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Je sais pas lire

Quelques mots lâchés au détour d’une crise.

Elle est pénible avec son petit frère en ce moment. Elle adore le faire râler, et il démarre facilement, du coup, ça ne rate pas, il ronchonne, il explose.

On se faisait la réflexion avec l’Amoureux ce soir, les deux petits, qui s’entendaient si bien, se cherchent en permanence.

Et on s’est bien rendu compte que l’angélique et pacifique Rayond’soleil venait chercher la bagarre plus souvent qu’à son tour, et essayait en plus de faire punir son cadet…

Suite à une énième soupe de larmes après le bain, je suis aller enterrer la hache de guerre avec elle, tandis que l’Amoureux jouait les médiateurs avec le plus petit.

Difficile métier que celui de parents.

Et c’est entre deux  » Vas t’en toiiiiiiiiiii, pars, pars, laisse moi tranquille », pourtant lovée dans mes bras qu’elle a fini par parler de jalousie.

D’abord un faux prétexte, puis soufflés tout doucement ces quatre mots qui se sont plantés droit dans mon cœur:

« Je sais pas lire ».

Les larmes, j’ai essayé de les refouler loin.

« Moi je sais pas lire. Avalanche il sait lire. Calme de lune il sait lire. Moi je sais pas. »

Puis c’était tellement puissant comme cri que j’ai trouvé que ce serait injuste de ne pas le partager avec elle. Mes yeux étaient tout mouillés.

Elle a appelé son frère, et lui a demandé pardon. On a expliqué, il lui a fait un gros câlin.

Next. Les gosses passent si vite à autre chose. Avalanche qui hurlait et sanglotait 30 secondes plus tôt a pris les escaliers en chantonnant.

Rayond’soleil s’est apaisée un peu, et est restée dans mes bras sans plus me repousser.

L’Amoureux est venu lui aussi, et on lui a fait un gros câlin sandwich.

Elle s’est excusée d’embêter son frère. Et nous a dit qu’elle avait envie de pleurer.

Avalanche lit depuis un bon moment, et ne s’autorise à le faire ouvertement que depuis son entrée au CP. Cela a suscité beaucoup de questions chez lui. Auxquelles on a répondu sans tabou. D’ailleurs, puisqu’il ne lit toujours pas de roman, il trouve qu’il ne sait pas lire.

Mon Rayond’soleil ne lit pas. Elle fait des devoirs chaque weekend, à sa demande. Elle trace des lettres, elle les reconnait, mais les mots restent indéchiffrables, sauf quelques uns. Elle fait des efforts, elle se concentre, elle progresse en y mettant tout son cœur, et elle voit à côté son petit frère se balader sur les lignes. Rageant. DSC_0476.JPG

C’est tellement difficile ces moments où elle se rend compte que ses efforts ne payent pas. Où elle souffre de ne pas réussir.

Alors je lui ai refait le speech sur l’important c’est d’essayer et pas de réussir, mais elle m’a dit qu’elle avait du chagrin, et qu’elle voulait pleurer.

Et moi, l’amoureuse des mots, l’amoureuse des livres, j’ai réalisé à quel point son chagrin me faisait mal à moi aussi. J’ai laissé mes larmes se mêler aux siennes, j’ai laissé le sel laver nos peines. Je n’arrive pas à accepter qu’elle n’y arrivera peut-être jamais. Inconcevable ! Elle essaie si fort, si fort. Comment pourrait-elle être privée de ce délicieux abandon qu’est la lecture ?

Quelle souffrance ! Quelle injustice !

Alors, j’ai renouvelé ma promesse : on fera tout pour la porter le plus loin possible. Même si elle n’y arrive pas, on va continuer d’essayer. Parce que c’est important pour elle.

Et on a retracé la liste de ses victoires, pour se redonner l’envie de quitter son lit et la torpeur qui nous gagnait. Pour surtout réussir à retrouver notre sourire et notre joie.

Les larmes ont séché sur nos joues, mais la blessure est bien présente elle, dans son cœur comme dans le mien.

