1

Rencontre touchante

Oui je l’avoue, je ne trouve pas de titre qui me plaise pour ce billet d’humeur, encore un.
Hier, j’ai retrouvé une amie au lac. Nous y étions avec nos enfants. Rayond’soleil et Avalanche jouaient sur la plage (Calme de lune est en colo!), tandis que nous lézardions un peu plus haut, sur la couverture, avec son bébé. 
Nos affaires éparpillées au gré des enfants gisaient entre eux et nous.
Notamment le petit vélo rouge d’un autre âge de mon Avalanche.
Nous discutions, veillant de loin sur mes tornades, quand un petit garçon d’une dizaine d’années (ou surement un peu plus, il faisait la taille de mon Calme de lune, qui est un géant!) s’est saisi du tout petit vélo.
 » Louis, laisse le vélo, il est à un autre enfant, et puis il est trop petit! »
Mais Louis n’est pas d’accord. Il fait signe à son papa qu’il est grand. Louis est un peu vexé. 
« Bien sûr que tu es grand, Louis, c’est le vélo qui est petit. »
Je guette du coin de l’œil la réaction de mon Avalanche, à qui il peut arriver de ne pas être prêteur, mais il observe la scène de loin, et décide que Louis peut jouer avec son vélo. 
Louis saute au dessus de la couverture, les gestes sont saccadés, son regard refuse de rencontrer le mien quand je lui dis que même si le vélo est petit, il a le droit de le prendre, visiblement le propriétaire est d’accord!
Le papa de Louis essaye de l’attraper, et me lance: 
 » C’est un petit garçon autiste, il ne comprend pas toujours tout vous savez ». 
Je réponds assez platement : »j’ai vu, mais ce n’est pas grave! »
Ma réponse est nulle.
Monsieur le papa de Louis, si tu me lis je voulais dire que ce n’était pas grave de ne pas tout comprendre, c’est parfois une chance. Ce n’est pas grave de vouloir emprunter un chouette vélo. Ce n’est pas grave d’être un petit garçon différent. Tout ça, c’est pas grave.
J’ai commencé à observer ce petit bonhomme, avec le regard plus neutre de celle qui vit le handicap au quotidien. Louis joue paisiblement, même s’il n’aime pas avoir du sable sur ses pieds. Son papa a l’air formidable.
Il a l’air enjoué, il s’extasie de tout ce que son fils accomplit, il l’encourage sans cesse à aller plus loin.
On les retrouve aux jeux. Le papa de Louis est un vrai coach, il s’excuse auprès d’une dame, expliquant le comportement de son loulou. J’ai un pincement au cœur. 
C’est dingue. Je dis à mon amie « Bon sang, mais quel stress en fait! ».
Je me rends compte que c’est notre lot quotidien. Dès que notre enfant ne rentre pas tout à fait dans le moule, on s’excuse pour lui, on le veille continuellement, on explique à l’avance. 
Je me suis demandée si j’étais comme ça moi aussi, et je me rends compte que oui. J’explique que Rayond’soleil a des difficultés, pour ne pas avoir à répondre aux questions qui me sont parfois difficiles, je les devance. J’explique aussi qu’Avalanche peut être explosif, alors que plus je glisse sur ce terrain là, et plus il a tendance à exploser justement.
Monsieur le papa de Louis, je te rassure, on voit qu’il est différent, mais on voit aussi que ça pourrait être 100 fois plus dur. Louis, t’as un bol phénoménal bonhomme, malgré ta sensibilité à fleur de peau. Tu as pleuré, parce que tu n’arrivais pas à monter sur la plateforme, et je t’ai entendu dire « C’est pas juste, c’est pas juste! » entre deux sanglots, et les larmes sont venues à mes yeux. T’as raison Louis, y a quand même des trucs pas justes. Tu sais que ça demande dix fois plus d’efforts qu’à la plupart des mômes de ton âge pour essayer d’escalader cette plateforme, et c’est pas juste. J’ai regardé ma fille, et j’me suis dit que si on avait tous un quart de votre volonté à tous les deux, les enfants sauraient déjà voler. C’est pas juste, tu devrais pouvoir faire comme les autres, mais tu peux pas. C’est la vie, c’est pas toujours juste tu sais. J’ai croisé ton regard quelques secondes, et je t’ai dit « mais tu vois où tu es, là? Tout en haut! » T’as séché tes larmes Louis, et tu es reparti à l’assaut d’autre chose, un but que toi seul t’étais fixé. J’ai vu ton papa reprendre son appareil photo, pour immortaliser tes progrès, et j’me suis promis de plus jamais devancer les questions des gens. L’important c’est pas comment les gens vous regardent, ça non! L’important c’est comment nous les parents on vous perçoit.
Un peu plus tard, un petit garçon a violemment frappé Avalanche avec un bâton. J’ai senti mon cœur battre un peu plus vite. Pas parce que je ressentais de l’agressivité pour cet enfant (en plus le bâton était cassé et n’a pas tapé très fort), mais parce que j’ai eu peur de la réaction d’Avalanche. Il a été quasi exemplaire: il a fâché le petit garçon, lui rappelant qu’on ne devait pas frappé les autres et il a confisqué le bâton. Le petit a pleuré, et la maman est intervenue. Avalanche s’est contenté de dire que, comme il lui avait fait mal, il avait pris le bâton. J’étais fière de lui, qui ne se démontait pas devant l’adulte. La maman s’est excusée, auprès de moi, et subitement, j’ai bien eu envie de la prendre dans mes bras. J’ai imaginé ce qu’elle ressentait, et c’est plutôt simple, car il arrive à mon loulou d’être un peu comme ça aussi. J’ai haussé les épaules, en lui disant qu’on ne pouvait pas vraiment attendre d’enfants de 3 ans qu’ils soient totalement sociaux, et aient intégré tous les codes, et toutes les normes, et que parfois nous les adultes, on avait envie de taper aussi, et qu’on avait du mal à s’en empêcher. J’ai vu le soulagement sur son visage, et je me suis refait une promesse: si je suis capable d’être aussi tolérante avec l’enfant qui agresse le mien, je peux aussi l’être quand c’est le mien qui tape/crie sur un autre enfant. Si je suis capable de prendre autant de recul, alors mes enfants ont le droit d’en bénéficier.
Madame la louve, je sais que tu me lis, et je te remercie d’avoir instauré cette réflexion. 
Nos enfants sont comme ils sont. Pas parfaits, parfois différents. Mais ils méritent qu’on les aime pour ce qu’ils sont, et qu’on les guide en toute bienveillance vers les progrès qu’ils sont capables de faire, les uns et les autres, sans jugement mais avec clairvoyance et avec tout l’amour qu’on est capable de produire. Je sais que c’est parfois pesant, le regard des autres parents, j’en fais parfois les frais même avec nos amis, et on ne peut pas toujours leur en vouloir de réagir de manière viscérale quand leur enfant est touché, mais se distancier de ces regards là permet une meilleure ouverture à nos émotions pures et personnelles, à nos enfants aussi. 
DSC_2011 (Copier)

