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Fichu RGO

Saleté de Reflux. RGO ça sonne comme un truc compliqué. Ca l’est.

Le reflux Gastro-Oesophagien. C’est une plaie que connaissent de nombreux parents. Synonyme de hurlements, de nuits blanches, de journées noires. Le RGO peut parfois avoir des conséquences gravissimes.

Le RGO ça fait mal. 3 enfants, 2 grossesse faites de reflux, à dormir presqu’assise, à me gaver de lait car, sur le moment du moins, ça calme. Puis ça revient. Rien à faire sinon souffrir.

Quand j’ai évoqué la piste avec le médecin pour Rayond’soleil, il a balayé mes interrogations d’un revers de la main, goguenard: « c’est la mode! »

Punaise, je lui arracherai bien les yeux mais il parait que c’est interdit.

Plusieurs mois plus tard, on mettait mon bébé sous Azantac, et moi en éviction des protéines de lait de vache. On a eu de la chance, une chance inouïe même, que j’allaite encore. Les pleurs se sont estompés, les nuits ont commencé à ressembler à des moments durant lesquels je pouvais dormir un peu plus d’une heure d’affilée, puis deux, puis six. Elle dormait principalement à la verticale, on a fini par pouvoir la poser dans son lit. Quel bonheur de dormir sans enfant sur moi.

Le coucher est resté difficile durant…6 ans! Enfin, j’ai une petite fille qui n’associe plus sommeil et douleur mais le travail a été long.

Quand on a débuté le traitement, son œsophage était brûlé. Elle souffrait le martyr, et était portée 20h/24 en moyenne.

Elle se cambrait, rejetait sa tête en arrière, pleurait à plein poumons. Elle a vécu l’enfer. Mon aîné aussi, qui n’avait plus de maman disponible pour s’occuper de lui. J’étais devenue un zombie, un robot. Parfois, excédée par ses cris, j’ai posé mon bébé dans son lit et je suis allée dans le jardin. C’est douloureux de laisser pleurer son bébé, mais cela a sauvé ma santé mentale, et peut être nos vies.

Elle va sur ses 8 ans, et nous sommes toujours en éviction stricte des PLV. Elle ne souffre pas, son reflux avait une cause purement alimentaire. Le pédiatre a tenté une réintroduction, mais les symptômes se sont déplacés un poil plus bas, avec des troubles intestinaux chroniques…

Presque facile en somme.

Quand Avalanche a commencé à se jeter en arrière, à devenir nerveux et gité, grognon, alors qu’il avait l’habitude d’être un bébé joyeux, j’ai commencé à douter. Quand je l’ai vu machouiller toute une journée, j’ai foncé chez le médecin et demander le traitement ad hoc…

Ca aurait pu s’arrêter là. Sauf que la cause n’est pas allergique, ou en tous cas on n’a pas encore trouvé.

La diversification, menée par l’enfant, a aidé.

On s’est dit qu’on en avait terminé avec cette histoire de reflux, on consome peu de lait à la maison (uniquement mon aîné, les autres boivent du lait végétal) et on contrôle vraiment les PLV.

Puis Avalanche a enchainé les angines, les pharyngites, les toux (une espèce de toux atroce, qui racle la gorge). Nous avons atterri chez l’ORL, qui n’a rien vu d’autre qu’une gorge bien irritée. Pour lui, pas de problèmes avec les amygdales, il nous fallait prendre rendez-vous avec le gastrologue. J’en ai déjà parlé ici

Je reprends donc contact avec le médecin qui avait vu Rayond’soleil. Il décèle une stase gastrique ( mon loulou digère doucement) et une immaturité du clapet. Mopral en première intention pour calmer le problème immédiatement. Il me prévient de surveiller le comportement de mon fils. Je n’y prête pas attention. Les nuits s’améliorent, on passe à une autre molécule et rebelote…

Là où j’ai clairement manqué de discernement, c’est au niveau du comportement. Certains jours, j’avais un petit garçon hors de contrôle, réellement insupportable. Je n’ai pas fait le lien entre ces journées difficiles et l’arrêt du Mopral.