Elle sait pourtant tant de choses cette enfant là. Tant de choses que d’autres ne sauront jamais. Elle a une telle volonté. DSC_0450 (Copier)

Punaise qu’elle est forte.

Elle est redescendue, libérée d’une parole trop longtemps gardée. Elle m’avait refilé le bébé, et à moi maintenant de m’en débrouiller, après tout, je suis son rocher, son phare, je peux gérer ça.

J’ai eu mal à la gorge quelques heures encore, et les larmes ne sont pas taries au moment où je vous livre ceci. En tous cas les miennes. Je saigne quand je sais qu’elle est mal. Je peux tout endurer, tout surmonter, sauf le mal à l’être de mes enfants.

C’est un article autocentré, quand bien d’autres ont des souffrances plus importantes.

Mais c’est le mien. C’est mon article, mon chagrin, son chagrin.

Rayond’soleil a échoué tant de fois. Et tant de fois elle s’est relevée. C’est un exemple de persévérance et de foi en l’avenir. Je vais suivre ses pas. Tombée 1000 fois, relevée mille…

Rayond’soleil a retrouvé le sourire. Ils ont retrouvé au mois temporairement leur belle complicité.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Pire encore pour nos petits loups extraordinaires…

Rayond’soleil, lectrice ou non, je t’aime. Je n’aurai pas voulu une autre petite fille, sois en assurée.

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Les jolies colonies…

J’ai mille articles dans ma tête, je ne sais plus lesquels choisir. J’ai longtemps eu peur d’écrire ces dernières semaines. C’est bizarre la vie des fois. Je suis un peu paralysée par les chiffres des précommandes du livre, je me mets la pression…

J’ai envie de vous parler de Rayond’soleil qui grandit, des taxes qui augmentent, des enfants qui se battent contre une maladie terrible à l’hôpital, de leurs parents démunis,  de la loi qui enferme des malades à l’hôpital et de tout le monde qui s’en fout.

Mais je choisis aujourd’hui de vous parler d’un exemple de future intégration qui m’a réchauffé le cœur.

Mon Calme de lune part en colonie d’hiver et d’été depuis qu’il a 6 ans. Deux fois par an, nous recevons le catalogue, et il choisit sa destination, mi grognon, mi content.

Mi grognon : il ne va pas rester traîner ses savates dans la maison, mi content, souvent ses potes partent avec lui.

Depuis deux ans, Avalanche attend patiemment (ou pas) son tour. Il faut avoir 6 ans. Et Rayond’soleil attend avec.

Et j’avais cette petite appréhension au fond du cœur moi. Les mini-colos ne sont disponibles qu’en hiver, et si partir en classe verte avec sa maîtresse et ses copains est visiblement quelque chose de facile pour elle, j’ai peur que monter dans un bus empli d’inconnus soit une autre paire de manches.

Il y a trois semaines, quand nous avons reçu le catalogue pour février, Avalanche n’était que joie. Et elle a crié  » Ouaiiiiiiiis super ! Moi aussi ! »

« Rayond’soleil, c’est une colonie à la neige, t’aime pas la neige. »

Haussement d’épaules, moue mutine et deux mots, signe de détermination  » Tant pis ».

Un aveu ? Des phrases se sont succéder dans ma tête :  » Mais enfin, tu te vois à la patinoire ? Mais t’es sûre ? Tu sais que tu ne connaîtras PERSONNE ? Rayond’soleil, ils vont peut-être se moquer de toi, j’ai peur… Une colonie, c’est quatre jours sans moi, sans repère, tu crois, et si ça se passait mal, et si je te manquais, et si sans moi tu n’y arrivais pas ?  »

Puis j’ai vu (oui je vois les phrases dans ma tête, ne cherchez pas !) les mots  » J‘ai peur, sans moi, je te manquais, sans moi« .

Ben oui, c’est ma peur que je projette dans cette colonie.

