porteurs de ce gène foufou, je me dis que mon Rayond’soleil a quand même de la chance, car elle n’a pas de gros troubles du comportement comme certains de ses petits copains.

Je ne me mets pas d’œillère. Je suis consciente de ses difficultés, du long parcours du combattant qu’elle va devoir affronter. Mais je reste résolument optimiste, elle a aussi d’immenses atouts, dont un capital charme hors norme, qui la porteront le plus loin possible. Et j’espère aussi que la société saura être plus inclusive… 

Comme disait l’autre « j’ai fait un rêve… »

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Quand je pense que j’étais à 2 pas de Madame Château Coco…

 

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Ce qui frappe en premier…Av

Souvent quand je sors avec ma tribu, je me demande ce que les gens vont remarquer en premier: 

La fougue intersidérale de mon Avalanche? Ses désobéissances répétées, ses effronteries?

La différence de mon Rayond’soleil? Sa démarche maladroite, son articulation approximative, son petit bidon qui ressort à cause de l’hypotonie?

La timidité de mon Calme de lune, son air rebelle pas tout à fait assumé, ses pieds immenses (si si je vous jure!!)?

Ou alors, le sens de l’humour très aiguisé de mon petit dernier? Le charme qui ne se mesure plus  de la princesse (punaise elle m’a présenté G. 33 ans, complètement gaga d’elle vendredi! Il bosse à l’école, et le son de sa voix change quand il s’adresse à elle!!)? La gentillesse à toutes épreuves de celui qui a fait de moi une maman?

Et puis… Et puis, je me rappelle ce que ceux qui nous croisent au gré des rencontres nous disent: Déjà, nous avons tout de la recompo parfaite! Des enfants tous différents qui nous ressemblent tous un peu (ah le mimétisme!) et qui ne parlent jamais de demi. Ni demi frère ni demi sœur, tous entiers !

DSC_1328 (Copier)Avec une seule maman et un seul papa à se partager. Une fratrie de 3 loustics.

Des petits mômes plein d’amour, plein de tendresse. De chamailleries aussi, de confiture, de balades en forêt…

Et vous savez ce qui marque le plus dans ma tribu?

La solidarité…

Les mains tendues, les expériences, les lacets qu’on fait à son petit frère, la sucette qu’on achète à sa grande sœur avec la monnaie que maman a donné.

Une solidarité qui se donne la main dans la rue (même en mode gansta pour le grand!)

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Même si les doigts sont collants, même si la démarche est hasardeuse.

Qui s’exprime au loto de l’école, quand Rayond’soleil gagne le cadeau des rêves de Calme de lune, et le lui offre spontanément, sans se demander ce que ça pourrait lui rapporter.

De « je te pousse » de « tu peux le faire » de « je vais t’aider »

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De supporters enflammés « je suis fière de toi » après le match de basket, « allez Mimi » pendant. De cris, d’applaudissements et de bras levés.

Une solidarité faite de « rejoins moi dans mon lit » , de « serres moi dans tes bras » et de  » j’ai fait un cauchemar mais mon frère m’a fait un câlin ».

Cette solidarité qui s’exprime parfois dans les larmes, quand la vie n’est pas juste et qu’il faut se contenter de savoir faire front, en rang d’oignons, face aux regards, face aux aléas difficiles de la vie. 

L’amour, l’amour, l’amour…  » je t’aime très fort mon frère! » « tu m’as manqué » « je veux te voir »

Une solidarité qu s’exprime aussi en dehors des limites de la famille. Ils ne passe pas près du mendiant sans lui dire un mot gentil, ils donnent à manger au chat errant, et aux petits oiseaux, ils soutiennent leurs amis, ils gardent l’esprit d’équipe en toutes circonstances, ils aident celui qui tombe à se relever, ils partagent leur goûter, ils expérimentent la vie en bonne intelligence…

 DSC_0887 (Copier)Ce que je leur souhaite à mes enfants? Je leur souhaite de rester des enfants… Humains, humanistes, qui pensent aux autres aussi, qui ont foi en l’Autre et à ses capacités à être bon. Qui aide la différence plutôt que la moquer, qui aiMe la différence. Je n’ai pas envie qu’ils deviennent avides de profit, prêt à marcher sur n’importe quelle tête, effrayé par celui qui ne leur ressemble pas ou qui vient d’ailleurs. Je leur souhaite d’être des objecteurs de conscience, des libres penseurs, des altruistes, des solidaires, des bienveillants…Les enfants ne sont pas des gens comme les autres, moi je dis, heureusement que certains d’entre nous gardent leur âme d’enfant…

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Détache-moi…

Ah l’attachement… Le phénomène d’attachement à son enfant se construit dès la grossesse. Parfois, l’enfant qui naît différent provoque un cataclysme dans sa famille, parfois c’est la maladie qui s’en charge. Le handicap, la peur…On pense souvent qu’on s’attache difficilement à ces enfants là… Mon amie Aline s’est entendue dire il y a peu  « on s’y attache QUAND MÊME, hein? » de la part d’une dame, parlant du fils d’Aline justement là, dans son fauteuil, ne perdant pas une miette de la discussion.

QUAND MÊME. Heureusement qu’on s’y attache. L’enfant parfait, tout ça quoi.

C’est parfois plus difficile, c’est vrai. Au lieu de s’émerveiller des progrès de nos trésors, on est là, à mettre en place un suivi parfois digne d’un sportif de haut niveau, à courir les salles d’attente, à s’angoisser en cachette.

Puis la vie s’apaise au moins un peu. On rentre dans la routine. Notre routine. Pas la même que celle des autres familles, mais une routine quand même…

Entre temps, on n’a pas du tout fait gaffe que ce petit être exceptionnel, on s’y est attaché exactement comme à son frère avant lui. On a pratiqué les mêmes gestes, on l’a couvé du même regard.

