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#portrait du jour…51

Hello la blogosphère !

Aujourd’hui je voulais vous parler de D, que j’ai rencontrée il y a 2 ans.

D n’a pas tout à fait 25 ans. Je me demande ce qu’elle fait en chantier d’insertion, quand j’apprends qu’elle a un enfant, qu’elle élève seule. Soit. Ceci explique cela.

D ne regarde jamais personne dans les yeux, elle paraît fragile, et se cache derrière un éternel sourire, démenti par ses yeux tristes.

Il y a autre chose dans le regard de D que je ne parviens pas à définir immédiatement.

Au fur et à mesure des entretiens, et des temps informels que j’affectionne particulièrement, elle se livre, avec un détachement feint.

Elle est chargée de famille. Elle porte tout à bout de bras, D.

Son père a fait un AVC. Elle aide sa mère dans les soins quotidiens, assure une présence réconfortante pour eux, les accompagne en centre de rééducation, aux rendez-vous avec les médecins.

Elle a contracté un petit crédit auprès d’un oncle pour acheter une voiture, mais elle a un peu peur d’aller en ville. Elle passe par dessus. Pour eux, et pour ses ex beaux-parents aussi. Elle fait le taxi, aide au ménage des uns et des autres, fait leurs courses, dépanne même financièrement quand cela est nécessaire.

Avec son petit, elle essaie d’être à la hauteur. Elle a des hauts idéaux, et se colle beaucoup de pression. Il lui faut tout faire. Activités manuelles, balades, sorties. Elle voudrait pallier à l’absence du père. Elle voudrait être une mère parfaite, à défaut de lui avoir offert le bon pilier.

Le père de son fils fait de très réguliers allers retours en prison. C’est pour cela qu’elle est seule avec l’enfant. Elle a fait son maximum pour supporter : les petits délits, les addictions, la violence au quotidien et a fini par céder et rompre. Elle s’en veut. Un peu. Il l’ennuie. Beaucoup.

Il ne peut pas voir son fils seul, et le droit de visite a été donné chez les grands-parents. Il enrage. Autant d’avoir été quitté que de devoir s’occuper du petit.

Et il lui fait la misère. Il la suit dans les rues du village si elle se promène, de jour comme de nuit, laisse des messages malveillants sur son répondeur, frappe à sa porte sous  l’emprise de l’alcool à n’importe quelle heure, la menace parfois même physiquement. Drôle de stratégie pour la récupérer.

Nous sommes aujourd’hui le 6/07/2019. Nous n’avons qu’à peine dépassé la moitié de l’année et pourtant 74 femmes sont décédées, assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. 74 Leïla, Aïssatou, Isabelle, Monica ou Alexia. Dans un silence relativement total, les féminicides ont augmenté. Dans une société encore très patriarcale, on tue sous prétexte de crime passionnel. Notons que quand c’est une femme qui tue, même si elle a été humiliée, harcelée et rouée de coups, on parle d’homicide et on la condamne à la prison à vie. Nous sommes en 2019, et, régulièrement, quand une femme quitte un homme elle tremble. Près de 50 % des passages à l’acte se font suite à une rupture… Edifiant.

Il est temps. Temps de protéger les D, les Gurçin, les Nathalie… C’est la responsabilité de chacun. Non, une femme ne doit rien, à personne. Oui, si vous savez et que vous ne dites rien, vous êtes complices ! Non, elles ne restent pas parce qu’elles sont stupides mais parce qu’elles ont peur. D a eu la force de partir pour protéger son petit avant de penser à elle, mais n’arrivait pas à porter plainte. Elle a fini par alerter mais les réactions sont encore bien mesurées.

Il est temps que les choses changent et que les mentalités évoluent.

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#portrait du jour…29

D a presque 60 ans.

Elle a vécu une vie de drames.

Haïti et ses horreurs d’abord. Elle a vécu le séisme comme si elle y était, puisqu’elle y était. Elle a survécu, c’est déjà un miracle. Ses enfants aussi.

Quand elle est partie pour la Guadeloupe, à cause des conditions sanitaires désastreuses, et de la catastrophe humanitaire qui se préparait, ses enfants ne l’ont pas suivie. Elle pensait revenir. Elle n’est pas revenue.

Elle ne les a vus qu’une fois, les liaisons téléphoniques sont mauvaises. Elle en crève.

La Guadeloupe, le chômage, la pauvreté. Elle vient seule en métropole pour trouver du travail, et gagner de quoi acheter un billet d’avion à son mari malade. Elle est persuadée d’avoir sa chance, ici.

C’est comme ça que D atterrit dans mon bureau. Elle comprend mal le français, elle est complètement perdue. Hébergée chez une pseudo amie de la famille, je comprends vite qu’il y a un loup, et qu’elle y est complètement abusée.

Elle fait le ménage pour remercier du matelas posé au sol qu’on lui laisse occuper la nuit. Elle n’a pas le droit de laver son linge, pas le droit de prendre une douche. On lui réclame le peu d’argent que son mari lui envoie.