et quoi de mieux pour illustrer cet article, que le progrès du jour de cette extraordinaire petite fille qui est la mienne!

Publicités
1

La semaine contre la VEO, la bienveillance, tout ça tout ça…

C’est la semaine de la non violence éducative. 

Je suis triste qu’il y ait une semaine de la non-violence.

Ca fait longtemps que j’ai pas écrit qui fait débat. Je suis d’humeur…Massacrante! Alors je vous préviens, si c’est pour venir me taxer de bobo, de hippie, de laxiste, je vous arrête, j’ai pas envie de me battre. 

Chacun pense ce qu’il veut ok. Mais si battre sa femme, c’est la violence conjugale, battre son môme c’est de la violence parentale. Ca ne souffre pas d’objection. Donc à moins que vous ne considériez normal de taper sur tout ce qui vous contrarie, (et là je vous suggère de consulter avant de devoir aller en prison) ouvrez vos chakras, et détendez vous, on n’est pas là pour juger, mais pour discuter ensemble, de comment on peut devenir un parent qui ne malmène pas son enfant.

J’ai eu Calme de lune il y a de cela 9 ans. J’avais des rêves plein la tête, et j’avoue que j’ai eu un bol monstre, mon Calme de lune est un petit garçon facile. Trop facile même. On bosse dur avec lui, parce qu’il n’exprime presque jamais de colère, et je sais que s’il fait ça, c’est qu’il a des peurs. Rayond’soleil est arrivée deux ans plus tard. Beaucoup d’angoisses ont plané au dessus de sa petite tête chétive, et là encore, la non violence éducative a été assez facile. Mis à part les crises de rage qu’elle a pu me faire des années durant, les pleurs intarissables des 6 premiers mois, elle ne m’a pas « remuée ». Avec Avalanche, c’est une autre paire de manches. Perturbateur, frondeur, colérique, intense dans toutes ses émotions, cet enfant m’a énormément déstabilisée. Nombre de fois, j’ai eu envie de lui coller une calotte, qu’il s’arrête enfin!

Alors la non violence éducative, qu’est ce que c’est? Et surtout, pourquoi trouvons nous cela si difficile?

La non violence c’est le fait de ne pas se montrer violent. Jusque là, c’est facile, notre société a su brimer et juguler l’agressivité naturelle de l’homme, en imposant des codes sociaux.