Alors oui, des fois, on se laisse happer, et là encore, je le redis, il y a le portage pour renforcer ce lien parfois si fragile, pour compléter le trio parents/enfant, pour réparer quelque chose qui s’effiloche, pour compenser ce dont on se sent dépossédé. Par exemple, privée de sommeil, incapable de calmer les longues crises nocturnes de Rayond’soleil, je suis devenue une chouette. Une porteuse de nuit. Lovée à la verticale, mon bébé se laissait enfin aller… Privée de près de 6 semaines de grossesse pour mon Avalanche, je l’ai porté contre mon cœur, m’enivrant de cette sensation douce, et chaude. Chacun y trouve son compte. Parfois on compense un allaitement impossible à poursuivre, parfois on se dit qu’à hauteur d’homme notre petit change de perspective, lui qui ne marchera jamais…

Et puis, alors qu’on pensait avoir vu le bout du tunnel émotionnel, on s’entend dire « lâche la un peu, elle est grande, faut que tu apprennes à t’en détacher! ».WOW.

Ceux là même qui jugeaient qu’on aurait pu se fouler un peu plus sur l’attachement nous reprochent rapidement d’étouffer nos enfants, de les surprotéger, de les couver.

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Grimpe petite fille, et va toucher le ciel!!

Alors détache-moi maman…

C’est facile à dire, moins à faire. Déjà quand on a un enfant qui va bien, on peine à lui laisser des libertés. Comment exprimer mon sentiment ce samedi, quand pour la première fois j’ai laissé Calme de lune voguer entre ses amis et la maison, alors que moi même je n’y étais pas? Où se trouve la limite du raisonnable? Quelle latitude avais-je à 10 ans? Sûrement plus grande que la sienne mais ne lui répétez surtout pas! Je me souviens des après midi passées loin de ma mère, de la consigne de passer un coup de fil à 15h précises quand je restais seule à la maison avec ma frangine. Pourtant, Calme de lune est l’un des enfants de sa bande à obtenir le plus de libertés. En Finlande, les enfants sont jugés suffisamment raisonnables pour rester seuls sans nounou dès l’âge de 9 ans. En France, cela fait figure d’exception. Quand on dit qu’il part en colonie, on nous regarde comme des monstres. J’imagine que certains parents nous trouvent complètement irresponsables de le laisser circuler seul, sans surveillance.

Avalanche aimerait aller seul à la boulangerie. Je le laisse faire (elle est sur le palier) sachant que je le vois rentrer et sortir depuis le portail (normal la boulangerie est VRAIMENT ma voisine) mais lui ne le sait pas. Rayond’soleil y gagne un peu d’autonomie dans ce petit village où tout le monde sait qui elle est. Dimanche, tout le monde se demandait qui accompagnait leur Rayond’soleil au marché. On ne peut pas l’enlever, sans que cela se sache très rapidement!!! Mais si nous vivions en ville? Serai-je aussi à l’aise avec les demandes toujours plus folles de mes enfants?

Aller à l’école seul.

Traverser la rue sans me donner la main.

Monter en haut de la cage à écureuil toute seule, sans mon aide.

Monter le toboggan de la piscine et me demander de l’attendre en bas.

Je ne sais pas. J’ai vu il y a peu une étude disant que le périmètre des enfants a été considérablement réduit en 10 ans.

Je suis une maman louve, mais zen. Mes petits expérimentent leurs corps sous mon regard bienveillant (même si mon rythme cardiaque connait parfois quelques manqués, notamment grâce à Avalanche) et vont souvent jusqu’à la limite de ce qu’ils peuvent faire, la repoussant chaque fois d’avantage. Jamais je ne dis « n’escalade pas, tu vas tomber. » Je tempère parfois Avalanche, mais je motive les deux autres à se dépasser, surtout Rayond’soleil qui ne doit pas rester sur ses acquis.

La psy de l’école m’a dit qu’elle était quand même drôlement autonome pour une petite fille porteuse de handicap. On pousse. Elle n’est pas autonome par plaisir personnel, mais parce qu’on a envie qu’elle se débrouille le plus possible. Alors Rayond’soleil, de grès ou non, s’habille seule (j’attache ses vêtements, on est pas des monstres), se lave seule, se sèche plus ou moins seule, elle mange toute seule, et débarrasse son assiette. La règle numéro 6 de la maison étant que chacun participe aux tâches (parce que la règle 5 dit qu’on est une équipe) elle a sa part à faire. Bien sûr, on y oppose des attentes réalistes. Bien sûr que si c’est un des petits qui passe le balais sous la table, on ne s’attend pas à pouvoir manger par terre. On espère ainsi leur inculquer des automatismes, à elle aussi bien qu’aux autres. Faire son lit le matin, se laver les mains quand elles sont sales, mettre la table quand il est midi, porter le linge dans la panière de linge quand il est tâché. Si elle s’en saisit, ça sera un pas de plus vers sa vie sans nous. On l’envoie aussi jouer avec les autres enfants plutôt que de se greffer aux adultes, on la repousse un peu, parfois, on se trouve un peu cruels mais finalement, loin des gâteaux apéros, loin du cœur, elle s’amuse dans un groupe d’enfants…

Est-ce que leur apprendre l’autonomie est un processus de détachement?

Moi, je ne sais pas.

Je suis toujours très attachée à ma maman. A mon amoureux. A ma frangine. A tout un tas de monde.

Je serai tout à fait capable de vivre sans tous ces gens. Je serai surement un peu moins heureuse, tout bêtement.

Alors j’ai pas du tout envie de la lâcher, ma petite fille perchée. J’ai envie de la guider, de plus en plus loin de moi, depuis une position de plus en plus en retrait d’elle, mais surement pas de la détacher.

Le corps médical, les instituteurs aussi, la société porte un regard sévère sur nous, les parents. On fait de notre mieux. On se trompe, on apprend. Il n’y a pas d’école de la parentalité, encore moins de la parentalité différente. On ne s’y attendait pas, ça nous est tombé dessus comme ça, par hasard. Attention, un beau hasard, fait de belles rencontres si on y prête un peu attention, mais un hasard pas toujours simple à encaisser. Alors on a le droit de ne pas avoir envie de les laisser trop vite à des inconnus. De visiter trois fois la classe. De demander avec anxiété si tout s’est bien passé en notre absence. Comprenez, pendant longtemps, on a été sa seule référence stable à ce petit loup, on est son premier expert. Facile de nous enjoindre de les laisser s’envoler, facile de prendre l’air décomplexé quand on a essayé ( et réussi) au moins une fois à le faire. Mais c’est tellement difficile de laisser nos enfants prendre leur premier envol, alors quand en plus de ça le handicap s’en mêle (s’emmêle?) on grimpe encore un palier. 