Alors j’ai fait l »effort de sourire et de ressentir l’amour en moi, pour me réchauffer l’intérieur et avoir confiance. En moi d’abord, en toi surtout, et en la suite.

Et puis, je n’ai pas dit oui.

Il existe deux sortes de colonies de vacances. Les colos classiques, et les colos adaptées.

J’ai eu beau lire toutes les brochures distribuées par ton école, je crois que tu ne relèves réellement pas des colos adaptées.

On ne va se mentir. Je ne suis pas sûre que les colonies classiques accueillent toutes facilement les enfants exceptionnels.

Alors, dans un mélange de peur qu’on me dise oui, et de peur qu’on me dise non, j’ai expliqué par mail notre situation. Ton degré d’autonomie. Tes difficultés. Ton caractère facile et sociable. Ton angoisse de la nuit.

Et le lendemain, coup de fil. Le directeur va me rappeler mais l’inscription est prise en compte. Il m’appellera pour vérifier s’il doit ou non recruter une personne de plus pour t’accompagner.

Alors, j’ai dit que tout le monde allait partir. Tu seras avec Avalanche avec des enfants de 6 à 9 ans. Tu viendras tout juste d’en avoir 10.

J’ai encore mille questions qui me taraudent, me tiennent éveillée puis excitée. Radieusement inquiète, positivement effrayée.

Tu es tellement contente que t’en parles à tout le monde.

Tu vas aller en colonie pour ne pas faire du ski, ne pas faire du patin, ne pas faire de raquette, mais rire et te faire de nouvelles popines.

Pas une miette de souci dans tes beaux yeux, pas un soupçon de regret.

Heureuse. Libre ? Un peu peut-être.

En voie d’émancipation.

En février, j’aurai 3 jours en tête à tête avec l’Amoureux. Parce que vous allez tous tenter de voler, et qu’on fera tout pour qu’aucun d’entre vous ne se brise les ailes.

Si tu savais à quel point je suis fière…

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Se rapprocher de la nature

Dans ce monde où tout va trop vite pour elle, trop vite pour eux, pour nous, une seule solution pour nous reconnecter les uns aux autres avec efficacité et liberté.

Dans un monde d’interdits, de règles nombreuses, d’argent, et d’impossible, une seule destination pour se ressourcer.

En cette semaine de Samain, nouvel an celte et pont entre les deux mondes (celui des vivants et celui des morts), le mystérieux a pris le pas sur la normalité de la vie.

Nous nous sommes raconté des mythes, et des légendes, et Avalanche, toujours aussi vif en a profité pour nous reparler du Père Noël…Entre mentir et briser la magie, j’ai conservé mon cap à mi-chemin: « certains y croient, moi j’aime cette légende, l’esprit de Noël…Tout comme je crois aux fées, et à mille autres choses, pas toutes farfelues ». Du coup, serrés sous le plaid, on a dévoré le Pole Express avec presque deux mois d’avance !

Entre câlins et cookies maison, nous sommes allés salir nos vêtements. Faire rougir nos joues. Respirer nos montagnes.

Bravant le froid et la pluie, nous sommes allés une dernière fois avant l’hiver voir nos amies les girafes, les loups et le lynx, le cœur un peu serré de les savoir en train de disparaître dans la nature, parce que l’homme n’est qu’un fou cupide et égoïste.

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Nous n’avons fréquenté aucun cimetière, n’ayant pas besoin de cette date du 2 novembre pour saluer et honorer nos morts. Comme toujours, Rayond’soleil parle aux oiseaux, et croit qu’ils sont dedans, et Avalanche ne sait pas trop. Calme de lune a levé les yeux au ciel, et il a dit « quand on est mort, on est mort. » N’empêche qu’il n’est pas toujours rassuré la nuit d’Halloween.

Nous sommes allées à la ferme, marcher dans la boue et dans la bouse, jouer dans le foin ou dans la paille, et embrasser nos vivants, parce qu’ils sont là, même ceux qui sont déjà un peu partis…

Et puis, aujourd’hui, la forêt m’a appelée à elle. Comme une envie d’aller chercher des champignons, moi qui déteste les manger. Comme une envie de tester les progrès de Rayond’soleil en équilibriste de l’impossible.