Force est de constater que je suis parfois un peu relou comme dirait mon aînée! Je comprends vit, faut juste me réexpliquer plusieurs fois. La dernière fois a pourtant été flagrante: on a arrêté le médicament car le médecin ne veut pas qu’il reste sous traitement permanent. Tout s’est bien passé, puis il est devenu remuant (plus que d’habitude), incapable de se poser, criant beaucoup, jusqu’au coup de grâce: LA journée pénible. J’ai pensé que sa maîtresse de l’an dernier avait raison: soit il était franchement mal élevé, et horrible, soit il avait un souci cet enfant. Bien sur j’ai pensé Trouble de l’attention, Hyperactivité. L’Amoureux, plus pragmatique, a pensé « reflux, arrêt du traitement, douleur. » Facile de lui laisser une chance.

Mopral. En deux prises, j’ai retrouvé un enfant de 4 ans vivant, mais agréable.

J’ai la chance extraordinaire d’avoir un enfant de 4 ans avec un vocabulaire bien développé et une bonne élocution: « j’ai mal, ça m’énerve, je sais pas où j’ai mal, mais ça me brûle, mais je sais pas vraiment où, je te promets maman je suis obligé de bouger sinon j’ai mal, et ça m’énerve, tu sais, oui ça m’énerve! ».

Et moi mon bébé si tu savais comme je regrette de m’être laissée influencée par ta maîtresse de l’an dernier… Oui tu bouges, tu vis, tu sais ce que tu veux, mais tu es bien souvent un enfant drôle, et tu ne te mets pas en danger…Sauf quand tu souffres en somme…Plus de crises monumentales, plus de petit garçon frondeur, plus de cris, plus d’oppositions pour le plaisir de chercher la petite bête…J’en reste coite.

 

Le reflux n’est pas qu’une maladie de bébé. Il n’est pas à prendre à la légère non plus. Le portage peut vous aider, la gravité joue pour vous et votre bébé lorsqu’il est à la verticale. Seulement parfois, le portage est compliqué. L’enfant ne va pas supporter l’enroulement ou la contention. Parfois même, et à votre plus grand désarroi, il sera mieux en porte-bébé non physiologique, qu’en écharpe… Il faudra voir un moniteur, ou une monitrice de portage, qui saura vous guider. D’autant que le handicap peut majorer le RGO, l’enfant va acquérir la station assise et la station debout plus tard (s’il les acquiert), la nourriture est parfois difficile, et on ne peut pas compter sur la gravité pour nous aider. Il faut s’armer de patience et de courage pour faire face. D’autant que la douleur diffuse est difficilement exprimable, surtout pour un enfant qui parle peu ou mal. Bref beaucoup de complications et d’agravation liées au handicap. J’aimerai vous dire que le portage est LA solution, mon passé me fait dire que c’est une solution, une aide, un allié, mais que cela ne suffira pas. Il apportera du confort à votre enfant, même si il n’est pas conventionnel, peu importe,l’essentiel est de soulager un temps sa douleur…

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Avalanche…et le retour du RGO

Je vous écris en rouze, parce que le rouze est sa couleur préférée. Ou alors c’est le bleu, qu’il se borne à appeler rouze peut-être…Avalanche a 3 ans. c’est un petit garçon débordant. Débordant d’énergie, débordant d’amour, et débordant d’émotions. Souvent Avalanche me laisse coite, par une réflexion à laquelle je ne m’attendais pas, ou par une réaction que je juge démesurée.