Je sais qu’un jour ils quitteront le nid. J’appréhende hein, mon plus beau rôle c’est d’être leur maman. L’arrivée de Rayond’soleil a bouleversé la donne. J’ESPÈRE qu’elle va quitter le nid, pour voler de ses propres ailes un jour. Non promis, je ne la retiendrai pas, malgré l’angoisse qui me submerge quand j’y pense. Saura-t-elle se servir de la gazinière, faire ses lacets, remplir un chèque et veiller ses comptes? Pensera-t-elle à payer son loyer, à se laver les mains, à balayer son sol? 

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Suis ta propre route, tes propres rails

Détache-moi maman…

C’est tellement facile à écrire et complexe à imaginer dans une société aussi élitiste et nombriliste que la notre. J’ai pas envie de lui construire un avenir qui ne verrait que par moi. Je dois élargir son cercle, et au début, ça n’a pas été simple. Pourtant Rayond’soleil attire les belles personnes. Ce matin, on m’a dit qu’il n’y avait pas de hasard, je crois que c’est vrai. Ma p’tite fille magnétique et magique a su se construire auprès de gens qui ont su aimer sa différence, sublimer ses capacités. 

Détache-moi maman…

Faire les bons choix, même s’ils font peur. Confier son enfant si fragile, cet enfant qui parfois a failli mourir sous nos yeux, cet enfant qu’on porte à bout de bras depuis des mois, des années.

Détache-moi maman…

Pourquoi maman? Parce que c’est souvent aux mamans qu’on reproche cette relation fusionnelle. Sans l’Amoureux pour percer notre bulle, je ne sais pas si j’aurai eu autant de force, la force de la laisser s’éloigner. Malgré l’émerveillement que créé cette indépendance, aurai-je eu le courage de prendre les risques? J’ai souvent eu l’impression de sauter dans le vide sans savoir si j’avais bien attaché mon parachute. 

Détache-moi maman, parce que le risque d’être heureux vaut la peine de tenter notre chance…Si se détacher veut dire leur donner une certaine liberté, autonomie, indépendance, à leur niveau, leur degré, le meilleur possible, pour leur apprendre à s’en sortir peut-être un peu sans nous alors je dis ok, détachons-nous, mais aimons nous en! Aimons-nous en le plus possible…

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Aussi libre que tu sois, je ne me lasserai jamais de plonger mon nez dans ton cou… Aimons-nous

 

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Mon premier né

Un petit article réflexion personnelle aujourd’hui. Je suis en pleine lecture de mon gourou, Isabelle Filliozat. Après « Au cœur des émotions de l’enfant » et « j’ai tout essayé » ou encore « il n’y a pas de parent parfait », je m’attaque à la tranche 6/11 ans.
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« Il me cherche ». Non, mon Calme de lune ne me cherche pas. C’est un enfant plutôt sympa. Trop sympa peut-être? Je sens en lui beaucoup de colère refoulée, et je ne peux m’empêcher de voir en lui la petite Emilie que j’étais. Calme, posé, un peu lisse.
Et je n’arrive pas à m’empêcher de penser que j’y suis un peu pour quelque chose. Non que j’ai voulu me fabriquer un petit clone. Mais, il est mon fils aîné. Et souvent l’aîné est cet enfant qui nous ressemble le plus. Un jour une amie m’a dit « il essuie les plâtres », parlant du sien. Je n’aime pas l’expression, mais force est de constater que c’est lui qui amène la réflexion. 
Mon premier né à moi… Il a fait de moi une nouvelle personne, qui a pourtant conservé bien des automatismes. Il m’a transformée du tout au tout, il m’a chamboulée. Je le regarde ce grand gaillard de quasi dix ans, et je suis toujours émerveillée de tout ce qu’il m’a permis de découvrir. J’ai appris la responsabilité de l’autre, l’amour inconditionnel, le partage infini. J’ai aussi appris que je le défendrai envers et contre tout, quoiqu’il m’en coûte et qu’importe qui je laisserai dans la bataille.
La passion, l’amour pur, un diamant.
J’ai aussi appris la bienveillance, le respect de l’autre, et j’ai oublié à tout jamais l’égoïsme. Je suis devenue responsable de la vie, et plus encore du bonheur, de quelqu’un d’autre. Un petit être vulnérable, qui m’avait MOI pour seul rempart. 
Quand l’enfant naît, on est pétris de bonnes intentions, et parfois de dogmes auxquels on n’imagine pas déroger. Et puis, il y a la confrontation avec la réalité. Je ne m’attendais à rien quand Calme de lune est né. Je n’avais rien préparé, rien imaginé, et j’ai récidivé ensuite avec sa sœur. Heureusement, car quand je vois tout ce que j’ai imaginé pour Avalanche, il valait mieux ne penser à rien. 
Mon tout petit, mon premier né. J’ai fait des erreurs, on est tous faillibles tu vois. J’te jure, je fais des efforts. Seulement voilà, j’apprends avec toi.
Il faut dire que tu me facilites la tâche. Tu intègres les règles et ne les transgresses que peu, tu ne te rebelles pas trop, tu excelles à l’école, et en sport, tu es conciliants avec ton frère et ta sœur. J’ai toutes les raisons objectives d’être fière de toi.
Mais j’ai envie que tu saches que je t’aime pour ce que tu es, et non pour ce que tu fais. Je t’aime parce que tu es mon fils, mon bébé, mon premier né justement. Pas parce que tu me ressembles, ni parce que tu es sage, ou que tu cèdes tout à ton petit frère. J’aime quand tu fais la moue quand je te demande de lire, et quand tu sembles si hargneux lorsque tu portes le ballon de rugby, j’aime aussi quand tes grands marrons s’illuminent à l’annonce de l’
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La bienveillance, la main tendue

arrivée d’un copain. J’aime quand je te regarde comparer nos tailles respectives, même si je te trouve bien petit pour déjà me rattraper. J’aime quand tu fais les yeux doux à notre médecin qui est beaucoup trop vieille pour toi, et quand tu te mets en colère si je dis qu’une fille de l’école est bien jolie. J’aime quand tu triches pour perdre contre ta sœur, mais gagner contre moi. J’aime ton intelligence de cœur, ton immense tolérance, et ta naïveté si touchante.