Bien sûr, on a cherché des fées. On a essayé de ne pas faire de bruit pour ne pas les effrayer. On n’en a vu aucune, je crois que c’est parce qu’on riait trop fort, se tenant la main,  heureux de se sentir si bien,unis dans notre étoile, notre famille.

Par contre, coup de chance ou providence, nous avons trouvé une maison de fées. Même qu’il y avait un petit trou « qu’on dirait que c’est pour mettre le clef maman!!! » :

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L’Amoureux a fait une blague que deux des enfants n’ont pas compris « si c’est fermé, c’est qu’elles font le ménage et que ce sont les fées du logis ». Avalanche a ri quand même, ses beaux yeux marrons tout pétillants de joie.

Le chemin était ardu, et on n’a ramené qu’un pauvre cèpe, mais on a trouvé un Rayond’soleil (et aucune fouine, je précise pour ma copine Perles Pacifique) derrière une souche. Ça sentait le bois mouillé, ça craquait un peu sous les pieds et on a entendu des animaux qui criaient, on ne savait pas tellement pourquoi, mais le soleil rendait tout magique et magnifique, surtout ses yeux bleus à elle…

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Mine de rien on a aussi trouvé un petit troll des bois, qui ne nous a pas fait peur, mais un peu quand même, sauf quand il est parti en riant comme une clef à molette, abandonnant son masque pour ne plus faire que rire, rire en disant « mais tu m’as pas reconnu maman ?! ».

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On a eu l’impression que la balade nous emmenait dans un nouveau pays, plus doux, plus tendre, plus liant. Un pays où on se sentait un peu seuls au monde, sauf qu’il y avait quand même des abeilles, parce qu’il y avait des ruches, et on s’est dit que tout n’était peut-être pas perdu.

On a devisé à notre niveau sur la vie, sur ce qu’elle est et ce qu’on en fait. Sur les combats à mener et ceux que nous trouvions superflus. On a dû expliquer les énergies fossiles et les guerres qui poussent les familles loin de chez elles, pourquoi les papis deviennent vieux et pourquoi il faut prendre soin des bois. On a parlé de maladie et de handicap. De sucre et de bonbons. De belles actions et de gens méritants. D’un demain sans nul doute meilleur pour des enfants qui aujourd’hui n’ont pas eu le bonheur de sortir dans les bois.

Loin de tout et loin du monde, au détour de sentiers glissants et de lisière de forêt, entre deux vols d’oiseaux et un bruissement de renard, sa petite main s’est glissée dans celle, amie, d’un colosse au cœur marshmallow, et ils nous ont rappelé que ce qui tient ce monde, c’est la solidarité…

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En conclusion, ces quatre jours et demi, de repos, de répit, de repli sur nous au sens joli du terme, m’ont rendu un peu de l’oxygène qui me manquait pour affronter la vie, pour lutter à mon niveau contre les injustices, contre les méchants, contre ceux qui ne savent pas…Et aussi pour me rendre ma plume, qui s’était asséchée, paralysée par la fatigue, et avouons-le aussi, la peur de vous décevoir….

Allez j’vous laisse, j’ai un « Baptiste Beaulieu » sur le feu ! La bise. 

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Confidences

Pourquoi t’es en mouvement, qu’est-ce-que tu fuis ?

Ce que je fuis c’est demain. C’est le monde qui change, c’est ce cycle infernal qui revient. Ce que je fuis, c’est la haine, la peur, l’égoïsme.

Y a longtemps que je sais que je ne suis pas faite pour ça. La verticalité, le capitalisme, le chacun pour soi.

Marre, j’en ai marre.

Qu’on tape sur les pauvres pour expliquer la baisse du niveau de vie, qu’on tape sur les parents parce que leur gosse est différent, qu’on tape sur les migrants pour expliquer le chômage, qu’on tape sur les chômeurs pour expliquer que le marché du travail c’est pas facile et que si t’es pas content …

Si t’es pas content quoi déjà ?! Tu peux partir mais attention, c’est pas facile.