La rage me serre le ventre quand elle raconte. Je tente un apaisement, et lui suggère d’aller chercher des colis dans les associations caritatives pour participer aux frais de bouche du foyer.

J’apprends par la suite qu’ils lui prennent, et la rationne. Rage bis.

Elles sont 4 comme elle à être hébergées par cette famille, à se partager une seule et unique chambre dans le  T3 d’une famille de 8….

Quand la femme est violente verbalement, et parfois physiquement, le mari tente d’imposer ses charmes. Nausée.

Je m’inquiète pour D. Elle n’a aucun revenu. Je remue le ciel, la terre et tous les rouages administratifs possibles. Que ceux qui pensent que c’est impossible ne dérangent pas ceux qui essaient. Je me bats, parce que ça me brise de savoir que des gens quelque part vivent ce qu’elle doit vivre.

Elle fuit pour une autre « amie » qui se paye grassement aussi. Elle est malade, je crois que la dépression gagne du terrain lorsqu’elle part dans ce nouvel appartement. Je le vois à ses yeux qui s’éteignent, et au fait qu’elle ne comprend plus que rarement ce que je lui dis.

Elle va finir à la rue. Presque 60 ans, malade chronique, et chaque matin à faire le 115 pour avoir un lit le soir. Ce qu’elle redoutait le plus lui arrive. Elle promène sa maigre valise partout avec elle.

Elle bosse un peu pourtant. Elle bosse un peu, et elle dort dans un dortoir. L’injustice de la situation est déroutante. Abjecte. Absurde.

Janvier en Auvergne, il fait très froid. Mais l’assistante sociale du 115 me dit qu’elle n’est pas sûre de pouvoir la sécuriser à cause d’un festival qui empêche la réquisition de chambres d’hôtel. Je prends la réalité sociétale en pleine face. D va peut-être dormir dehors, sous un porche, parce qu’il y a un festival. C’est tellement triste que je prends le fou rire. Nous rions toutes les 3 dans le bureau de l’assistante sociale, nous rions de la situation parce que parfois, le rire est la seule chose qui nous maintient dans la réalité et dans la vie.

D est tombée malade, et elle a passé 15 jours à l’hôpital, où on l’a bien nourrie, bien réchauffée et bien retapée. 15 jours de sécurité matérielle, à dormir avec une seule voisine, qui ne délirait pas la nuit, et ne mettait pas de coup dans son matelas. Presque une suite de luxe dans un 4 étoiles pour elle.

A peine sortie, elle est revenue dire qu’elle était disponible pour travailler…D est retapée, elle recommence à y croire, alors moi aussi…

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Après quoi tu cours ?

Ce midi, je faisais mon run habituel, tournant en rond dans les quartiers dit chauds de Clermont.

Je pensais à tout, à rien. Je me faisais la réflexion que j’entendais plus souvent les sirènes des pompiers que celles de police, que je n’avais jamais eu de problème, et que je me faisais plus souvent interpellée en short dans mon village que lorsque je cours ici.

Je cours pour me vider la tête, parce que le sport est ma soupape. J’ai commencé quand j’étais petite à noyer mes pensées dans la transpiration (instant glamour, tu voulais du sensuel ? Perdu !) sans jamais les étouffer vraiment. Je vivais à l’époque pour le basket-ball.

Je courrais donc ce midi et je me parlais à moi-même mais dans ma tête pour que personne n’entende et n’appelle l’hôpital. Je philosophais sans Alexandre Jollien que je rejoins pourtant sur tellement de points et que je vous invite à découvrir.

Alexandre est handicapé. Ce n’est pas ce qui le définit. Il est aussi philosophe, écrivain, drôle…Je doute qu’il puisse courir entre midi et deux. Il a d’autres combats et pourtant lui et moi, on se questionne beaucoup sur le regard des autres. Alexandre est une espèce de luciole pour moi. Il me donne l’espoir d’une vie douce et pleine de joies pour mon Rayond’soleil.

Je me rappelle, à un moment je courrais pour maigrir. Raté ! Je courrais après le corps de rêve, après la norme, après … je ne sais même pas vraiment. Je courrais comme d’autres s’affament, je courrais après une image de moi que je ne retrouvais jamais dans la glace…

Puis j’ai couru pour fuir. La réalité, le stress. Tu le sais toi le parent d’enfant à besoins exceptionnels que les doses de stress qu’on se prend dans la quiche sont équivalentes à celles des astronautes. En même temps, nous aussi on explore des contrées inconnues.

Les diagnostics, les RDV, le travail quand on y arrive, et puis tout le reste… Difficile de ne pas subir le stress que les autres nous renvoient si facilement.

Et j’ai eu une prise de conscience. J’ai toujours eu un décalage entre ce que je suis et ce que je vois. Alors j’ai arrêté de courir derrière le corps parfait. Je cours pour me sentir bien, pour être vivante, pour que Calme de lune ne me distancie pas trop vite. Je cours parce que j’aime la sensation que cela me procure. Pourquoi la course à pied? C’est le sport le moins chronophage du monde. Tu peux partir d’à peu près partout, et n’importe quand. Pratique. Je me suis astreinte au début, je n’aimais pas. Je ne m’en passe plus.