 

Quand tu seras grand, tu seras gendarme, ou vétérinaire. Ou gendarme-vétérinaire peut-être? En tous cas, tu ne seras pas chef, parce que les chefs crient tout le temps, et que ça va t’agacer de crier!
Mon bébé, tu acceptes encore de me faire des bisous devant les copains, et de me donner la main dans la rue. Et pourtant, tu prends aussi ton envol. Tu pars seul, à pied ou en vélo. Tu restes à la maison quand je vais faire les courses. Et ça personne ne m’y a préparée. Tu as besoin de sentir la liberté sur ton chemin. Et moi, j’ai peur pour toi. Pourtant, tu ne vas pas loin, et tout est balisé, sécurisé. C’est tellement difficile. Bien sur que je te fais confiance. L’enfer, c’est les autres.
Mon tout petit, parfois je crie. Je suis comme ça. D’ailleurs, tu sais cerner certaines situations où ta maman douce se transforme en Gremlins. Genre, ton otite, qui te réveille à 5h du matin, ben je sais pas m’empêcher de maugréer. Tu en rigoles le lendemain matin, quand j’ai bu mon café salvateur. On se connait bien tous les deux, un peu plus de 10 ans qu’on cohabite!! Alors tu t’adaptes, y a des trucs que je n’arriverai jamais à modifier (la nuit, je suis un Gremlins, je sais pas lutter!). Comment ne pas crier? Je ne sais pas. Il n’y a pas d’école du parent. Je lis beaucoup, pour ne pas être énervée par ce qui ne te concerne pas. Quand tu jettes ton slip par terre, c’est TON problème. Au lieu de râler, j’ai appris à te prévenir que seul le linge dans la panière serait lavé. Bizarrement, ça fonctionne, et pour toute la famille en plus! J’ai appris ça avec toi, les autres ne m’ont jamais entendue ronchonner pour une fringue qui traîne.
Les devoirs, le cauchemar du parent apprenti. Tu les fais de bon gré. N’empêche que j’ai dû apprendre à …t’apprendre! Et à te consoler quand tu n’y arrives pas du premier coup, et à te motiver quand c’est une matière qui te gonfle un peu. J’ai appris à me sentir fière quand tu m’expliques un exercice de maths. Les devoirs avec toi, c’est si vite fait! Si facile. Tu entres en CM1. Déjà. Je n’ai pas vu passer le temps.
Je me souviens que tu parlais très mal à l’âge d’Avalanche. J’avais quitté ton père quelques mois plus tôt, et je faisais tout pour que cela ne t’impactes pas trop. La séparation, quelle plaie. On n’est pas toujours intelligents, nous les adultes. Et il aura fallu une très longue lutte pour réussir à te protéger, et à t’enseigner que ton rôle n’est pas de protéger ta sœur, ni ton frère, contre les adultes ou les autres enfants. Ce côté nounours et protecteur, tu l’as depuis que tu as découvert ce ventre qui bougeait sous les mouvements d’un bébé que tu ne voyais pas. Tu entourais de tes bras cette petite sœur à venir, lui chuchotant des choses que vous seuls pouviez comprendre. Tu étais ivre de joie. T’ai-je préparé à l’arrivée du bébé? Je ne sais pas. Tu l’as de suite aimée cette petite fille malingre, et chevelue. Elle n’était pas tout à fait celle que tu attendais, elle n’a pas joué au ballon, ni aux voitures, ni à la poupée, mais tu l’assommais de bisous et de câlins, tu dormais avec elle, tu prenais ton bain avec elle. Plus tard, quand est venu le temps de t’annoncer l’arrivée prochaine d’Avalanche, tu nous as ému, l’Amoureux et moi, par tes larmes de joie. Un petit frère, wahou…A la tête de cette tribu maléfique comme je vous appelle, tu te sens à l’aise, même si parfois, tu as l’impression d’être trop à l’étroit.
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Le repère sur leurs chemins de vie si différents

La position d’aîné. Elle est difficile, j’en sais quelque chose. L’aîné doit être raisonnable. Lourde charge. Pire, c’est lui l’exemple. Quel casse-tête. Je ne m’en rends pas toujours compte mais je te colle ces responsabilités là sur le dos. Non, à 9 ans et demi, sois tout sauf raisonnable! Surtout ne sois pas un exemple, mais sois toi même! Vous êtes tellement différents tous les 3 que te comporter de façon exemplaire ne servirait à rien (ou alors attiser la rébellion de ton petit frère?). Mon grand indien, ma petite perchée, et mon tout petit surfeur. Des  tempéraments pluriels qui me complètent et me prolongent. Ne m’écoute surtout pas quand je te dis de ne pas montrer de bêtise aux autres, qui leur apprendrait? Défies moi quand je te somme de céder au petit parce qu’il crie plus fort que toi! Ou alors, cries plus fort que lui. Ce n’est pas juste, et à ton âge où la justice est si importante, je devrai ne pas me mêler de vos conflits d’enfants. Une copine m’a récemment fait remarquer que je ne faisais qu’envenimer des situations desquelles vous étiez tout à fait à même de vous sortir seuls. Que si je me contentais de vous demander de régler cela entre vous, sans violence physique, ça irait mieux. Au début, ça a été dur pour moi, et un vrai choc pour vous. Tu voulais que je tranche, et Avalanche voulait te faire accuser, qu’au moins je réagisse. Je suis rester impassible (même si mes poumons étaient oppressés, si je me sentais mal) et depuis les disputes s’espacent seules. Je connaissais la bienveillance, mais je n’avais pas la clef, parce que j’étais partie intégrante du problème. J’étais l’aînée, raisonnable, et conciliante. Ma sœur, une chipie insouciante. J’ai grandi avec une certaine jalousie envers elle, qui était à mes yeux plus libre que moi. Et j’ai compris ça en dénouant la situation entre toi et Avalanche, puisque Rayond’soleil n’a jamais soulevé ce genre de questionnement, pour toi, ou pour moi. J’ai compris, et je me sens plus sereine avec ma petite sœur, qui n’a pas à porter cela. C’était en moi, en personne d’autre!
Pour Rayond’soleil, je ne voulais aucun tabou. Tu m’as dit un jour:
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La protection de maman