Oppression. 

Le chômage, je connais plutôt bien. C’est le jour des chiffres de Pôle Emploi qui vont tous nous terrifier. Nous aigrir. Nous monter les uns contre les autres. Et nous maintenir en l’état de braves petits soldats.

La peur de demain ,tu la vois arriver ?

Bien sûr que le monde du travail c’est la jungle. Mais quand les gazelles vont-elles se rendre compte qu’elles sont mille fois plus nombreuses que les lions ? Que ce sont elles qui ont le pouvoir ?

Ces chiffres en cachent un autre, plus affolant encore et qui vient enserrer mon cœur de mère dans une cage en acier trempé : les travailleurs handicapés sont deux fois plus touchés par le chômage. Le chiffre grimpe encore lorsqu’il s’agit d’une déficience intellectuelle.

Et pourtant, de tout ce qui me terrifie dans l’avenir de Rayond’soleil, ce point n’est pas le plus douloureux. Bizarrement je me sens presqu’en paix avec son avenir professionnel. Le reste autour sera bien assez difficile à appréhender.

Le milieu protégé souffre d’une sale réputation et parfois à raison. Parfois à tort aussi.

Et puis ce qui me dérange surtout, c’est qu’il ne dépend pas du ministère du travail… Cynisme quand tu nous tiens.

Les entreprises adaptées font de leur mieux, mais on ne va pas se mentir, les subventions diminuent, la pression s’accentue. On va vouloir de plus en plus d’efficience.

Pas partout, évidemment.

Evidemment…

Quelle vie professionnelle pour mon Rayond’soleil ? Dans 10 ans, que sera devenu notre monde déjà hyper centré sur le profit à tout prix  ?

Comment peut-on en arriver à se poser la question de l’avenir professionnel d’un môme de même pas 10 ans ?

Facile, il suffit qu’il mène déjà sa petite barque loin des sentiers battus pour que l’avenir prenne ses parents en tenaille.

Ou pour que ses parents se sentent brutalement l’envie d’autre chose.

De quelque chose de plus alternatif.

Ma petite cousine me disait il y a peu « ce monde qu’on leur laisse remet en cause mon envie d’avoir des enfants… Je te jure, si un gouvernement met au centre de sa politique l’écologie et la solidarité, je me casse ».

Moi j’ai déjà les enfants. Trop tard pour changer d’avis. Alors j’ai une seule possibilité envisageable, changer le monde.

Tu divagues, on change pas le monde tout seul.

Bah non, mais on peut commencer. Et s’allier. Parce que le vrai changement ne viendra pas des politiques mais d’un réveil citoyen, solidaire. Rappelons nous qu’ils ont encore le pouvoir parce qu’on a bien voulu le leur laisser….

Tout va de plus en plus vite, et effectivement, les personnes en situation de fragilité (d’ailleurs tiens fragile mais par rapport à quoi exactement ? ) ne peuvent pas suivre les rythmes imposés au travail, et nous en voulons chaque jour de plus en plus. Sans parler de cette armée uniforme dans laquelle nous devons entrer à tout prix.

Bye bye la différence. 

Et si au lieu de vouloir plus (de biens, d’argent, d’efficience) nous voulions mieux ? Mieux vivre, mieux manger, mieux travailler, mieux répartir.

Ce que je souhaite pour demain, ce n’est pas être riche de possession mais riche d’humanité et d’humanisme.

Humanisme, visiblement un nouveau gros mot pour certains, mais je m’en fiche.

D’être fleur bleue, naïve, idéaliste et rêveuse. Je crois que je devrai vraiment faire une pause « réseaux » parce que ma sensibilité y est mise à rude épreuve…

Ma fille, et tous les enfants,ados, adultes qui lui ressemblent peuvent et doivent avoir une place au sein de la société. Si nous changeons de modèle, elle pourra prendre part et non plus être considérée comme un boulet.