Avalanche ne supporte pas la frustration. Il s’oppose, crie, tempête, conteste, brave l’autorité avec un air malicieux. Il ne plie pas s’il juge la restriction trop sévère, il ne connait qu’une seule loi, la sienne. Il aime vivre perché, escalader les murs, il a le goût du risque. Il aime être un grand garçon, et il aime être le bébé de maman. J’ai appris à vivre avec ses contradictions, son esprit vif, son tempérament de feu. J’ai appris à apprécier ses moments de calme, même si je sais qu’ils précèdent souvent la tempête. Et puis, je dois l’avouer, Avalanche, je l’admire. Il est tout ce que je n’ai jamais osé être. Il dit ce qu’il pense, il a confiance en lui, il sait que je l’aime inconditionnellement. Je ne dis pas que mes parents ne m’aimaient pas sans condition, pas du tout. Je dis juste, que lui, il le sait. Il sait qu’il peut tout me faire, tout me dire et tout faire, que je serai toujours présente et aimante. Que même s’il m’énerve, me pousse dans mes retranchements et bouscule mes certitudes, je l’aime tel qu’il est. Je n’aurai pas voulu qu’il soit plus calme. J’ai déjà Calme de lune pour ça. 

Je crois que mon Avalanche n’est pas comme ça par hasard. Déjà, il a dû défendre sa place de petit. Rapidement, il a fait des acquisitions qui ont dépassé celle de sa sœur. On est pas là pour comparer, mais lui l’a bien remarqué. Puis il faut avouer que Rayond’soleil hésitait encore entre le camp des petits et celui des grands il n’y a pas si longtemps, et que lui voulait être le bébé, encore un peu.Ce n’est pas facile d’arriver après, et de passer devant son aînée. Si cela est compliqué pour l’enfant handicapé, il en est de même pour son cadet…Et puis, il est comme ça, frondeur. J’aime cette partie de lui qui ne souffre aucune concession. Il ne lui laisse pas de marge à sa sœur. Il ne l’épargne pas. Il n’est pas là pour la coocooner, mais bel et bien pour la pousser loin devant.

Il a une forme d’intelligence et de vivacité qui me laisse désemparée. Bien sûr, vous y lirez la fierté d’une mère. Je ne le pense pas plus intelligent qu’un autre, ,juste d’une autre forme d’intelligence. C’est souvent le cas des enfants comme lui qui ne savent pas rentrer dans le moule. Je l’envie. Il ne sait pas, mais il ne veut pas non plus. Il revendique son authenticité. Parfois je le voudrai moins entier, puis je me rappelle à quel point je suis angoissée de ne pas savoir tout à fait qui je suis. Je sais que pour mon travail de maman, cela n’est pas simple, mais que c’est un plus pour son avenir.Je me raccroche à ça. 

J’ai décidé de ne plus être gênée par ses crises monumentales. Ils ont tous été élevé pareil, je n’ai pas à me justifier, à LE justifier. Parfois, j’entends des paroles réprobatrices, et je m’en fous. Vraiment. Par contre, je ne conçois pas de ne pas réagir. Ce n’est qu’un enfant. Il n’a que 3 ans. Donc: non, il ne peut pas se taire dans la salle d’attente, et non je ne suis pas désolée. Oui il grimpe sur les barrières, et non il ne va pas tomber, puis c’est pas le tien, hein? Non, il n’est pas capable de gérer sa colère, oui il aime sauter dans les flaques, même que j’adore ça moi aussi. Oui, je sais, il parle fort, il fait du bruit. Non, il n’aime pas rester assis, il touche à tout, oui. Non, je ne le bats pas. Oui, quand il est excédé et hors de lui, je le porte contre moi. Je le force à entrer dans un porte-bébé, on sue tous les deux de l’effort déployé. Oui ça le calme en moins de deux minutes. Oui, à la place je pourrai le frapper, ou le punir mais non, je ne pense pas que cela soit bon pour lui. Oui c’est de ma faute s’il est comme ça: confiant, fort, honnête, entier. Il croque la vie à pleine dent. C’est un enfant joyeux, tendre et coquin. Attachant, et ce n’est pas moi qui le dis! Alors, oui, ça va, j’assume. Il ne rentre jamais dans un endroit sans dire bonjour, et ne sort jamais sans dire au revoir. Il dit s’il vous plait et merci. Alors il ne cède pas à toutes les règles, mais il est poli, c’est important. Il est gentil,s’inquiète pour les autres, et a déjà son petit réseau. Il s’intègre facilement partout, et se sent bien chez lui aussi…