«  c’est ta faute si elle est comme ça, c’est toi qui l’a faite. » J’ai gardé le sourire, et je ne t’ai pas repris. Je t’ai doucement dit que c’était aussi grâce à moi si malgré le handicap, elle était heureuse. Tu t’es senti libre de dire que cela te rendait malheureux parfois, pour elle, et pour toi, que tu aurais préféré une sœur pas handicapée, que de devoir adapter certaines activités, ça te coûtait. Tu ne t’es pas senti obligé de préciser que tu l’aimais quand même « ta ptite poulette », et que le plus souvent, tu faisais très bien avec. J’ai été fière d’avoir su te donner ce libre parler là!
J’ai compris aussi qu’il nous faudrait des moments sans. Des activités, mais sans elle malheureusement. Des balades dans les arbres, des courses effrénées en vélo, des jeux de pistes dans les bois. Cela ne veut pas dire qu’elle est privée de tout ça, mais qu’on s’autorise de temps en temps à faire sans elle. Comme on s’autorise sans complexe des déjeuner en tête à tête, et même qu’on mange sur le bar! 
Réussir votre bonheur est une sacré mission. Ne pas t’oublier parce que tu es le plus grand en est une autre. Une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. *
Etre mère, c’est tout un programme. A faire, défaire et refaire au gré du vent, de l’enfant et de la vie.
   
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mon armoire à glace au cœur tendre

  • Merci à toi, la copine qui se reconnaîtra…
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Les vacances

Elles arrivent. 

Qui?

Les VACANCES!!!

Je les appréhende toujours un peu. Parce que, sortie de sa routine, Rayond’soleil angoisse terriblement et reviennent en force les rengaines « on fait quoi? Et après, et après et après… »

Ah le Après. Vide de sens, anxiogène, répétitif. 

Au début, je cadrais au maximum TOUTES les activités, mais bonjour la décompression. Tous les matins debout à heure fixe, nous essayions de faire des activités plus ou moins rituelles: 9h balade à la fraîche, 10h peinture, 11h préparation du repas… Cela n’a pas duré pour deux raisons:

  1. c’est très chiant de vivre en vacances comme dans une colonie. 

  2. J’aime pas les trucs chiants. 

Du coup, il nous a fallu trouver des astuces pour qu’elle ne soit pas stressée par le vide potentiel de sa longue journée de vacances, sans que cela n’exige une organisation pénible pour la famille. Parce que quand elle est angoissée, elle se pince, pose mille fois la même question, et que les garçons ont aussi envie de faire ce qui leur plait sans avoir à respecter un quelconque emploi du temps. On planifie des trucs importants comme une virée à la piscine ou une sortie spéciale, mais la promenade impromptue reste…impromptue. 

Comment alors canaliser cette angoisse?

  1. Faire un emploi du temps. Ça parait paradoxal, mais si elle peut visualiser des trucs importants, ça lui donne un repère dans le temps. Exemple le mercredi sortie piscine notée. On le fait semaine par semaine, puisque, ne nous leurrons pas, après une virée piscine seule avec les 3 monstres, je pense que je n’aurai pas spécialement récupéré pour la semaine suivante! Néanmoins, et dans la mesure où elle part aussi sans moi, on va le faire sur un grand support, ou elle visualisera le temps qu’il reste avant de partir, et le nombre de dodos sans maman. 

  2. La montre madame Irma dont je vous ai parlé permet de lui donner une idée du temps. Il faut ABSOLUMENT qu’on la retrouve avant l’été!

  3. Regarder ensemble la météo, et de fait lister les activités envisageables selon le temps prévu: soleil=parc ou piscine, pluie= découpage et Reine des neiges.

  4. Garder un certain rituel quand même: manger à heures fixes, préparer le repas avec elle vu qu’elle adore ça. Manger systématiquement dehors s’il fait beau, et dedans s’il pleut, ça aide aussi. Faire ses exercices de souffle et de motricité fine pendant la sieste de son petit frère. Se jeter dans la piscine juste avant le goûter et n’en sortir qu’à l’heure d’allumer le barbecue.  Bref, garder un semblant de cadre rassurant. 

  5. L’écouter. Je sais qu’elle progresse d’année en année sur tous les plans, et notamment celui de l’angoisse. (Moi aussi 😉 ) Du coup, je m’adapte continuellement à ce qu’elle peut supporter. C’est une petite fille qui ne tolère pas l’inactivité, ni l’ennui. Comme je n’aime pas la voir s’enfermer dans son monde, je reste vigilante. Et dès que c’est trop d’oisiveté pour elle, je propose une activité (allez, file vider le lave vaisselle! Je rigole à peine!)

  6. Cela nous amène à la 6 ème astuce: L’inclure dans les tâches ménagères. Vacances ou pas, la maison doit être aspirée, lavée et le linge un peu plié. Alors elle aspire sa chambre pendant que je nettoie la salle bain. Double bonus: elle s’autonomise sur certains points (je ne repasse jamais derrière elle, c’est fait dans la mesure de ses possibilités, et personne ne mourra s’il y a des moutons sous son lit!) et ça l’occupe, et comme on se débarrasse du ménage le matin, ça cadre un peu. 

Alors je sais que certains de vos enfants NE PEUVENT pas : aider, être inclus, se concentrer sur la météo. Ce n’est pas grave. Chaque jour après l’autre. On répète, la météo, la plus petite chose qui puisse l’aider un peu. On progresse à petits pas, à leurs côtés. On devient inventif, on apprend à se satisfaire de la plus petite minute passée dans le calme et la sérénité. Rayond’soleil fait de la relaxation à l’école, le vendredi après-midi. Depuis trois semaines, elle arrive (parfois) à se détendre. Depuis trois mois, je pratique le yoga tous les jours. Je pense inclure le yoga aux activités rituelles, mais j’ai envie que les garçons participent. Je vais le glisser juste avant le repas. 15 minutes pour eux. Je vais m’offrir « Calme et attentif comme une grenouille » L’idée c’est de travailler (Rayond’soleil risque de régresser si on coupe tout travail pendant plus d’une semaine) l’orthophonie, la motricité fine et globale (balade à pieds, à vélo, on ne fait pas de motricité « en salle » pendant les vacances). On a du matériel: tapis de gym, bilibos (petits et grands), des briques en mousse, des balles à picots, des cerceaux. On fait des parcours dans le jardin, ou dans le salon si les orages s’en mêlent. Mais on ne routinise pas le travail. On doit s’amuser surtout, beaucoup, et s’ennuyer un peu. C’est ce qui est le plus difficile pour elle finalement. Ne pas savoir quoi faire, alors qu’elle est toujours hyper stimulée tout au long de l’année. 