Je cours seule dès que je peux pour vider ma tête un peu de son trop plein, de ses soucis, de ses lubies, parce que c’est un besoin pour moi, au même titre que manger ou dormir.

Je cours avec mes mômes quand ils le veulent (ils suivent à vélo) pour leur donner le goût de l’effort, de la nature, pour partager un moment en famille et bosser le cardio parce qu’il faut réussir à tenir une conversation métaphysique sur le thème de « Qui est arrivé le premier, le chat, le chien ou le tigre, hein maman ? ?! ».

J’essaie de faire la paix, avec moi et avec vous qui me renvoyez une image de moi ou de ceux qui me sont chers qui vous appartient.

Je viens juste de comprendre ça. Je sens que mon propre regard change. Ce que je vois dans vos yeux quand vous regardez ma fille et sa drôle de démarche, vos mots de compassion et votre mine affligée quand je pose le mot handicap vous appartient. C’est votre regard sur le handicap que je vois et non une réalité de Ma vie, ou de la sienne. Quand vous trouvez mon fils insupportable, encore une fois c’est votre vision de la chose. Je n’ai ni à en rougir, ni à m’excuser. Quand vous trouvez mon corps gros ou joli, encore une fois, c’est votre problème.

Je me détache, je commence doucement. Mais et vous ? Comment vivez-vous le regard des autres ? Leurs points de vue, la pression que cela vous met implicitement ? Après quoi courrez-vous ?

Et si le grand défi c’était de tendre la main et d’aider chacun à se défaire du jugement quel qu’il soit. Cet article est finalement la suite logique à celui des petites cases…Et me conforte dans l’idée qu’il faut casser les codes, briser les lignes, dépasser les préjugés.

Chez nous, être handicapé ne signifie pas être malheureux. Etre parent ou frère d’une enfant handicapée non plus. DSC_0856 (Copier)

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Pour te comprendre

Avant de débuter ce texte, je pense pouvoir dire qu’il pourrait hypothétiquement être le début du premier chapitre du tout aussi hypothétique opus numéro 2 de  » Comme un petit rayon de soleil »…. 

Pour te comprendre il m’a fallu oublier tout ce que j’avais appris.

J’ai commencé par te sentir, te ressentir.

Comme si mes sens s’éveillaient l’un après l’autre lentement.

Je reconnaitrai, parmi toutes les autres, ton odeur, sucrée, douce, chaude.

Je connais par cœur le grain de ta peau, moelleuse, tendre comme seules sont les peaux de nos enfants.  Je laisse courir mes doigts si souvent sur tes joues, sur tes bras. Je sais chaque bobo, chaque petit bouton, chaque aspérité.

Tu ris. Un rire cristallin, communicatif. Même les animaux ont envie de rire avec toi, je l’ai vu dans leur façon de te regarder.

Je te mange de baisers comme seules les mamans et les papas savent le faire, comme pour oublier que bientôt, tu te cacheras derrière ton âge pour me repousser. Tu as le goût de chocolat.

Me repousseras-tu le jour où ma peau à moi sera trop ridée, quand je sentirai le vieux ?

Quand je vois tes fossettes, tes cheveux dépeignés, tes doigts tout collants, tes vêtements trop colorés pour une adulte, je vois tout ce que je ne suis plus.

Pour te comprendre, il m’a fallu oublier tout ce que j’avais appris.

Les mots sont mâchés, hachés, nasillés. Les gestes maladroits. Le rire parfois démesurés…

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Ou au contraire, tu parles trop, toujours, tout le temps, et jamais comme un enfant.

L’allure ne rentrait pas dans le moule. Trop doucement. Trop vite. Le moule…Ennui mortel !

Nous avons couru les salles d’attente, besoin de comprendre n’est ce pas…Je n’avais pas encore compris que je prenais la vie du mauvais côté…

J’ai cherché des réponses qui n’existaient pas à des questions que je m’étais imposées… Pour quoi faire ?

De désillusion en inquiétude nouvelle, je me suis battue avec une énergie désarçonnante.

Pour te comprendre, il m’a fallu oublier tout ce que j’avais appris.

Le moule. Trop vaste ou trop étroit, il ne nous convient pas. Je crois que notre famille n’en a pas fini avec l’atypie mais ce n’est pas grave.

A chacun ses talents et j’ai décidé de balancer les préceptes au feu (mais pas la maîtresse au milieu, cette année elles sont sympas !) ainsi que tous les discours sur l’éducation, et l’allure à laquelle les enfants DOIVENT se développer.

Allez hop, on respire, on souffle un grand coup, et c’est parti.

Pour oublier j’ai commencé par gommer toutes les différences et redessiner à la place des sourires, et des forces.

La différence, ou le handicap, ou la maladie, l’atypie en somme, n’est pas une fatalité ni une quelconque faiblesse mais bel et bien une richesse de la vie.

J’ai oublié ce que j’avais lu sur les rythmes de l’enfant, et décidé que chacun d’entre vous vivrait à son allure. Plus vite, plus lentement. Peu m’importerait.