Après des mois de toux, d’angines à répétition et de questionnements intenses, nous avons consulté un ORL…La toux m’inquiétait, mais les angines sont venues faussé mon intuition première…L’ORL a botté chez le gastrologue. Le fabuleux Dr R. Dr R. si tu me lis, je t’aime beaucoup. Je l’avais consulté pour Rayond’soleil, et j’avais le souvenir d’un homme empathique, d’un sage, d’un type sympa. Il n’avait à l’époque pas remis en cause mon allaitement, pas pointé l’hypotonie, il s’était attaqué au problème primaire: la souffrance de mon bébé. Lorsque j’ai serré de nouveau la main du Dr R cette semaine, déjà il était à l’heure, et j’ai regretté de pas lui avoir emmener des chocolats, après ce que j’avais dû encaisser mardi…Il nous a rapidement questionnés, et il était sûr de lui avant même de faire les examens. Il a passé une écho à un Avalanche étonnement calme. Son estomac était encore plein 3 h après son repas, et on voyait clairement la nourriture remonter dans l’œsophage…Ce n’est pas vraiment un coup de massue pour moi, le RGO je le connais bien, Rayond’soleil en a eu un sévère, Avalanche aussi, bébé. Je le pensais passé, puis ces toux du soir m’avaient remis la puce à l’oreille. Après cette écho, il nous a proposé un traitement. Ce qui vient après est vraiment cool. Avalanche s’est mis à sauter partout, courir d’un bout à l’autre du bureau, essayer d’escalader les portes. Le Dr R m’a alors dit « il est toujours comme ça? » , mais le ton n’était pas critique. J’ai dit oui. Et là, le médecin me rétorque « Pauvre pépére, il doit réellement souffrir. Les enfants jusqu’à 7 ans sont incapables de parler de brûlure interne, votre loulou il bouge pour essayer de contre carrer la douleur. C’est sa façon de combattre le mal… » J’ai été touchée par l’empathie. Il pense sincèrement que le traitement mis en place va aider à canaliser l’énergie débordante d’Avalanche. Et à bien y réfléchir, c’est un enfant on/off. Soit à fond, soit éteint… J’espère surtout que le traitement va lui ramener du confort et un brin d’appétit. Je ne veux pas que cela change mon petit gars, que j’aime tel qu’il est, juste que lui se sente mieux. Je regrette qu’on ait perdu du temps, comme toujours j’arrive à culpabiliser…On approfondira ou pas les examens plus tard, le RGO ayant de multiples causes, et Rayond’soleil étant Intolérante aux Protéines de Lait de Vache. Mais pas maintenant. Là, on va juste le soulager, sans faire de choses invasives.

 

Avalanche, un jour tu liras ces lignes. je ne te vois pas comme un petit diable en baskets Spiderman. Tu es mon petit ouragan. tu es arrivé après le soleil et tu as tout de suite trouvé ta place. Tu sais aussi bien me faire enrager que me faire fondre. Je suis ta première fan, la première à caler devant ta mine de chien battu, la première à avoir découvert ta frimousse magnifique. Tu n’es pas mon seul fils, tu es arrivé comme le chaînon manquant de notre famille, et je suis fière d’être ta maman…

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L’allaitement de l’enfant différent.

    Chaque allaitement est une histoire unique, entre les parents et leur bébé. Chaque histoire ne peut se comparer à aucune autre, et dans le domaine de la différence, je crois que le seul mot qui pourrait résumer l’allaitement, c’est le mot combat . C’est donc le mien que j’avais envie de partager avec vous en ce premier jour de la semaine mondiale de l’allaitement maternel.