Et quand vraiment l’angoisse est trop forte, et qu’elle bloque, elle sait qu’elle trouvera toujours mes bras pour épancher ses peurs, mon dos réconfortant pour porter ses craintes. Le portage comme anxiolytique, c’est un concept à développer! Mais une chose est sûre, quand elle est braquée, prostrée, ou hurlante, c’est LA réponse imparable. Si un endroit la stresse plus que de raison (raison vue par moi, qui diffère donc de la sienne), le portage reste l’outil idéal pour l’aider à passer le cap. Et en vacances, quand toutes les expériences sont permises et possibles, on s’en sert plus qu’à l’accoutumée. Pas forcément longtemps, mais au moins le temps qu’elle accepte l’idée. Puis, faut avouer que ça prend moins de place que le fauteuil, surtout si on ne s’en sert finalement pas 😉

Et vous, vos astuces anti-stress des vacances, c’est quoi?13406861_288950614779086_6220458994432228318_n

 

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Maman unique pour une semaine

Cette semaine, je suis presque maman unique. C’est à dire, qu’entre le départ de Calme de lune en colonie de vacances (la si la sol) et Rayond’soleil qui n’est pas encore en vacances, je m’offre quelques jours en tête à tête avec mon Avalanche.

Au départ, je m’en réjouissais drôlement, ça allait être chouette, on ferait mille et une choses ensemble.

Puis le petit démon de la culpabilité est venu se poser sur mon épaule, c’était injuste pour les autres. Il a été suivi par l’autre démon, celui de la mère louve, qui se désole de ne pas avoir toute sa portée autour d’elle.

Alors, premier constat, si je retrouve la mère que j’étais il y a 9 ans, un peu dépassée par ce bébé tout neuf, je lui dirai ENJOY MA VIEILLE!! Parce qu’on ne se rend pas compte, mais un seul enfant, aussi turbulent soit-il, c’est finger in the nose! La maison est plus calme, les activités plus faciles. Bon, j’avoue que c’est moins rigolo que lorsqu’on est tous ensemble, mais c’est quand même sympa. Je redécouvre mon petit garçon. Il a mon attention tout à lui, et donc ne se fait pas remarquer inutilement. Il est très curieux, et on peut faire des choses aussi magiques que regarder les albums photos de quand son frère et sa soeur étaient petits. Je suis épatée qu’il soit capable de les reconnaître à peine âgés de quelques mois. J’ai beaucoup de câlins et de bisous, et il m’a promis que j’aurai le droit de faire la sieste avec lui aujourd’hui. Même pour sortir, c’est vite fait, d’autant que mon Avalanche est hyper autonome. Je propose une sortie, et hop il a déjà enfilé ses chaussures. 

Dimanche a été marqué par l’imprévu. J’ai confié un téléphone à Calme de lune pour son séjour. Les enfants n’étant pas joignables autrement que par leurs propres moyens, je me voyais mal passer une semaine sans nouvelle, surtout qu’il est relativement angoissé en ce moment(ou alors c’est moi qui le suis?). Je sais que Calme de lune adore les colonies, qu’il en profite pour vivre sa vie de petit garçon, que c’est sa 4ème année de départ à la neige. Je sais qu’il y allait le cœur empli de l’allégresse que seuls les enfants connaissent, et qu’il y a retrouvé des copains. Seulement ses copains d’école se sont retrouvés dans l’autre groupe…Sauf un, mais ça je ne l’ai su que dimanche, car à la base lui aussi était censé être dans l’autre groupe. J’ai beau savoir qu’il va rentrer la tête pleine de bons moments à ne pas partager avec ses parents, la seule chose qui m’est restée gravée dans le cœur, c’est la demi seconde de panique qu’il a éprouvée au moment de monter dans le bus, alors que je cherchais désespérément une place en soute pour sa valise. J’ai vu ses lèvres qui tremblaient, et même si 15 secondes plus tard, il sautait de joie à l’idée de faire le trajet entouré de ses potes, je n’ai gardé que cette image là.  Il ne m’en a pas fallu plus pour me persuader qu’il serait malheureux comme les pierres, aussi cafardeux que moi. Donc quand dimanche, notre conversation a été coupée, et que je n’ai plus jamais pu le joindre, j’ai de suite pensé qu’il avait passé sa soirée complètement désespéré. Lundi matin, j’ai découvert sur les photos du blog un petit garçon souriant, et ça m’a remis du baume au coeur. Quand j’ai enfin pu lui parler hier soir, il semblait content, et pas du tout triste. Moi j’avais un peu la voix qui flanche. Mon Calme de lune me manque. Je me moque souvent de mes copines qui refusent de laisser partir leur bébé, mais je dois avouer que je prends sur moi. J’estime que c’est une chance incomparable pour lui, il fait des séjours raquette, construction d’igloo, des séjours chiens de traîneaux, et il s’est offert 15 jours de BMX l’été dernier. Des trucs qu’on ne peut pas encore faire en famille pour le moment. Alors, quoiqu’il m’en coûte, je le laisse partir, le sourire au lèvres et la mort dans l’âme. Je suis comme ça, j’aime les avoir autour de moi, veiller à leur confort, leur épargner les peines. Je ne le peux pas toujours, mais quand il passe une semaine loin de moi, je me sens un peu dépossédée. Il est si grand, mais encore si petit. Si fort, et pourtant si vulnérable. Depuis notre conversation de hier soir, je suis rassurée, il va bien, les copains sont cool et les anims sympas, il n’a pas encore hâte de rentrer! Bientôt Rayond’soleil part 2 jours en voyage scolaire, j’ose pas lui proposer de prendre le portable. Je ne sais pas encore comment je vais réagir, je vais faire bonne figure je pense. Enfin je vais essayer. 