Revoir nos modes de consommer, de travailler, de polluer, de vivre devient urgent.

Parce que nous sommes en train de creuser des fossés de plus en plus profonds entre ceux qui ont et ceux qui font, et de nous détruire à petit feu. Ou  à grand feu vraisemblablement.

Rayond’soleil est riche de tant de choses…

Quiconque (qui est le mot de la langue française qui peut se targuer de me poser le plus de problème au monde) la connait sait ce qu’elle apporte aux autres :bienveillance, empathie, sympathie, attention…. Tout cela ne produit pas de richesse commerciale, mais, dans ce monde qui voit se développer de plus en plus de thérapies alternatives pour soigner les maux de l’hyper-consumérisme et de l’hyper efficacité, ces thérapies « positives », dans ce monde donc, les milliers de Rayond’soleil peuvent être des thérapies à eux seuls, et apporter un nouveau regard sur la vie et le monde.

Elle m’a profondément changée. Tellement. Radicalement.

I have a dream moi aussi, et je me fiche que certains le trouvent ridicule.

Je veux qu’elle ait sa place, qu’elle ne dépende pas de moi ni du système. Je veux moins de verticalité et plus de coopération. Je veux plus de solidarité et moins de peur de son prochain.

A chaque fois qu’un homme tend la main à un autre et que j’ai pu contribué à cet élan du cœur, j’ai l’impression d’avoir gagné la coupe du monde, la coupe du monde de demain en somme…

S’allier les uns avec les autres plutôt que les un contre les autres paraît si simple et pourtant si loin de ce que je peux constater au quotidien.

La différence quelle qu’elle soit effraie. Les minorités souffrent et restent silencieuses. Les minorités rassemblées peuvent tout changer. Je ne parle pas de révolution (Hasta siempre !!) mais bien de cohésion. De solidarité. De mieux.

Ma fille ne restera pas sur le bord du chemin. Nous sommes des loups, nous formons une meute, solide, indéfectible, et nos rêves resteront plus puissants que leurs profits et leurs tentatives de nous diviser.

Il est temps de nous battre, tous ensemble.

Il est temps de réfléchir à de nouveaux modèles économiques et de réinventer le monde du travail. 

Pour elle.

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Alors je ne suis pas naïve, la solidarité a des coûts mais actuellement entre les baisses de remboursement ( on reparle des sorties « de convenance » pour les enfants hospitalisés ? Ou des médicaments qui luttent contre l’alzheimer de mamie ?) et les hausses de taxes (on reparle du prix du gas-oil que pour aller bosser tu dois vendre un rein ? ) je me dis que quelqu’un quelque part épargne et investit sur le futur non ?

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Le Big Kid de Rose and Rebellion

J’avoue que lorsqu’Olivia de chez Naturiou m’a contactée pour tester le Big Kid de Rose and Rebellion ,leur dernier modèle XXXL, j’ai commencé par la prévenir que j’avais détesté d’autres maxi modèles, histoire qu’elle comprenne bien que je pouvais être pénible.

Elle ne s’est pas démontée, je crois qu’elle avait envie envie d’un vrai avis dessus.

Je n’avais pas spécialement accroché avec le petit preschool, un peu raide à mon goût (de luxe qui aime le tissu écharpesque).

Donc j’ai accepté, en me disant qu’au pire j’allais le rendre.

A réception, première bonne surprise, tout le monde adore son look (j’ai le Souls 2 ).

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Il est vraiment grand, sans être encombrant. C’est le gros reproche que je fais à celui qui se targue (aussi) d’être le plus grand porte-bébé du monde, le easyfeel. Les bretelles de ce dernier et sa ceinture sont en mousse hyper rigide, ce qui le rend encombrant et peu confortable pour les petits gabarits.