Rayond’soleil est née par un beau matin d’hiver. 3 kilos à terme, un bébé somme toute de poids moyen. Bon après mon maxi premier, j’avais le sentiment qu’elle était minuscule mais ce n’était pas grave. Elle a de suite rampé vers mon sein, et pris sa première tétée en peau à peau en salle d’accouchement. Idyllique. Nous sommes restées en peau à peau longtemps, puisque je l’avais demandé dans mon projet de naissance qui a été entièrement respecté, blotties l’une contre l’autre sous une couverture jaune. Je me souviens ses cheveux noirs, je me souviens qu’elle m’a fait pipi dessus ( et bien pire ) aussi!

Dans ma valise de maternité, mon écharpe de portage bien sûr mais aussi Marie Thirion. Enfin pas elle, son livre bien entendu, » L’allaitement de la naissance au sevrage ». Ma béquille, au cas où je flancherai sous le regard désapprobateur d’une auxiliaire de puériculture pas sympa (il n’y en a qu’une dans la mater où ma fille a vu le jour mais comme je suis un chat noir…). On m’a filé des tisanes, on m’a fichu la paix. Le surlendemain de mon accouchement, je me suis carapatée en signant une décharge et je suis rentrée chez moi. Je ne le savais pas, mais tous les parents qui signent une décharge, font l’objet d’un petit signalement à la PMI, qu’ils aient prévu une hospitalisation à domicile(comme moi) ou non. Et ce petit signalement, cette petite ligne rouge dans mon dossier, va sauver mon allaitement, en mettant sur ma route une infirmière puéricultrice, Isabelle. J’aurai pu refuser la proposition de la PMI de passer nous voir, moi et mon bébé, une fois par semaine, au terme de mon hospitalisation avec la sage femme qui m’avait suivie. Mais cette petite fille m’impressionnait un petit peu, je ne savais pas me l’expliquer.

    Rayond’soleil et moi, on a eu un allaitement compliqué à plusieurs points de vue. 

Elle était un bébé fatigué. Elle dormait beaucoup, beaucoup trop. Parfois elle se réveillait pour téter mais s’endormait au bout de quelques minutes au meilleur des cas. Le lait gras, elle n’en voyait que rarement la couleur. J’avais beau la stimuler, la chatouiller, lui parler, rien…

Elle tétait mal. En fait j’avais un REF (Réflexe d’Ejection Fort) qu’elle ne maîtrisait pas du tout.

Bien plus tard, nous avons découvert une Intolérance aux Protéines de Lait de Vache (la totale!).

    Donc à j15 Rayond’soleil n’avait toujours pas repris le moindre gramme.

Isabelle a préféré penser qu’elle n’avait pas perdu plus. Elle m’a interdit d’avoir une balance à la maison. Elle m’a interdit de la peser avant et après la tétée. Elle a séché mes larmes d’impuissance devant ce bébé qui ne grossissait pas. Ma fille avait perdu 300 gr. La limite des 10% de son poids était atteinte à j3. 12 Jours plus tard, nous étions toujours à 2kg700. J’étais effondrée, j’avais beau lire Marie Thirion, et le relire, j’étais perdue. Isabelle a donc décider qu’on devait employer les grands moyens. Elle m’a rassurée, je produisais du lait, je n’avais qu’à voir les fuites énormes sur mes t-shirts, mais ma fille n’en profitait pas suffisamment car ses tétées étaient trop courtes. Pour l’aider, j’allais devoir tirer mon lait. Pas pour lui donner au biberon, non, mais pour vider une partie du pré-lait. Je n’ai pas tiré au lait, pour ne pas renforcer mon REF, mais à la main. A j33 très exactement, Rayond’soleil a enfin dépassé les 3 kg! Confettis!