Sauf que ce n’est pas du tout le cas dès lors qu’on parle d’éducation. Justement, on estime que battre son enfant n’est pas grave, il faut bien qu’on se fasse respecter non de non! Puis, il faut le dire, arrêter de réagir par la violence, avec des fessées ou des gifles n’est pas chose facile.

J’explique: quand, à bout de nerf, vous giflez votre enfant, c’est un réflexe. Si vous menacez pendant 10 minutes, et que vous finissez par le faire, c’est du conditionnement. On a presque tous pris des claques et des fessées, et si j’écris aujourd’hui, et que vous lisez, c’est qu’on n’en est pas morts hein! C’est l’argument choc des pro-fessée: on en est pas mort. Mais d’autres si. Oui oui, je vois arriver le débat. Entre mettre une fessée et battre son enfant à mort, il y a… Il y a quoi? Un engrenage? Un pétage de plomb plus explosif que les autres? Si on s’autorise à violenter un enfant, on a plus de risques d’aller trop loin que quelqu’un qui se l’interdit. 

On a déjà eu du bol, nous les trentenaires(coucou les copines quarantenaires :p ) parce que nos parents avaient abandonné les coups de martinet et les coups de ceinture( pour la plupart) et ne recouraient à la fessée qu’en ultime recours, signe déjà d’une évolution dans les mentalités.  Si je me souviens des fessées que j’ai reçues? Oui, elles n’étaient pas fréquentes, mais je ne peux pas dire que je les avais bien méritées, ni que j’en ai retiré un quelconque enseignement. J’ai eu la chance d’avoir une maman présente, et aimante, avec qui je pouvais dialoguer aisément (même si je m’y suis mise tard, au dialogue). Je sais aujourd’hui la pression mise sur les parents concernant l’éducation. Si j’ai déjà frapper un de mes enfants? Oui, je suis un être humain, et parfois ça m’est arrivé de craquer. Si j’ai honte? Oui, bien entendu! J’aurai du réagir autrement. C’était de bêtes tapes sur les fesses, mais quel intérêt? Alors qui suis-je pour donner des leçons? Personne, d’ailleurs, je n’en donne pas. Je suis convaincue du bien fondé de la non violence éducative, je suis convaincue aussi de grandir avec mes enfants, d’apprendre à être une maman bienveillante, au gré de mes expériences. Mes aînés ont un passif du côté de leur père qui fait que je m’interdis tout geste brusque. C’est l’extrême qui m’a fait prendre conscience que non, même pas une petite tape. Ce n’est pas possible, ça devrait être illégal.

Les automatismes font que je crie encore pas mal, la pleine conscience du pourquoi et du comment fait que je m’en rends de plus en compte rapidement compte. J’ai beaucoup plus de raisons de hurler sur les clients pénibles ou sur mon chef que sur mes enfants. Déjà parce que mes enfants, je les aime, alors que les sus-cités, ben pas tellement! Et puis, ils me font confiance. Et je suis responsable de leur intégrité physique. Crier, ou dire des choses méchantes peut être dévastateur pour un enfant. (estime de soi, repli…)

Quand on ne frappe pas son enfant, mais qu’on lui apprend les choses dans la tolérance et l’amour, on gagne son respect. Quand on lui impose les règles en le contraignant physiquement à obtempérer, on lui inspire la peur, la douleur, parfois le rejet, mais pas le respect! Je ne respecte pas celui que je crains, et je ne crains pas forcément celui que je respecte. L’enfant qui reçoit des coups va juste apprendre à dissimuler ses bêtises, ses fautes. Mes enfants se dénoncent facilement quand ils ont repeint un mur, ou cassé un pot de fleur, ou eu une mauvaise note. Parce que, si effectivement je me fâche pour le mur, je sors la pelle et la balayette pour le pot de fleur, et je cherche la raison de la mauvaise note (a-t-il appris sa leçon, l’a-t-il comprise, ai-je fait assez d’efforts moi même pour lui permettre de comprendre la leçon?), ils savent tous que la punition ne fait pas mal.

J’aimerai arriver à ne plus punir. Pour l’instant, je n’y arrive pas avec Avalanche. Il a tant de choses à apprendre, et tant de caractère que je ne sais pas comment gérer. En cas de crise colérique de l’un de nous deux, je sors de la pièce pour passer mon agressivité plus loin (en rageant, en tapant dans un coussin, en chantant DIAM’S). Si j’en arrive à brailler plus fort que lui, je sais que j’ai échoué dans la résolution du conflit. Je ne suis pas zen, je ne suis pas parfaite, il m’arrive même d’être dure et de passer des soirées entières à m’en vouloir d’avoir mal géré un problème. 

 

Et si la bienveillance commençait par soi même?