J’ai oublié le langage de la bouche pour celui du corps, j’ai oublié le rangement et la cuisine bien propre au profit de tes apprentissages. J’ai aussi oublié le chronomètre, le temps qui court.

Le temps trop court, qui nous contient, qui nous contraint.

Tu l’étires. Tu te moques de l’heure. Tu as tellement raison.

Tu n’es pas raisonnable, mais qui l’est ? Et pourtant, je croyais qu’il fallait l’être. Heureusement que j’ai du oublier ce que j’avais appris.

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J’ai changé mon fusil d’épaule, j’ai appris de nouvelles choses, de nouvelles idées.

Tu t’ennuies, t’en veux plus, tu veux autre chose. Tu m’épuises de puiser en moi toutes les ressources pour étancher ta soif de connaissances…

Tu ne suis plus, tu n’y arrives pas, tu rages, tu tapes du poing sur ton matelas.

Tout va trop vite, ou trop lentement.

Pour te comprendre, j’ai surtout dû me doter de sacrés capacités d’adaptation.

Pour te comprendre toi mon enfant, mon petit, ma moyenne, mon grand, tous différents…

 

C’était bien plus simple de moi m’adapter que de vous demander de chacun le faire.

Essayer d’être spectateur de vos envies et moteur de vos projets.

Lire, lire, emmagasiner des informations et en oublier plus de la moitié.

Trouver des solutions qui vous conviendraient, les essayer, et en jeter encore la moitié.

Vous porter le plus loin possible sur le chemin que vous voudrez emprunter….

Vous aider dans les chemins de traverse, accompagner vos moments de doute, donner la patience, l’amour inconditionnel, des chocolats chauds sans lactose, des câlins même quand je n’en peux plus de fatigue au milieu de la nuit, pour éteindre un feu imaginaire dans une petite tête bien pleine.

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Pour te comprendre, il m’a fallu oublier tout ce que j’avais appris.

Tant mieux !

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La loi anti-fessée..

La loi sur la fessée revient à l’assemblée…

C’est une bonne chose d’interdire la fessée, et je pense aussi que c’est une bonne chose de ne pas mettre en balance des punitions pour les parents « fautifs ».

Je vais vous dire pourquoi…

Quand on prône la bienveillance éducative, on sait que la punition renforce les sentiments négatifs. D’ailleurs, quand vous vous faites flasher à 61 km/h en ville, payer l’amende ne vous fait pas prendre subitement conscience que c’est mal. (Soit dit en passant, les notions de bien et de mal me chagrinent de plus en plus. Bref, je m’égare !) Non, vous êtes en colère contre celui qui vous a flashé, vous vous sentez honteux, coupable, en clair votre état émotionnel va de mal en pire.

Aller dire à des parents qui n’ont eu que ce modèle là d’éducation ( punition, fessée …) qu’ils font mal alors qu’ils n’arrivent pas à remettre en cause ce même modèle, puisque ce serait remettre en cause leurs parents est un non sens ! On ne force pas les gens à changer en claquant des doigts.

Il faut expliquer, calmement et avec bienveillance justement, que les neurosciences mettent en lumière de nouveaux faits : les punitions, les cris et les coups, même pas forts, même sur les vêtements ( OMG ) sont contre productifs et peuvent être nocifs pour les enfants. C’est un fait.

Mais savoir ne suffit pas.

Je sais que crier ne sert à rien, et que cela met mes enfants en position inconfortable. Et pourtant, je suis parfois démunie. Je crie même si je n’aime pas ça. Et à chaque fois, j’en sors plus culpabilisée et ambivalente que jamais. Je dis aussi parfois mes émotions, parfois bien, parfois mal.

Je n’ai pas toujours les clefs.

Encore moins avec une configuration familiale particulièrement épuisante teintée de handicap…

Alors, interdire c’est bien, éduquer c’est mieux.

Pour accompagner les parents dans cette transition, il va déjà falloir former les professionnels : si les médecins arrivent à nous parler avec bienveillance en nous responsabilisant dès la grossesse, on aura déjà bien avancé !

Impliquer les parents dans une nouvelle forme d’éducation bienveillante, c’est aussi la rendre accessible. Vous le voyez arriver le couplet sur la société qui nous met en compétition, écrasant vaillamment les plus faibles ? Le voilà !

Dans une société où les forts décident, que faire de nos enfants ? Un enfant ne décide pas, point barre !

Bon, sauf que si en fait. L’enfant décide plein de choses. Et si on lui apprend la coopération tout petit, l’enfant est notre allié et pas une sale bête à mater à tout prix ! Encore faut-il que nous puissions sortir de nos schémas de domination (tous les schémas) et ce n’est pas simple du tout, pour des adultes qui n’ont connu que ça.

Comment en sortir ? Je n’ai pas de solution toute prête, mais c’est un fait qu’il faudra plus de lieux ressources pour les parents, avec des accompagnants familiaux bien formés à la Communication Non Violente, et capables de transmettre. Sans contrainte et sans jugement.