Avec le temps, nous avons appris à gérer le REF ensemble: elle tétait un peu, le temps de faire monter le lait, puis nous laissions le lait couler sur un lange tant qu’il giclait en jet. Elle est restée frêle longtemps. Tétant peu mais souvent. A 6 mois, lorsqu’à bout de nerf, j’ai tapé du poing sur la table et exigé un rendez vous chez un gastrologue, elle tétait encore jusqu’à 15 fois par jour, nuit comprise, et ne dormait pas plus d’une heure de rang. J’étais épuisée. Je ne pouvais pas la laisser en garde, puisqu’elle a refusé toutes les tétines de tous les biberons du monde. Bien sûr, le pédiatre trouvait qu’elle ne mangeait pas assez, le médecin qu’elle mangeait trop…Ou l’inverse! Pour obtenir ce rendez-vous j’ai menti. J’ai dit qu’elle tétait bien toutes les 4h, sauf la nuit, où nous n’avions qu’un seul réveil. Je sais, c’est mal.

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La honte, c’est vite passé! J’aurai pu assumer, argumenter, qu’on allaite pas au sein comme on allaite au biberon, que le lait maternel ça se digère pas comme le lait de vache, y a qu’à comparer la taille des molécules, sortez votre microscope…Mais face à des murs, à quoi bon? L’allaitement a beau être au programme de médecine, il occupe une place tellement minuscule que c’est ridicule et peu de médecins s’y intéressent vraiment! Le gastrologue, lui m’a dit « ne me mentez pas, ma femme allaite, je veux la vérité, sinon je ne saurai pas vous aider. » Alors je lui ai dit, les micros tétées, comme pour juste soulager quelque-chose, les nuits qu’elle passait contre moi, assise, calée tant bien que mal par des oreillers pour pouvoir me reposer, ce bébé qui se réveillait en sursaut et en hurlant, ses problèmes de tonus aussi, cette façon qu’elle avait de mâchouiller en permanence, les hyper-extensions qui arrivaient visiblement à la calmer un peu… J’ai pleuré. Il m’a rassurée, lui aussi. Je n’étais pas fautive. Elle ne mangeait ni trop, ni trop peu. Elle composait comme elle pouvait. Elle était chétive, mais ce n’était pas la faute de l’allaitement, elle pleurait énormément, mais ce n’était pas la faute de l’allaitement, elle vivait en écharpe, mais là encore, ce n’était pas la faute de l’allaitement, ce  n’était pas MA FAUTE! C’était une saleté de Reflux Gastro-Oesophagien!

Il a refusé de lui faire passer des examens invasifs. Il l’a mise sous traitement immédiat pour une oesophagite, et m’a demandé de pratiquer une éviction stricte du lait de vache. Il m’a donné des précautions à prendre avec elle, ne pas l’allonger après les repas, incliner son lit, et faire attention lorsque nous commencerions la diversification… En quelques jours, moins de pleurs, en quelques semaines, son poids s’est envolé…Je n’ai jamais eu besoin de revoir ce monsieur, mais si je le croise demain ,je lui ferai une bise (il ne risque rien, je ne vais jamais le reconnaître, je ne suis pas physionomiste pour deux sous!). Elle a énormément souffert de ce RGO, qui avait deux causes: son hypotonie, et son intolérance. Nous avions réintroduit les produits laitiers tout doucement après ses 3 ans car l‘intolérance à tendance à passer spontanément avant 4 ans. Rayond’soleil se fiche de la tendance, nous sommes de nouveau en éviction totale depuis un peu plus d’un an! Ce que j’en garde, c’est que, comme pour tout dès lors que l’on parle allaitement, il faut savoir écouter son bébé. Pas d’interdits alimentaires, à quoi bon se priver de yahourts ou de café si votre bébé va très bien? Mais s’il commence à manifester de l’inconfort, rapprochez vous de quelqu’un qui saura vous guider vers l’un ou l’autre des aliments potentiellement irritants…

 

    Notre dernier souci, ça a été l’exclusivité, qui a longtemps perduré, ne me laissant aucun répit.