Je crois que j’ai trouvé la clef pour des rapports plus sains avec les enfants. Déjà, se détacher du regard des autres est primordial. Quand on juge un enfant qui pique une crise pour avoir une sucette, on entrevoit 1 minute de la vie de la famille, rien de plus. Et ce n’est pas parce que le parent cède qu’il est laxiste, le petit a peut-être eu une injection pour ses soins, un épisode douloureux à l’école, la perte d’un animal de compagnie, bref 1001 raisons de péter un câble, d’autant que son cerveau est immature et ne sait pas gérer la frustration. Quand on voit une mère de famille hurler sur sa fille de 4 ans et lever la main, on ne sait pas si elle n’a pas eu à subir d’autres épreuves dans sa journée. L’empathie bon sang, c’est la clef!

Et on n’est jamais bien servi que par soi même. Donc j’ai décidé d’être bienveillante avec moi même. Oui, je suis imparfaite, mais je pense que ça leur mettrait pas mal de pression à mes mômes si je faisais tout toujours parfaitement! Mais je sais reconnaître mes erreurs et chercher des solutions. Par exemple, je déteste voir bouder mon fils aîné. Je ne sais pas pourquoi, mais autant je suis à l’aise avec les colères monumentales du Terrible two du dernier, je ne sais pas réagir aux bouderies. Enfin, ça c’était la semaine dernière. Parce que j’ai réfléchi, et je me dis que je n’ai qu’à l’encourager à parler. Et que je ne dois pas juger ses raisons. Oui, je me casse en deux pour qu’ils passent de supers moments, on fait des milliers de choses qu’ils aiment et ils devraient se prosterner devant un autel à ma gloire. Mais il a 9 ans, et il a le droit d’être contrarié par ce que je vais considérer comme une broutille. Ca ne remet pas en cause les efforts que j’ai fait avant, ça ne veut pas dire que sa journée est nulle ou que je suis une mauvaise mère ou lui un mauvais fils. Quand j’ai décidé de ne pas me sentir agressée, visée par ses bouderies, j’ai pu les accueillir plus simplement, et me passer du sermon « tu te gâches la journée à tirer une tête de 6 pieds de long, et tu me pourris la mienne. »(suite auquel j’ai pleuré toute la soirée, parce qu’il avait pleurer aussi).  Il a le droit de ne pas être content, et ce n’est pas ma faute. Peut être est-ce lié, ou non, mais il boude moins (et s’exprime plus). 

Alors attention, être bienveillant avec soi même et reconnaître ses erreurs et s’en excuser ne vous empêche pas de tendre vers la bienveillance. Frapper son enfant et s’excuser après n’a aucun sens si vous recommencez chaque jour, chaque semaine, ou à chaque bêtise. 

Se poser et analyser les situations où votre enfant vous met hors de vous (faites ça le soir quand il dort, petit conseil, parce qu’en pleine crise ça ne servira à rien!!) pourra vous aider. 

D’ailleurs, on devrait voir les bêtises comme des expériences. Nous, on y arrive de plus en plus, parce qu’on a Rayond’soleil et qu’elle nous a bien ouvert l’esprit cette fillette là! Si vous attrapez votre enfant en train de faire une expérience, vous ressentez quoi? De l’amusement. Vous êtes amusé et émerveillé par ses progrès. Bien sûr, quand il multiplie les expériences, c’est fatiguant. J’essaie de ne pas punir les enfants, mais de réparer les bêtises. On ramasse la terre ensemble, on essuie le lait sur le carrelage ensemble. Parfois c’est vrai, on punit. Le mot de trop, l’insolence de trop, ou la morsure (rarissime mais qui arrive encore parfois) de trop. Je ne veux pas d’enfants parfaits, comme eux ne veulent pas de parents parfaits. On a tous le droit à l’erreur, tous le droit de mal faire, mais on ne devrait pas avoir le droit de faire mal, pas à l’enfant qui n’a que nous comme repère, modèle,protecteur…

Je serai demain à la Maison de chez nous à Vichel, pour animer une après midi sur la bienveillance éducative. Même si je suis convaincue que j’ai des progrès à faire, je sais aussi que je peux vous aider à mener une réflexion calme et en pleine conscience des difficultés que nous pouvons rencontrer, nous parents. N’hésitez pas à réagir à cet article, à me dire que ce cela remue en vous (ou pas) et à venir à notre rencontre demain si vous êtes dans le coin!

http://lamaison.cheznous.coop/evenement/gouter-dechanges-autour-de-la-bienveillance-educative/

 

On finit par une vieille photo de tireuses de langues, parce que vous n’imaginez pas comme n était contents quand elle a enfin su tirer la langue! (vivement qu’elle sache cracher tiens!)

DSC_0192 (Copier)