Le petit démon de la culpabilité m’a reprochée de laisser Rayond’soleil à l’école cette semaine. C’est le lot des écoles spéciales, elles ouvrent plus longtemps. Bien sûr, cette semaine est moins intense sur le plan du travail scolaire, alors j’aurai pu la garder. J’ai essayé de dire au démon que je savais que Rayond’soleil n’aime pas trop les vacances, il s’est mis à me souffler des trucs pas super agréables à l’oreille. Bon, quand j’ai lu qu’elle faisait ciné et patinoire, j’ai pu le faire taire. Et envisager plus sereinement mes activités avec Avalanche…Il aurait aimé patinoire, mais physiquement je ne suis pas capable de ça.

Alors hier matin, on a fait notre sac, et on est allé à la piscine tous les deux. Hormis pendant les vacances estivales en famille, je n’ai pas remis les pieds à la piscine seule avec les enfants depuis qu’il marche. Deux enfants qui ne nagent pas et se gaussent du danger, ça me paraissait trop compliqué à gérer…Depuis il a grandi, et Rayond’soleil fait piscine tous les jeudis…Autant dire qu’il s’est régalé. C’est le même petit garçon téméraire qui saute du bord de la piscine, n’hésites pas à se laisser glisser de mon dos pour nager sous l’eau (parce ze suis pas grand pour nager dehors!), et négocies 5 tours de toboggan avant de partir. Mais il est aussi bien plus obéissant que cet été, et ne se met donc pas en danger. La piscine à 32 degrés n’a pas fait de mal à mes douleurs dorsales, d’autant qu’il s’est surtout amusé dans le petit bassin…Aujourd’hui on envisage de la maltraitance auditive pour moi: Alvin 3 est sorti au ciné, et il est fan. Ma conscience s’en accommode parfaitement puisque Rayond’soleil l’a vu hier, et que Calme de lune est trop grand pour ça! Je ne sais pas ce qu’on calera d’autre, à part du sable magique et des dessins de bonhommes et de lettres de son prénom, puisqu’il adore ça!

La semaine prochaine, nous serons tous réunis. Je dois avouer que je serai contente aussi. Peut être que s’il neige assez en attendant, et que j’ai un jour de bien, je les emmènerai faire de la luge, Calme de lune gère les remontées :p…J’apprends à profiter du moment présent, de ces têtes à têtes si rares lorsqu’on a 3 enfants, dont un Rayond’soleil, et à faire taire les petits démons pour n’entendre que sa voix magique à lui, mon ptit lutin malin! J’apprends à saisir sa main pour le guider là où il veut qu’on aille. Je fais de mon mieux pour le comprendre, et apaiser ses colères, pour gérer ses envies débordantes, et sa soif d’apprendre et d’avancer! Bon je vous laisse, je crois qu’on a gym si j’en juge par sa façon de se percher sur le radiateur 😉

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Dormir ensemble…

Vous dormez avec elle?!!!

Euh nan, je vous jure je suis innocente. « Elle » a une nuit et une demie journée. Elle est blottie contre moi, calée par le coussin d’allaitement. La puéricultrice me fustige du regard. Bien sûr, elle a vu que je m’étais endormie. Et elle m’engueule. Je lui donne de mauvaises habitudes, je pourrais la faire tomber. Ben justement, est-ce qu’on ne pourrait pas remonter la barrière de lit, ça m’arrangerait. Refus net et catégorique, ce bébé va dans son berceau. Elle s’approche de moi. « Je crois que ce bébé va rester dans mes bras, et que vous allez sortir, pour ne plus revenir. Relisez mon projet de naissance, je souhaite qu’il soit respecté. » Je suis restée calme, la descente d’hormones n’est pas entamée, je me sens en pleine forme, et ma fille, si petite, si fragile, va rester contre moi. Une autre personne rentre lorsque je sonne, elle relève la barrière de lit. 

4 ans plus tard, je tiens un autre bébé contre mon sein. La sage femme me remonte sans rien demander la barrière de lit, et cale le bébé avec le coussin d’allaitement. Même maternité, évolution des mentalités concernant le cododo. Je pourrai vous raconter la mésaventure avec une autre sage-femme, qui voulait compléter mon fils, à 4h du matin, le 4ème jour, et que j’ai menacé en hurlant et en pleurant de coller par un mur, mais j’ai un peu de dignité, et puis je suis là pour parler de cododo….

Rayond’soleil est différente. je l’ai vu tout de suite. Pas les médecins mais qu’importe. Calme de lune dormait plutôt bien en sortie de mater. J’aimais l’avoir près de moi, mais il ne demandait pas trop de contacts. 

Elle ne voulait que moi. Elle se collait à moi. Ce bébé si petit, si hypotonique trouvait malgré tout le moyen de ramper, pour coller son nez à mon sein. Assez rapidement, elle a préféré dormir sur moi,  et a débuté alors le combat de la mère contre la fatigue. La puéricultrice de la PMI passait pour la peser (Rayond’soleil a mis 30 jours pour retrouver son poids de naissance). Les premiers temps, je cachais notre lit. J’avais démonté les barreaux d’un coté de son lit, et l’avait collé au mien. J’avais fixé les deux à l’aide d’une patte de métal. Bref, du bricolage. Marquée par les paroles entendues à la mater, je cachais notre nid, pour éviter les réflexions. Ce qui est marrant, c’est que la puer avait remarqué qu’il n’y avait pas de lit bébé à la maison…Elle a fini par me poser la question, et, un peu honteuse, je lui ai montré. Elle a trouvé ça super, et n’a pas eu de mots malveillants. 

Je crois qu’elle m’a redonné confiance. Je n’avais pas à avoir honte de dormir avec ma fille. Si je dois être honnête, cela a duré presque deux ans. Pour Avalanche, à peine 6 mois, car je le réveillais dans mon sommeil. Il a fini par aller partager la chambre de son frère. Aujourd’hui, ils ont décidé de recododoter. Parce qu’Avalanche a l’imaginaire fertile, et il se fait plein d’histoire qui font peur, et se trouve rassuré par les bras protecteurs de Calme de lune; Parce que ce dernier est un peu trouillard aussi. Parce que les humains ne sont pas fait pour dormir seuls tout bêtement. Quand elle se réveille tôt, Rayond’soleil aime venir se glisser entre l’Amoureux et moi, et là bien au chaud, elle se rendort paisiblement. Hier à la sieste, je me suis endormie contre Avalanche qui cauchemardait, et Rayond’soleil a fini par venir s’enrouler contre son petit frère, elle aussi. 