Après cette mise en place médicale, nous avons retrouvé un semblant de tranquillité. Rayond’soleil pleurait moins, et elle réussissait à dormir quelques heures d’affilée. Rarement plus de 3, mais c’était mieux. Les couchers restaient cauchemardesques, surement des souvenirs de douleurs dont elle a eu du mal à se défaire jusqu’à ses 4 ans…Durant 4 ans, elle a donc assimilé le coucher à un moment désagréable, elle a eu peur de s’endormir, de peur de se réveiller dans des souffrances terribles…Elle grossissait enfin normalement. Seulement, jusqu’à ses 16 mois, elle n’a rien accepté d’autre que mon lait, à mon sein. A chaque fois que je l’ai laissé à garder, cela s’est avéré éprouvant, pour elle comme pour notre Super nounou…Cette exclusivité s’est soudainement rompue lorsqu’elle a décidé de manger un boeuf bourguignon avec coquillettes…Surprenante petite fille!

 

En résumé, nos débuts d’allaitement ont représenté un réel combat. Contre une partie du corps médical, contre mes pires craintes, contre l’épuisement maternel aussi. Mais je suis fière d’avoir gagné toutes ces batailles, d’avoir partagé ces moments pas toujours faciles, mais pas aussi horribles qu’on pourrait le penser avec ma fille. 17 mois d’allaitement, de bonheur, de regards intenses, ce regard qui le premier m’a dit « je vais changer ta vie », 17 mois de partage, de doigts emmêlés, son premier signe « téter » à 6 mois de vie, tout un symbole quand on sait à quel point le langage nous a été compliqué …

 

Après elle, Avalanche est né, et j’ai vécu un allaitement « normal ». Je n’en suis pas moins fière. 24 mois et un sevrage naturel pour lui, je peux vous faire un paragraphe sur allaitement et travail du coup, c’est le thème 2015!

J’ai repris le travail aux 11 mois de mon dernier bébé. Il tétait aux alentours de 4 fois par jour, et deux fois par nuit à ce moment là. Je travaillais entre 3 et 4 jours par semaine, de 8h du matin à 19h. J’avais prévu des réserves de lait, de quoi fournir un glacier londonien pour minimum 3 mois, j’ai fini par les mettre dans son bain, la loose… Il refusait de boire le lait décongelé, il prenait quelques bibs de lait frais par contre. Du coup, je tirai un biberon pour le goûter du lendemain pendant ma pause au travail. Ca a pu fonctionner comme ça, parce que pendant un an, je suis allée passer ma pause déjeuner chez notre Super nounou. Elle a accepté, sans broncher, de me voir débouler à l’heure du repas pour une tétée entrée, ou une tétée dessert, selon l’heure. Mon Avalanche était suffisamment détaché de moi et bien dans ses baskets, pour que l’on puisse se permettre ces doubles séparations journalières. Parfois, le soir, il se jetait sur le sein avant que nous ne repartions de chez nounou, mais ça a été plutôt rare, et il attendait généralement d’arriver à la maison. Lorsque je ne pouvais pas sortir du magasin, pour une raison x ou y, Super nounou s’arrêtait en rentrant du RAM, et je l’allaitais en salle de pause. Je n’ai jamais fait valoir mes trente minutes d’allaitement journaliers, prévus par la loi, car je n’étais sûre que cela soit valable après la première année de bébé, mais j’ai fait valoir mon droit à allaiter dans les locaux de l’entreprise. Je suis très fière de cela, car j’ai clairement été la première, et la seule à le faire dans l’entreprise, à la connaissance de mon responsable en tous cas. Je n’ai jamais eu de réflexions, ce qui est miraculeux,lol!

   Pour finir, j’ai aimé allaiter, les uns et les autres de mes enfants, même si mon aîné a fait les frais de mon inexpérience…Il a été allaité exclusivement quelques semaines, et en mixte quelques mois. Je sais que je leur ai donné ce que j’avais envie de leur donner. Ce désir d’allaiter était viscéral et animal chez moi, et je conçois que tout le monde n’en ressente ni le besoin ni l’envie, encore plus lorsque l’annonce du handicap, ou juste le sentiment que quelque-chose cloche, vient se greffer aux difficultés des premiers jours. 