L’assise est bien large (57 cm de largeur à plat, et 54 de haut) et englobe même mon Rayond’soleil qui mesure aujourd’hui 133cm . Elle ne met pas ses bras dedans, mais cela serait possible (et auquel cas, il remonte à sa nuque). La ceinture plaque bien sur moi, cela aura moins été le cas de notre second cobaye (on a fait un test avec Rayond’soleil sur un très grand porteur) et les bretelles, bien qu’assez fines se positionnent bien. Elles se règlent vers l’avant et l’arrière ce qui permet aux très grands porteurs de ne pas avoir la boucle sous le bras.

En pratique :

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Malgré son bon gabarit, le tablier l’entoure bien et assure son rôle de maintien. Je rappelle ici son hypotonie, et elle ne s’est pas affaissée (quasi 40 minute de shooting pas trop statique). Comme toujours, elle se glisse plus sur la droite, pour maintenir son côté faible, mais cela lui convient donc à moi aussi. Mon confort reste sommaire avec 33 kilos à supporter, mais hormis un préformé de couturière, les seuls à être plus conforts que lui dans les gammes classiques seront les P4 (qui sont moins larges malheureusement mais pour lesquels on retrouve le tissu que j’aime le plus). Le tissu un peu rigide ne se fera pas au corset je pense (je vais faire un test un soir où elle voudra coopérer) ou risque de créer des tensions inutiles. Elle s’y sent bien.

A la marche, il se positionne super bien et je n’ai aucune douleur aux hanches (je ne parle pas des douleurs normales qu’on ressent en portant un mammouth) et elle reste stable dans mon dos :

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J’ai testé avec Avalanche, un poil plus petit (et plus léger) et le tablier lui tombe parfaitement :

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Il mesure approximativement 125 cm et pèse 27 kilos. il est plus du genre hypertonique et on a beaucoup fait les clowns quand il était sur mon dos sans que cela ne crée les mêmes douleurs qu’avec le preschool de chez R&R à l’époque où il était passé en voyage ici.

Dans les points négatifs : les boucles sont aussi grandes que les enfants qu’elles doivent supporter et ce n’est pas des plus agréable… Et la capuche, que j’ai enlevé. Je ne l’ai pas trouvée forcément utile et quand j’ai voulu l’attraper pour l’attacher les pressions ont lâché (pas cassé! )

Même celle qui passe sur le thorax est très volumineuse.

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En résumé, c’est un bon produit. Les petits inconvénients sont vite oubliés, et je pense même que quand on n’a jamais goûté au préfo sur mesure on ne les voit pas forcément !

Je le conseille franchement !

Vous le retrouverez ici https://www.naturiou.fr/676-porte-enfant-2-a-7-ans-et-plus

Nous remercions Naturiou pour cette possibilité d’essai !!

A venir : le Easyfeel justement, le Boba X et le Porte-champion de Bulle d’amour !

Et en attendant, un hommage à mon photographe attitré, mon grand garçon de quasi 12 ans qui a pris toutes les photos du blog ou presque, et toutes celles ci dessus, Mon Calme de lune…

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Douleurs miennes…

La vie, la maladie, le handicap….

Des gros mots, des mots gros, lourds de sens, lourds de conséquences.

Parfois tu nais avec, et tu sais bricoler. C’est comme ça, c’est toi, pas un autre, tu l’as toujours connu et plus ou moins su.

Parfois ça te tombe dessus. Je suis « tombé » malade. N’est-ce pas ainsi que l’on dit ? Cataclysme qui remet tout un écosystème en question.

Etre un proche de malade donne plusieurs missions. Etre présent, mais pas trop. Montrer la voie sans envahir. Etre une épaule, qui ne pleure pas. Donner mais pas trop. Se donner. Sans mesure.

Souvent, je me dis que la vie vaut vraiment la peine d’être vécue. Je suis là, gaie et souriante, mon cœur en bandoulière et ma fille sur le dos. On affronte nos aléas avec une facilité parfois feinte.

Et parfois, je suis tordue de révolte en mon fort intérieur.

Franchement, la vie, tu peux pas t’en prendre à ceux qui sont méchants ? Laisser les gentils se bercer de douceur ?