Parce que le plus difficile dans la CNV et l’éducation non violente, c’est le regard des autres :

Les pros bienveillance sont parfois cruellement jugeants au moindre dérapage. S’il ne s’agit pas de cautionner le parent qui crie (aïe ça c’est moi mercredi) ou qui frappe l’enfant, il vaut mieux, à mon sens, lui apporter du soutien, des pistes de réussite future, plutôt que l’écraser encore plus, lui le faible, celui qui trouve ça dur d’être un parent, celui qui est finalement un humain. Je crois que c’est le plus dur à gérer pour moi après avoir crié : souvent j’exprime ma frustration, et les enfants grandissant, mes sentiments de manière plus fine, et plus directe. La volonté n’est pas de les culpabiliser, mais si je dis que j’ai du chagrin, mon coeur s’allège. Un peu.

Les anti quant à eux, vont traquer les dérapages de vos enfants. A la moindre incartade, votre éducation sera remise en cause. Ces enfants à qui on passe tout sont bien des enfants rois… Alors que c’est faux. De tout temps il y a eu des enfants plus difficiles que d’autres, et ce qui rend la jeunesse violente et désabusée, ce n’est pas l’éducation mais la société qui exclue... Bon je m’égare encore. L’enfant difficile va attirer les foudres de tout le cercle de connaissances de son parent. La famille, les amis et l’école…

 

Donc la première étape sera bien d’aider les parents à se libérer du joug du regard d’autrui. Dans tous les domaines ce serait royal…

Il faut laisser les mentalités changer doucement. On ne deviendra pas des génies de la bienveillance, on ne brisera pas le long cycle de violences éducatives en une seule génération.

C’est impossible. Ce ne doit pas cautionner les coups bien évidemment, mais cela doit nous permettre d’être indulgents avec nous même. On est avant tout des êtres humains avant d’être des parents. On a aussi des émotions, on peut les exprimer. Faut juste réussir à les exprimer autrement. Rien ne nous empêche de pousser un coup de gueule. Constructif. Et cela n’est pas simple de le faire, surtout quand on est vraiment fâché, surtout quand on peine à changer de vision.

Mais que faire face aux cris de l’enfant ? Je sais que parfois, ceux de Rayond’soleil pourraient me rendre dingue. On a aussi un droit de retrait. Le temps de se calmer nous même et de lui donner l’occasion d’y arriver seule. Je sais que nombre d’enfants dans la situation de ma fille peuvent faire d’énormes crises de colère, et que cela peut être très compliqué…Je le sais parce que je le vis…

Moi, ce qui me chamboule le plus, je l’avoue, c’est mon dernier, qui est persuadé d’avoir raison. J’oscille entre laisser tomber (il va bien s’en rendre compte que des fois il a tort) et la peur que la société le vive mal…. Alors les conflits sont usants. J’en souffre. Je le lui dis, il commence à entendre. Doucement.

C’est là toute l’ambivalence qui nous tombe dessus, on a peur que nos enfants ne puissent être ainsi entendus hors du cercle familial. Et c’est une réelle souffrance. Que fera cet enfant habitué à la discussion face à un adulte fermé ? D’où l’idée d’une loi et d’un accompagnement de tous vers une nouvelle forme de coopération.

On a aussi peur que nos enfants nous « mangent ». Là, c’est moins fondé, dans le sens où on a aussi le droit d’exprimer nos émotions. Les gens vont nous le dire.

Ici, un seul sur 3 est un vrai rebelle, tempétueux, indocile, et bigrement intelligent, de cette intelligence irrévérencieuse, qui se moque bien de l’autorité et encore plus de l’autoritarisme, à qui on n’impose rien qu’il n’aurait pas compris et qui refuse obstinément toutes les cases (et tant mieux) . Et je vois le regard porté sur lui par certains proches, et par des inconnus. J’arrive de plus en plus à ME distancier de cela. Mais mon cœur de mère sent que cela peut être un problème pour lui dans cette société.

Alors qu’un jour il sera un adulte, et que je dois lui donner les clefs pour être heureux, et en mesure de répondre aux regards ou aux reproches, avec bienveillance. Petit, ça s’apprend  bien sûr…Parce que pour un long temps encore, il sera incapable d’exprimer autrement ses sentiments négatifs, qu’en explosant.

Je regarde mon fils aîné, qui me dépassera avant 6 mois alors qu’il n’aura que 12 ans, et je me dis que s’il écoute mes conseils, se soumet parfois à une consigne, ce n’est pas par peur, mais par respect. Il est plus costaud que moi, et si la règle était la soumission par la violence, pour sûr que je perdrai déjà…. Qu’on perdrait tous.

La coopération est notre base. Alors comme je n’ai pas trouvé de photo où on se criait dessus, je vous livre une photo de tendresse, qui a suivi dans l’ordre : une balade à vélo sur la route, un match de foot où j’ai perdu, des enfants qui pêchent trop près de l’eau  et l’un d’eux qui n’écoute pas ma mise en garde …Et donc met le pied dans l’eau et nécessite le secours de son frère, une crise de larmes d’une petite fille parce qu’elle veut aller au parc « tout de souite » et une séance photo pour nos amis de la maison235….