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11 mois, le douceur, l’intensité du regard, des souvenirs encore si vivants…

 

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La PESN de JPMBB

Quand JPMBB (JePorteMonBébé) m’a envoyé sa PESN (Petite Echarpe Sans Noeud, ils aiment bien les acronymes !), j’étais enchantée de pouvoir la tester et … un peu frustrée aussi. Je me suis dit que Rayond’soleil était trop grande pour un tissu élastique. Rongeant mon frein j’ai pensé que, de toutes façons, elle n’était pas pour moi, mais bel et bien pour permettre à un maximum de parents de s’ouvrir au portage physiologique.

     Puis je l’ai reçue… Joie, bonheur ! Bon puis j’ai dû aller bosser, puis Cromignonne ma petite nièce a décidé de pointer son petit nez tant que les températures étaient agréables et je n’ai même pas ouvert le colis ! Puis j’ai eu 5 minutes et j’ai ouvert, et là … Elle est belle, sobre (bien sûr c’est mieux que rose ou jaune parce qu’il faut plaire à tout le monde!), mais pas kaki (j’avoue j’aime moyen le vert moi !) et, surprise, bien moins élastique que ne peut l’être l’écharpe originale.

Rayond’soleil continue de me paraître trop grande, puis elle est à l’école… Qu’à cela ne tienne je choppe Avalanche j’ai envie d’essayer… Bon pas lui !

J’examine le tissu de plus près, il a l’air suffisamment extensible pour permettre aux parents d’enfants portant des corsets de les porter avec. En effet un tissu trop raide ou rigide sera une épreuve de plus ! Il paraît également soutenant, il est lourd . Le PAD ajoute une note d’élégance (mais n’apporte rien au portage !). Les anneaux quant à eux sont petits, j’ai peur que les réglages en  soient compliqués du coup…

Enfin le week-end! Mon petit mannequin est tellement ravie de jouer les modèles pour vous que je ne résiste pas à l’essai!

 

 

Comme vous le savez le portage asymétrique quand on a un enfant de 20 kilos c’est de l’occasionnel, du câlin, du court ! La PESN s’étend bien sur l’épaule, j’aime bien ne pas avoir un gros boudin sur les trapèzes, quitte à limiter un peu l’amplitude de mon épaule « porteuse »!

PESN (2)

Et s’il y a une chose qui plait a Rayond’soleil, c’est bien les câlins !

PESN (3)

Je l’ai gardée un  bon quart d’heure, c’est un portage plus que correct. Regardez le PAD, je trouve qu’il rend bien! Ce n’est pas parce que nos enfants présentent des handicaps qu’on doit faire l’impasse sur le joli. Le tissu remonte bien haut dans son dos et c’est une surprise aussi car je la pensais prévue pour des tout petits.

Notez la position légèrement cambrée de ma fille, stigmate de sa période RGO (Reflux Gastro-Œsophagien)… C’est typique de ces bébés/enfants là qui souffrent de grosses douleurs dans la gorge…Certains même se raidissent de tout leur corps…

PESN (4).

Un seul bémol si on veut, le tissu glisse quand même un peu, et il a fallu que je coince le pan sous la cuisse de Rayond’soleil. Quand on a l’habitude ce n’est rien, il suffit de le savoir pour s’éviter de resserer sans cesse le noeud!

Il faudra la tester avec des enfants plus petits et compléter cet article. Rayond’soleil était malade et donc elle s’est bien laissée aller dedans, et on peut voir que la PESN épouse parfaitement son petit dos!

Allez une dernière pour le plaisir!

PESN (1)

J’espère que cet article aura su répondre à quelques-unes de vos questions, n’hésitez pas à me dire si je dois vous apporter d’autres précisions. Comme je l’ai indiqué dans le titre c’est une première impression qui sera complétée au fur et à mesure des demandes de parents et de leurs besoins!

Bon dimanche à tous !

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