Je suis pas du genre à souhaiter du mal aux gens. Mais si on doit faire comme dans le sketch du « tu préfères », je préfère avoir mauvaise conscience et épargner les innocents.

Mon cœur saigne par procuration. J’ai besoin d’être utile, je peux pas tirer ma révérence.

Je pense à tous ces petits loulous magiques et à leurs aînés tout aussi courageux qui se battent comme des forcenés. Leur sourire aux lèvres et les cernes sous les yeux.

Se battent pour marcher, pour parler, pour avoir les mêmes droits que les autres, pour vivre.

Mes émotions se retrouvent au bout du clavier.

Moi la joyeuse et l’impassible, celle qui encaisse toujours, qui rebondit comme une petite balle folle.

Je souffre de tout ce que ce monde a de moche.

Et pourtant j’ai attendu que les sanglots soient taris pour vous écrire.

Rebondir.

Vous écrire qu’il faut se battre. Se relever. Retomber. Autant de fois que Rayond’soleil l’a fait quand elle voulait désespérément faire ses premiers pas. Faire pour ne pas subir.

Décorer une chambre d’hôpital. Raconter des blagues. Respirer fort avant de parler à une personne en détresse et lui montrer une épaule amie et solide. Consoler un enfant qui pleure les mêmes peines que les vôtres. Pleurer aussi. C’est pas honteux. Même si ce n’est pas vous que la vie écorche le plus.

Donner. Son temps, son sang, sa patience, son énergie.

Donner un sourire même si vous le croyez déplacé. Une pensée même si elle n’est pas à propos. Une place de ciné, un repas tout fait. Donner de la joie dans les moments difficiles. Une oreille pour absorber la colère. Une épaule pour que l’Autre s’y repose. Une chambre chez vous pour qu’il n’affronte pas la vie tout seul.

C’est drôle comme on change. Moi, la timide,  qui fuyait le contact j’accepte de plus en plus de serrer les gens contre moi. Ou de serrer le bras ou la main de la personne qui souffre, en son cœur, en son corps ou au sein de la société.

Mon métier me rapproche de moi-même, presque autant que cette association que j’ai créée. Le côté le moins « cool » est que je suis confrontée à tout ce qui me révolte du coup.

Mais je ne baisse pas les bras. Je n’accepte pas. Résignée ? Moi ? Jamais !

Je ne prends pas pour moi les difficultés des autres. On m’a posé la question la semaine dernière : « Comment tu fais pour couper quand tu rentres chez toi ? ». De la même manière qu’avec l’association  en fait. Sinon je meurs. Les douleurs de quasi inconnus doivent rester les leurs. Je les épaule de la façon la plus professionnelle qui soit, et je me concentre sur les miens en rentrant. Quand il s’agit de notre famille, ou de nos amis, bien sûr, c’est différent. Je ne peux plus maîtriser autant…Mais je peux être présente. Pour tous.

En ce moment, je gère moins bien l’injustice (et l’inhumanité /inhumanisme aussi) en général. C’est comme ça. Écorchée un jour, écorchée toujours. Si l’écriture est un art, disons que je suis torturée comme une artiste.

Vous en dire un peu sans tout raconter pour que chacun puisse s’identifier.

Fight. Right now les gens. Demain il sera peut-être trop tard. On est tous capable d’un sourire ou d’un geste réconfortant. C’est le premier pas vers vous-même et vers les autres. Fraternité.DSC_0329 (Copier)

 

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Action pour les Aidants

Le 10 septembre, imprimez la lettre pour le Président et envoyez-la à l’Elysée pour qu’il en reçoive plein en même temps et que cela interpelle ses équipes !

Pour ne plus être réduit au silence, venez contribuer à cette action !

L’action des aidants c’est le 10 septembre, pour que qu’il n’y ait plus de promesse non tenue et plus aucun sans solution ! Il est temps de changer les choses !

Les journaux souhaitant relayer l’action sont invités à nous joindre par mail ou téléphone

portageethandicap@sfr.fr

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