 

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Et à celui qui me dira « j’ai pris des baffes et j’en suis pas mort » je répondrai 2 choses :

  • j’ai d’autres objectifs d’éducation que de simplement garder les enfants vivants
  • tu as de la chance, car 2 enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents. Interdire la fessée, c’est mettre un premier garde-fou, un premier warning à des parents parfois tellement déboussolés qu’ils ne voient que cette option, qui se durcit avec le temps…

Laissons nous le temps de changer, faisons confiance à nos enfants pour nous aider.

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Confidences

Pourquoi t’es en mouvement, qu’est-ce-que tu fuis ?

Ce que je fuis c’est demain. C’est le monde qui change, c’est ce cycle infernal qui revient. Ce que je fuis, c’est la haine, la peur, l’égoïsme.

Y a longtemps que je sais que je ne suis pas faite pour ça. La verticalité, le capitalisme, le chacun pour soi.

Marre, j’en ai marre.

Qu’on tape sur les pauvres pour expliquer la baisse du niveau de vie, qu’on tape sur les parents parce que leur gosse est différent, qu’on tape sur les migrants pour expliquer le chômage, qu’on tape sur les chômeurs pour expliquer que le marché du travail c’est pas facile et que si t’es pas content …

Si t’es pas content quoi déjà ?! Tu peux partir mais attention, c’est pas facile.

Oppression. 

Le chômage, je connais plutôt bien. C’est le jour des chiffres de Pôle Emploi qui vont tous nous terrifier. Nous aigrir. Nous monter les uns contre les autres. Et nous maintenir en l’état de braves petits soldats.

La peur de demain ,tu la vois arriver ?

Bien sûr que le monde du travail c’est la jungle. Mais quand les gazelles vont-elles se rendre compte qu’elles sont mille fois plus nombreuses que les lions ? Que ce sont elles qui ont le pouvoir ?

Ces chiffres en cachent un autre, plus affolant encore et qui vient enserrer mon cœur de mère dans une cage en acier trempé : les travailleurs handicapés sont deux fois plus touchés par le chômage. Le chiffre grimpe encore lorsqu’il s’agit d’une déficience intellectuelle.

Et pourtant, de tout ce qui me terrifie dans l’avenir de Rayond’soleil, ce point n’est pas le plus douloureux. Bizarrement je me sens presqu’en paix avec son avenir professionnel. Le reste autour sera bien assez difficile à appréhender.

Le milieu protégé souffre d’une sale réputation et parfois à raison. Parfois à tort aussi.

Et puis ce qui me dérange surtout, c’est qu’il ne dépend pas du ministère du travail… Cynisme quand tu nous tiens.

Les entreprises adaptées font de leur mieux, mais on ne va pas se mentir, les subventions diminuent, la pression s’accentue. On va vouloir de plus en plus d’efficience.

Pas partout, évidemment.

Evidemment…

Quelle vie professionnelle pour mon Rayond’soleil ? Dans 10 ans, que sera devenu notre monde déjà hyper centré sur le profit à tout prix  ?

Comment peut-on en arriver à se poser la question de l’avenir professionnel d’un môme de même pas 10 ans ?

Facile, il suffit qu’il mène déjà sa petite barque loin des sentiers battus pour que l’avenir prenne ses parents en tenaille.

Ou pour que ses parents se sentent brutalement l’envie d’autre chose.

De quelque chose de plus alternatif.

Ma petite cousine me disait il y a peu « ce monde qu’on leur laisse remet en cause mon envie d’avoir des enfants… Je te jure, si un gouvernement met au centre de sa politique l’écologie et la solidarité, je me casse ».

Moi j’ai déjà les enfants. Trop tard pour changer d’avis. Alors j’ai une seule possibilité envisageable, changer le monde.

Tu divagues, on change pas le monde tout seul.

Bah non, mais on peut commencer. Et s’allier. Parce que le vrai changement ne viendra pas des politiques mais d’un réveil citoyen, solidaire. Rappelons nous qu’ils ont encore le pouvoir parce qu’on a bien voulu le leur laisser….

Tout va de plus en plus vite, et effectivement, les personnes en situation de fragilité (d’ailleurs tiens fragile mais par rapport à quoi exactement ? ) ne peuvent pas suivre les rythmes imposés au travail, et nous en voulons chaque jour de plus en plus. Sans parler de cette armée uniforme dans laquelle nous devons entrer à tout prix.

Bye bye la différence. 

Et si au lieu de vouloir plus (de biens, d’argent, d’efficience) nous voulions mieux ? Mieux vivre, mieux manger, mieux travailler, mieux répartir.

Ce que je souhaite pour demain, ce n’est pas être riche de possession mais riche d’humanité et d’humanisme.

Humanisme, visiblement un nouveau gros mot pour certains, mais je m’en fiche.