Aux personnes qui m’ont dit « tu n’as pas peur qu’ils s’habituent » parlant d’eux petits, ou même aujourd’hui, je réponds « S’habituer à quoi? A être aimés? Câlinés? Choyés? Rassurés? Non je n’en ai pas peur, je veux qu’ils soient des adultes solides, qui se savent dignes d’être aimés, câlinés, choyés et rassurés, je veux qu’ils sachent qu’ils peuvent compter sur nous, et les uns sur les autres. »

La réponse qu’on me fait alors, est surprenante « Mais non pas ça, s’habituer à dormir avec toi! » . Sérieux les gens, vous connaissez beaucoup de gaillards de 17 ans qui viennent dormir avec maman toutes les nuits? Oui voilà, c’est comme le portage, à un moment, ça s’arrête!

Qu’a apporté le cododo à ma petite fille particulière? La chaleur qu’elle n’était pas capable de produire elle même sans gaspiller son énergie, l’assurance que j’étais là, moi son unique repère les premiers mois. Une réponse rapide à ses besoins, de nourriture mais aussi et surtout de contact. Elle ne dormait pas seulement avec moi, mais contre moi, et cela répondait certainement à ses angoisses. Elle avait besoin que j’englobe ses jambes sur mon bras qui passait dans son dos. J’ai appris bien plus tard que c’était la fameuse angoisse de morcellement dont souffrent les nourrissons et qui peuvent perdurer chez les enfants en situation de handicap .

Et à moi? Cela m’a apporté l’occasion de dormir un peu, à une époque où le sommeil était très compliqué. 

J’aime m’endormir contre eux, enfouir mon nez dans leur cou tout chaud, et me shooter à leur odeur. C’est bête, je sais que ça aura une fin. On ne fait que de l’occasionnel. Samedi dernier, quand mon Avalanche m’a dit d’une petite voix après son second vomito « ze veux dormir contre touuuuuuaaaa. », je n’ai pas résister. 

J’aime assumer aussi. Je connais des dizaines de parents qui ne cododotent pas! Nooooooooooooooooon. Enfin sauf…sauf quand le petit est malade, sauf quand on arrive pas à rendormir la petite la nuit (et c’est souvent mine de rien), quand on est trop crevés, quand on a trop bossé et qu’on s’est pas beaucoup vus, bah oui ça compte pas, hein! Pourquoi? Pourquoi on a tant de mal à assumer? 

Parce que le cododo est très mal considéré par le corps médical, risque d’étouffement, travers psychologiques (!!!). Le cododo bien pratiqué, n’est pas dangereux*. L’autre argument, que j’ai encore vu passer il y a peu, c’est que cela entrave les relations entre les parents, par relations, entendez sexuelles bien sûr. L’article en question, machiste et datant surement du XV ème siècle disait même  » que la présence de l’enfant dans le lit empêche le père d’avoir accès à sa femme. »Accès à sa femme? GLOUPS. Bon je vais pas donner mon avis là dessus, mais n’empêche, accès à sa femme…Au secours. Sans aller jusque là, certaines personnes n’ont pas hésité à me demander, le sourire en coin, comment on faisait. Bah on faisait ailleurs, autrement… :p Honnêtement, les lits c’est fait pour dormir hein! Puis, il y a enfin le sous entendu nauséeux de l’inceste, c’est un autre débat, dans lequel je ne souhaite pas me lancer. Parce que je n’ai pas envie d’avoir la nausée. Mais s’il fallait partager le lit de l’enfant pour en abuser, je pense que ça se saurait. Je n’irai pas plus loin dans cette réflexion là. 

Culturellement parlant, on a mis nos enfants à distance quand on a commencé à être assez aisé pour avoir une pièce pour manger, et plusieurs pièces pour dormir. Le cododo reviendrait alors à accepter une sorte de pauvreté. Finalement tout ce qui ramène à un peu de simplicité, et au maternage, renvoie à une société moins riche, matériellement parlant: tu allaites parce que tu n’as pas les moyens de payer le lait en boîte, tu dors avec ton bébé parce que cela t’économise un lit, tu le portes parce que la dernière poussette vaut un rein, et que ton drap là ça coûte pas cher. Des à priori que les gens ont du mal à surpasser, encore plus quand l’enfant est différent. Et pourtant, toutes ces petites choses apportent tellement à la relation parent/enfant. Attention, je ne dis pas que des parents qui poussent, biberonnent et ont leur chambre aiment moins leur enfant, ou ont une relation pauvre. Je dis juste qu’on peut se donner le droit de partager le lait, le lit, les jambes du parent 😉 

C’est difficile de materner un enfant en situation de handicap. Déjà parce qu’on voit plus de médecins, donc on a plus de risques d’avoir un jugement. Mais aussi parce que ses besoins sont plus intenses, beaucoup plus. C’est éprouvant pour le corps, et pour la tête. Le regard des gens, qui n’arrange rien, pèse également, on en revient toujours là…

Pour vivre heureux vivons cachés? Non, j’ai pas envie! Parce que je me sens bien quand je tiens un de mes crapauds contre moi. Parce que je reste convaincue que ça a apporté de l’équilibre à Rayond’soleil, de la confiance en elle, et aux autres. Et que j’ai furieusement envie que d’autres parents, d’enfants handicapés ou en pleine santé, s’autorisent à partager le sommeil de leur enfant!

  • le cododo doit être pratiqué avec prudence. On ne partage pas le sommeil de son enfant si on a bu, si on fume, s’il n’a pas un espace à lui. De même qu’on ne le fait pas dormir au bord du lit, sans protection contre les chutes, et qu’il ne dort pas sous les couvertures! Bref, on prend des précautions!

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    Photo datant d’il y a longtemps, avec petits bourrelets de maman…et de bébé! Rassurez vous on dormait pas dans le hamac au jardin, on avait un vrai lit dedans aussi!!