D’être fleur bleue, naïve, idéaliste et rêveuse. Je crois que je devrai vraiment faire une pause « réseaux » parce que ma sensibilité y est mise à rude épreuve…

Ma fille, et tous les enfants,ados, adultes qui lui ressemblent peuvent et doivent avoir une place au sein de la société. Si nous changeons de modèle, elle pourra prendre part et non plus être considérée comme un boulet.

Revoir nos modes de consommer, de travailler, de polluer, de vivre devient urgent.

Parce que nous sommes en train de creuser des fossés de plus en plus profonds entre ceux qui ont et ceux qui font, et de nous détruire à petit feu. Ou  à grand feu vraisemblablement.

Rayond’soleil est riche de tant de choses…

Quiconque (qui est le mot de la langue française qui peut se targuer de me poser le plus de problème au monde) la connait sait ce qu’elle apporte aux autres :bienveillance, empathie, sympathie, attention…. Tout cela ne produit pas de richesse commerciale, mais, dans ce monde qui voit se développer de plus en plus de thérapies alternatives pour soigner les maux de l’hyper-consumérisme et de l’hyper efficacité, ces thérapies « positives », dans ce monde donc, les milliers de Rayond’soleil peuvent être des thérapies à eux seuls, et apporter un nouveau regard sur la vie et le monde.

Elle m’a profondément changée. Tellement. Radicalement.

I have a dream moi aussi, et je me fiche que certains le trouvent ridicule.

Je veux qu’elle ait sa place, qu’elle ne dépende pas de moi ni du système. Je veux moins de verticalité et plus de coopération. Je veux plus de solidarité et moins de peur de son prochain.

A chaque fois qu’un homme tend la main à un autre et que j’ai pu contribué à cet élan du cœur, j’ai l’impression d’avoir gagné la coupe du monde, la coupe du monde de demain en somme…

S’allier les uns avec les autres plutôt que les un contre les autres paraît si simple et pourtant si loin de ce que je peux constater au quotidien.

La différence quelle qu’elle soit effraie. Les minorités souffrent et restent silencieuses. Les minorités rassemblées peuvent tout changer. Je ne parle pas de révolution (Hasta siempre !!) mais bien de cohésion. De solidarité. De mieux.

Ma fille ne restera pas sur le bord du chemin. Nous sommes des loups, nous formons une meute, solide, indéfectible, et nos rêves resteront plus puissants que leurs profits et leurs tentatives de nous diviser.

Il est temps de nous battre, tous ensemble.

Il est temps de réfléchir à de nouveaux modèles économiques et de réinventer le monde du travail. 

Pour elle.

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Alors je ne suis pas naïve, la solidarité a des coûts mais actuellement entre les baisses de remboursement ( on reparle des sorties « de convenance » pour les enfants hospitalisés ? Ou des médicaments qui luttent contre l’alzheimer de mamie ?) et les hausses de taxes (on reparle du prix du gas-oil que pour aller bosser tu dois vendre un rein ? ) je me dis que quelqu’un quelque part épargne et investit sur le futur non ?

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Différence, et empathie

Tout d’abord, j’aimerai prendre le temps de définir l’intelligence différente.

Vous le savez, j’ai une petite fille exceptionnelle, extraordinaire mais dont l’intelligence ne rentre pas dans les cases habituelles. Ma petite fille de 9 ans, si elle sait  reconnaître toutes les lettres de l’alphabet, ne sait par exemple pas écrire, et peine en graphisme. 

Par exemple. 

Il y a aussi à l’inverse, des enfants de 3 ans qui maîtrisent la lecture et les dinosaures sur le bout des doigts, mais ne rentrent eux non plus pas dans le moule. Arborescence.

Ce qui rassemble ces extrêmes, c’est certainement l’intelligence du cœur. Cette fantastique capacité à aimer en entier, à ressentir l’autre sans barrière, ce qui est parfois compliqué pour nous, parents, au niveau de la gestion des émotions.

Je vous ai déjà parlé de l’hypersensibilité ici. Aujourd’hui, je vous parle de l’empathie, parce que je suis convaincue que ces enfants à l’intelligence différente sont plus empathiques que les autres.

L’empathie, qu’est-ce-que c’est? 

C’est la faculté de se mettre à la place de l’autre, de savoir ce qu’il ressent.

C’est pour cela que Rayond’soleil a toujours un mot gentil pour une personne triste, qu’elle a toujours un geste tendre envers celui qui souffre, et qu’elle exprime beaucoup de sentiments.

C’est aussi pour cela que ces enfants sont ce qu’on appelle des « éponges ». Ils savent. Ils ne savent pas comment, mais ils savent intuitivement dans quel état émotionnel vous pouvez être.

Inutile d’espérer leur cacher une grosse colère ou un pic d’angoisse…Ils sauront. Alors autant mettre des mots sur vos émotions : furieux contre votre patron, triste parce que mamie est malade, inquiet pour une autre raison, joyeux, excité, optimiste…Et ne trichez pas avec eux, sans quoi vous allez créer une perte de confiance en eux

Mettez des mots pour ne pas créer de fausses idées dans la tête de vos enfants à l’intelligence du cœur parce que s’ils savent comment vous êtes en dedans, ils ne sont pas pour autant des mages, des liseurs d’avenir. Ils ne peuvent donc pas deviner pourquoi vous êtes dans cet état.

Ils vont élaborer des stratégies pour entrer en contact avec vous, pour vous permettre de dire ce que vous ressentez, mais ils ne vont pas pouvoir vous permettre de donner la cause de votre souffrance ou votre bien-être si vous ne coopérez pas un petit peu. C’est pourquoi votre petit empathique va vous pousser à bout s’il ressent une colère ou un chagrin. Ou bien, il sera excité, s’il sent que quelque-chose se trame, ou triste, si une personne de son entourage est triste, sans pouvoir se l’expliquer.

Ces petits doués d’un 6ème sens si on peut dire, peuvent ressentir ce don d’une façon formidable si vous les aidez à le valoriser. Ce qui ne coule pas de source dans notre société aseptisée et normative. (oui j’en veux un peu aux normes et aux codes qui nous privent de la richesse de la différence).

Car le petit empathique va pleurer avec Paddington quand il est triste, puis hurler de terreur dans le cinéma, pour avoir les yeux qui brillent, et la petite larme qui coule quand tout finit bien. Il va aller chercher le bon en chacun  d’entre nous, et tentera l’interaction dans n’importe quelle situation. Le pépé à l’air égaré, le petit enfant au regard perdu, la caissière aux yeux tristes. Les empathiques sont plus sensibles aux émotions dites négatives qu’aux émotions dites positives…Par exemple, quand elle sent quelqu’un de triste, Rayond’soleil lui touche le bras et lui demande « Ça va toi ? »

Ils sont également naturellement attirés par l’art…Peinture, sculpture, tout a un sens pour eux. Rayond’soleil, son art préféré, c’est la musique. Elle est subjuguée dès les premières notes et malgré une élocution ardue, elle connait par cœur des dizaines de chansons, allant de Stromae à Renaud.

Cette sensibilité accrue et à part est-elle une déficience ?

Je ne le crois pas. Je pense que l’empathie est une arme de solidarité massive. Que mis bout à bout, les signes de sympathie déclenchés par l’empathie sont de formidables vecteurs de mieux vivre et de mieux-être.

Je crois par contre, qu’il faut apprendre à gérer l’empathie, histoire de ressentir l’autre sans se ressentir comme l’autre, toute la nuance de l’équilibre étant là, ténue, mais bel et bien là.

Ressentir l’autre, c’est savoir comment il est à l’intérieur au moment où notre regard se porte sur lui. Se ressentir comme l’autre, c’est se laisser gagner par les émotions de l’autre, et donc s’effacer, et s’oublier. Ressentir l’autre est utile, c’est une force de communication inépuisable ; se ressentir comme l’autre, c’est prendre le risque de laisser les émotions lourdes prendre le pas sur tout le reste.

Comment faire ? Je n’ai pas de clef toute trouvée. Je suis une empathique née. J’ai appris à en faire ma botte secrète. A écouter mon intuition, et j’encourage mes enfants à faire de même. Comment ?

  • Vivre ses propres émotions à fond. Je le redis, on a le DROIT de pleurer devant un film, ou en lisant un livre, et de laisser les autres le voir.

  • Sentir les autres, les toucher, les écouter.

  • Ne pas les conseiller mais les accueillir. C’est important de ne pas parasiter l’émotion de l’autre. Si l’autre se sent inquiet, mais moi confiant, je ne peux pas le nier. Nous ne sommes pas tous égaux face aux situations. Il a le droit de ne pas se sentir comme moi.

  • Ne pas les absorber mais les accueillir. Je dois avoir suffisamment confiance en mon propre jugement. Si on reprend l’exemple du dessus : je dois avoir confiance en mon jugement pour rester confiant quand l’autre est inquiet.

  • Ne pas refouler les mouvements de sympathie. Et dans une société qui s’axe sur la force de caractère, difficile de se montrer « gentil » sans être catalogué « mauviette » (si si je vous jure). Alors ici on est gentils les uns avec les autres et on trouve normal de l’être avec quiconque en montre le besoin. Cela nous permet aussi de se donner l’occasion de ressentir l’autre.

Alors autant être franche, être parent d’un empathique qui a le droit de l’être n’est pas de tout repos. Tempête de colère face à une injustice, torrent de larmes (pour l’enterrement de J.Hallyday par exemple, Avalanche a pleuré car les gens étaient tristes) mais aussi joie de vivre intense et communicative.

Mais je préfère mille fois qu’ils aient le droit de l’être, plutôt qu’ils refoulent tout cela et soient obligés de composer avec à l’âge adulte.

Rayond’soleil croque la vie à pleines dents. Pourtant, si un jour je suis triste, elle « éponge ». Alors je fais de mon mieux pour être franche sans lui faire peur. De mettre des mots simples sur ce qui me chamboule parfois…

En conclusion, l’empathie est l’intelligence du cœur, et c’est une chance dans la différence de nos loulous extraordinaires, j’espère vous en avoir convaincu…

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